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Réforme sucrière : Les syndicalistes déplorent le manque de transparence

18 juin 2011, 20:00

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Réforme sucrière : Les syndicalistes déplorent le manque de transparence

Les représentants syndicaux du secteur sucrent demandent que le gouvernement prennent en considération leurs propositions concernant la réforme sucrière et que l’Etat se prononce sur ces suggestions d’ici le 30 juin. Les délégués étaient réunis ce dimanche 19 juin au siège de la Tamil League, à Réduit.


Les changements que connait le secteur sucre inquiètent les syndicalistes. Ces derniers affirment qu’il y a un manque de transparence autour des décisions prises par le gouvernement. Les membres de plusieurs mouvements syndicaux, notamment le Service Providing Institutions of the Sugar Sector (SPISS), le National Trade Union Congress (NTUC), la Confédération Syndicale de Gauche- Solidarité (CSG-Solidarité) et la Federation of Progressive Union (FPU) ont tenu une réunion de mobilisation avec les délégués syndicaux.

En effet, le SPISS qui regroupe d’autres mouvements syndicaux du secteur sucre avait soumis une série de propositions au ministre de l’Agro-industrie, Satish Faugoo, le 30 avril dernier. Les membres du SPISS suggèrent que le gouvernement se concentre sur la culture de légumes et utilisent les cannes pour générer de l’énergie. Cependant, les syndicalistes déplorent le manque de communication de la part du gouvernement.

«Nous souhaitons être partie prenante dans toutes les décisions prises pour la réforme dans le secteur sucre. Ayant soumis des propositions, nous nous attendons à ce que le gouvernement les considèrent et que nous ayons une réunion avec le ministre de l’Agro-industrie », soutient Pierre-Noel Mootoosamy, porte-parole du SPISS.

Pierre-Noel Mootoosamy explique que c’est suite à la décision prise par le gouvernement de réduire le CESS, le fonds  réservé au financement des entreprises des services du secteur sucrier, que des craintes ont émergé du côté des employés de ces institutions, notamment la Mauritius Sugar Authority, le Mauritius Sugar Industry & Research Institute (MSIRI), la Sugar Planters Mechanical Pool Corporation et la Mauritius Sugar Terminal Corporation.

Jack Bizlall, négociateur du front commun évoque pour sa part, le risque de licenciement dans ces entreprises de service. Il revient sur une des propositions soumises au gouvernement qui est d’investir dans le secteur agricole et dans la production d’énergie pour l’autosuffisance alimentaire et énergétique du pays.

«Le monde fait face à une crise alimentaire et énergétique mais Maurice a la chance de produire l’Ethanol. Il faut investir dans la recherche et développer le secteur agricole qui est beaucoup plus rentable que la canne à sucre. La perspective du gouvernement engage l’avenir de beaucoup de gens et il faut une considération des propositions syndicales », affirme Jack Bizlall.

Giandev Peeahree, secrétaire de la CSG-Solidarité déplore, pour sa part la conversion des terres agricoles en chantier de construction. «Il ne faut pas être contre une réforme mais cela ne sert à rien de détruire les terres fertiles et d’ériger de grands bâtiments. L’industrie de la canne à sucre a bâti ce pays » précise le syndicaliste.

Deepak Benydin, président de l’Independent Trade Unions a, quant à lui, fait référence au cas de Rehana Ameer, la syndicaliste licenciée au sein de la Mauritius Broadcasting Corporation. « Le mouvement syndical doit s’unir pour sauvegarder l’emploi, prôner la transparence et le tripartisme. Pour exemple, c’est grâce à la lutte syndicale que Rehana Ameer a pu avancer dans son combat contre l’injustice dont elle est victime », soutient Deepak Benydin.

Toolsiraj Benydin a également pris la parole lors de ce rassemblement de délégués. Il appelle à la mobilisation des travailleurs du secteur sucre. «Le gouvernement ne peut pas jouer avec l’emploi. Il faut se mobiliser et manifester dans les rues pour qu’il agisse », soutient-il.

Les syndicalistes comptent organiser un rassemblement de tous les employés du secteur sucre après le 30 juin. Ils projettent de faire une manifestation monstre si le gouvernement se refuse toujours  à inclure le corps syndical dans le cadre de la réforme sucrière.

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