Publicité

Fête de la Toussaint : Les Salines figurent parmi les cimetières les plus mal entretenus

31 octobre 2011, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Fête de la Toussaint : Les Salines figurent parmi les cimetières les plus mal entretenus

De nombreux Mauriciens se sont rendus au cimetière ce 1er novembre à l’occasion de la Fête de la Toussaint. Si la plupart des cimetières du pays étaient prêts à accueillir ses visiteurs, le cimetière de l’Ouest, à Les Salines, présentait une mauvaise mine. Certaines personnes n’hésitent pas à fustiger la mairie de Port-Louis.

D’une superficie de 12 arpents, le cimetière de l’Ouest, à Port-Louis existe depuis 1771, soit sous la colonisation française. Pour ces deux premiers jours de novembre, de nombreux Mauriciens ont fait et feront le déplacement pour rendre hommage à leurs proches qui y sont inhumés. Des dépôts de gerbes sur les tombes mais aussi de l’eau, des brosses, des balais se trouvaient sur les caveaux.

En ce 1er novembre, comme à l’accoutumée les visiteurs remettent à neuf les caveaux. Toutefois, aux Salines, si les proches font un effort, une fois l’an, l’état du cimetière laisse à désirer. Surtout si on le compare au cimetière de St-Jean, à Quatre-Bornes, et à celui de Bigara, à Curepipe.

Des sentiers très étroits, rocailleux et mal tracés et des tombes fraîchement nettoyées ou presque. C’est le paysage qu’offre le cimetière de l’Ouest en ce jour de la Toussaint. D’ailleurs, Lisebie Mamode de Tranquebar confirme que l’état du cimetière qu’elle connait depuis une cinquantaine d’années, s’est dégradé au fil du temps.

«C’est regrettable de voir à quel point les Mauriciens ne s’occupent pas de leurs êtres disparus. Auparavant le cimetière était mieux entretenu. Il  y avait un respect pour les personnes mortes », soutient cette femme d’une soixantaine d’années. Elle y vient depuis cinq décennies pour se recueillir sur la tombe de ses grands-parents ainsi que ses parents.

Pourtant, le maire de Port-Louis, Mamade Khodabaccus rassure que tout est fait pour que ce lieu soit bien préservé. Il se vante même d’avoir fait asphalter le sentier qui mène vers «La Grande Croix».

« Aucun maire n’a fait un tel projet. Dans tous les cimetières de Port-Louis, c’est le cas. Mais si les visiteurs se plaignent de l’entretien, il faut comprendre que la mairie ne s’occupe pas des tombes mais que du cimetière », précise-t-il.

Et la fête de la Toussaint n’a pas attiré que les visiteurs mais aussi des commerçants. Des marchands ambulants vendant de la nourriture, des fleurs mais aussi des savates et même des  lunettes de soleil ou de l’eau. Mamade Khodabaccus explique qu’il préfère «faire comme s’il ne les avait pas vu pour éviter de faire un scandale en ce jour sacré ».

Non loin du cimetière de l’Ouest, l’on compte le St-Georges et le Gébert. Le deuxième et le troisième site ont été ouverts en 1930 et en 1952 respectivement. Mais il ne faut pas croire que l’état déplorable s’étend à tous les recoins de ce lieu. Il y a encore des caveaux qui sont en très bon état même s’ils datent des années 1930.

Lexpress.mu s’est également rendu au cimetière de St-Jean à l’entrée de Quatre-Bornes et à Bigara à Curepipe. Dans la cour de l’église de St-Jean, une tente a été dressée pour accueillir les marchands de fleurs, en ce jour spécial.

Et l’on ne tient pas les mêmes propos qu’à Port-Louis. Marie-Michèle Lepredour soutient que le 1er novembre est un jour sacré pour les catholiques. «Nous nous faisons un devoir de rendre visite à nos morts. Le cimetière est propre  et bien entretenu », affirme-t-elle.

Tony Thomas, un de ceux qui s’occupent de l’entretien du cimetière de St-Jean explique que les propriétaires de terrain paient une cotisation de Rs 200 par an pour l’entretien.

« On a un personnel qui nettoie régulièrement le cimetière. Mais ce sont les détenteurs de terrain qui entretiennent les tombes. Nous exigeons que le cimetière soit bien propre », soutient-il.

D’ailleurs, il faut savoir que le cimetière de St-Jean ne peut plus accommoder de dépouilles, le lieu étant complètement remplis comptant plus de 19 000 tombes, d’on celle de nombreux tribuns tel Sir Gaëtan Duval.

A Bigara, c’est un autre paysage qui s’offre aux yeux des visiteurs. D’impressionnants caveaux y ont été construits. La pelouse est bien tondue, les tombes sont propres et embellies de fleurs. Renaud Tuyau est un habitué de ce cimetière. Il soutient que ce lieu est à présent bien entretenu.

«Cela fait plusieurs années que je viens rendre visite à mes proches disparus. Je note une nette amélioration en comparaison à l’état de ce lieu une vingtaine d’années de cela. Sauf qu’aujourd’hui, nous avons un manque d’eau », affirme-t-il.

L’inspecteur affecté au cimetière affirme, cependant que la Central Water Authority (CWA) a prévu une citerne d’eau afin que les visiteurs n’aient pas de difficulté pour arroser les tombes de leurs chers disparus. D’ailleurs, le site Bigara est en plein extension.  Quatre arpents de terrain viennent s’ajouter aux seize arpents existants.

«Le public ne paie aucune cotisation mais nous nous assurons que le cimetière soit propre », affirme l’inspecteur. Mais là aussi, il n’y avait que les marchands de fleurs qui étaient au rendez-vous, pas de nourriture, ni d’eau pour le lavage des tombes.

Publicité