Publicité

Hanoomanjee arrêtée par l’ICAC : Bérenger dit comprendre « l’indignation » du MSM

22 juillet 2011, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Hanoomanjee arrêtée par l’ICAC : Bérenger dit comprendre « l’indignation » du MSM

Le leader du MMM ménage le MSM mais pourfend le Parti Travailliste dans le dernier développement relativement à l’enquête sur l’achat de la clinique MedPoint par l’Etat. Il frise même une marque de sympathie envers la ministre de la Santé, arrêtée vendredi.

Paul Bérenger ne se cache plus. Il prend de plus en plus des pincettes en évoquant le Mouvement socialiste militant (MSM) relativement au scandale MedPoint dans lequel ce parti est embourbé. D’un côté, le leader de l’opposition tire à boulets rouges sur le Premier ministre, Navin Ramgoolam, mais de l’autre, il ménage le parti de Pravind Jugnauth.

Réunissant la presse ce samedi 23 juillet à Ebène, Paul Bérenger a créé la surprise en disant comprendre « l’indignation » du MSM suite à l’arrestation et l’inculpation d’un de ses membres, la veille. Il frise même une marque de sympathie à la ministre de Santé, Maya Hanoomanjee, appréhendée par la Commission anti-corruption dans le cadre de son enquête sur l’achat de la clinique du clan Jugnauth par l’Etat à un prix gonflé. En effet, il estime que les enquêteurs auraient dû commencer par interroger Navin Ramgoolam et le prédécesseur de Maya Hanoomanjee, Rajesh Jeetah, membre du Parti Travailliste (PTr), l’appel d’offres ayant été lancé sous son mandat.

Cette posture pro-MSM n’est pas sans rappeler que le Mouvement militant mauricien (MMM) a décidé, la semaine dernière, de retirer une question jugée embarrassante du député Reza Uteem à Maya Hanoomanjee, à l’Assemblée nationale. Elle portait sur l’achat d’équipement médical de la clinique alors que l’Etat avait lancé un appel d’offres uniquement pour l’acquisition d’un immeuble.

Paul Bérenger s’est, cependant, ressaisi lors de sa conférence de presse, faisant ressortir qu’un ministre arrêté, inculpé et placé en liberté conditionnelle, a le devoir moral de démissionner. Que cette décision d’ordre éthique lui appartient mais, qu’à défaut, c’est au chef du gouvernement de trancher, en le révoquant sur le champ.

Sur ce point, il s’acharne sur le déplacement de Navin Ramgoolam vers la capitale anglaise vendredi soir, ironise sur son « yen » de ne pouvoir se passer de Londres. Il justifie également sa critique sur le fait que le Premier ministre ait souvent soutenu que du moment qu’un « prima facie case » est établi contre un des membres du Cabinet, il allait agir promptement.

« So premie action, li pran avion li al Londres. C’est révoltant », a fulminé le leader mauve. Cependant, il caresse dans le sens du poil le leader du MSM - à même de prendre une décision sur ce que doit faire Maya Hanoomanjee - expliquant que son déplacement en Suisse était prévu bien avant cette arrestation.

Paul Bérenger prend également des gants avec le patriarche de la famille Jugnauth, beau-père de l’ex-propriétaire de la clinique MedPoint. Il n’a pas voulu commenter la visite d’une durée d’une heure de Sir Anerood Jugnauth, le Président de la République, au chevet de Maya Hanoomanjee, jeudi, à l’hôpital privé Apollo-Bramwell. « Mo pas envi deep too much into it... Zot bien proche, line tome malade, mo met sa lor compte sentiment, l’amitié», a glissé Paul Bérenger, presque sur un air attendri.

Le chef de l’opposition est aussi revenu sur la visite de la Commission anti-corruption à son domicile vendredi. Il explique avoir été entendu quant à ses révélations autour de l’acquisition de la clinique MedPoint, surtout sur le présumé appel qu’aurait passé Navin Ramgoolam à Yodhun Bissessur, Chief Government Valuer, afin que la valeur de l’établissement soit revue après une visite du gendre du Président, le Dr Krishan Malhotra.

Sur ce volet, il indique n’avoir pas divulgué à la Commission anti-corruption l’identité du « professionnel » lui ayant confié cette indiscrétion d’un ministre. Il explique, toutefois, qu’en vertu de la Prevention of Corruption Act (POCA), l’ICAC peut le forcer à révéler sa source et l’identité du ministre. Et qu’à défaut, il peut être condamné à purger une peine de prison.

Publicité