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Subvention sur les chauffe-eau solaires : Des vendeurs tentent de devancer le gouvernement
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Subvention sur les chauffe-eau solaires : Des vendeurs tentent de devancer le gouvernement
Alors que le ministère de l’Environnement est encore à la préparation du plan de déboursement des subventions sur les chauffe-eau solaires, certains distributeurs se sont déjà engagés dans la vente. Une tentative à peine voilée de profiter au maximum de la manne gouvernementale.
«Le plan de subvention sur les chauffe-eau solaires est rétabli à hauteur Rs 10 000 et sera renforcé avec la participation et la collaboration des banques commerciales», avait annoncé le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, lors de la présentation du budget 2011, en novembre dernier.
Ce programme qui avait été placé sous la tutelle du ministère de l’Energie, dans un premier temps, sera désormais chapeauté par le ministère de l’Environnement. Suite aux nombreuses allégations de malversations qui ont émaillé le plan précédent, le ministère de l’Environnement s’est engagé à revoir de fond en comble les procédures de déboursement des subventions.
Ce qui a même poussé le ministère à émettre un communiqué le mois dernier pour mettre en garde les consommateurs. Le communiqué fait état d’un nouveau plan qui est à l’étude dont les modalités n’ont pas encore été finalisées.
Toutefois, certains distributeurs ont lancé depuis quelques semaines une campagne intensive de vente en prenant en compte la subvention de Rs 10 000 qui sera éventuellement déboursée.
Ainsi, une entreprise basée à Port-Louis a mis à la disposition du public une offre alléchante. A l’achat d’un chauffe-eau salaire, le client paie Rs 10 000 en moins. Ce qui représente le montant d’une éventuelle subvention. Ainsi si le produit avec une capacité de 150 litres coute Rs 19 900, l’acheteur déboursera Rs 9 900 seulement.
Le vendeur s’engage à rechercher lui-même la subvention. Et s’il n’obtient pas les Rs 10 000 espérées du gouvernement que se passera-t-il, avons-nous voulu savoir. A cette question le préposé du distributeur affirme que c’est un risque que la compagnie est en train de prendre et qui n’engage en rien l’acheteur.
«Vous aurez déjà votre chauffe-eau et nous n’allons pas revenir vers vous», affirme le représentant commercial de l’entreprise avec une certaine assurance, donnant l’impression qu’il ne s’inquiète pas vraiment de l’issue de cette offre défiant toute concurrence.
Une assurance qui ne manque pas de susciter de la suspicion. Le préposé de la compagnie nous a affirmé qu’il dispose d’un stock de 1 000 unités à être écoulé sur le marché mauricien. Comment est-ce qu’une entreprise peut prendre le risque de perdre jusqu’à Rs 10 millions sans aucune garantie ? Cela parait, a priori, irréaliste à moins que l’entreprise en question dispose de garantie solide en terme de déboursement future.
Un autre distributeur réputé de la région de Cassis est lui plus prudent. Cette compagnie vous propose d’effectuer la transaction sans l’officialisée. Dès que le plan sera finalisé, il soumettra votre demande au ministère. Ce n’est qu’à ce moment que la vente sera officialisée et la compagnie s’engage à vous rembourser les Rs 10 000 si votre demande est acceptée.
Cette entreprise propose entre autres de vendre un chauffe-eau solaire d’une capacité de Rs 18 500. Le client doit accepter de payer la totalité de la somme dans l’immédiat sans recevoir de reçu officiel. Ce n’est que quand le ministère de l’environnement ou tout autre institution se sera prononcé sur la demande de subvention du client que la vente sera officiellement enregistrée.
Si cette offre parait plus réaliste et moins risquée pour le vendeur, il n’en demeure pas moins qu’elle ne s’inscrit pas dans la bonne gouvernance, selon Jayen Chellum, secrétaire de l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM).
«Même s’il n’y a rien d’illégal dans cette pratique, l’entreprise prend un competitive hedge sur la concurrence. Ce n’est certainement pas une pratique à encourager», précise Jayen Chellum.
Le temps écoulé entre l’annonce de ce programme, dans le discours du budget en novembre dernier, et le début de la mise en oeuvre, laisse comprendre qu’il n’y avait aucun plan établi pour réaliser le projet. Le public s’attend à une action rapide pour éviter des arnaques de la part de certaines firmes peu scrupuleuses.
 
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