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Anwar Radim, un jeune mauricien rentré d’Egypte raconte les troubles dans ce pays
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Anwar Radim, un jeune mauricien rentré d’Egypte raconte les troubles dans ce pays
L’enfer.  C’est ainsi qu’Anwar Radim dépeint les quatre jours de perturbations qu’il a vécu en Egypte. Cet habitant de l’Escalier, encore sous le choc, porte encore les séquelles de la révolte entre pro et anti-Moubarak. Confessions.
Anwar Radim, 27 ans est ingénieur de profession. Employé par la firme Consultec, il était à son deuxième déplacement  au pays des pharaons. Après une première visite en novembre 2010, il a de nouveau pris l’avion pour Alexandrie, le mois suivant.
Cet habitant de L’Escalier fait partie de l’équipe de Consultec, pour la construction d’une usine sucrière à partir de la betterave à Nubariyah, dans la périphérie  d’Alexandrie.  Toujours dans le cadre de son travail, Anwar devait également faire le déplacement au Caire chaque semaine.
Tout a débuté le 28 janvier dernier après la prière musulmane hebdomadaire. «Le vendredi de la colère». Débute alors l’horreur. Coups de feu, des fenêtres qui vibrent. C’est la panique dans l’appartement qu’occupent Anwar et quatre autres mauriciens, à Agamy, une ville touristique située à 20 km d’Alexandrie. Ces derniers travaillent quant à eux, pour le compte d’Emineo, une autre société mauricienne spécialisée en génie civile et également impliquée dans le projet de l’usine sucrière à Nubariyah.
Les Mauriciens ont peur pour leur vie. Les distributeurs de billets sont en panne, l’Internet est quasi bloqué, les boutiques sont pillées, les services de téléphonie interrompus, Anwar raconte que la tension était à son comble. La police n’avait plus le contrôle de la situation.
 «J’avais déjà reçu des renseignements que des manifestations se préparaient contre le régime d''''Hosni Moubarak et je n’ai pas pu me rendre à la mosquée. Avec les collègues mauriciens, nous sommes restés groupés du début des manifestations jusqu’à notre rapatriement à Maurice. C’est la première fois qu’on vit une guerre civile», se rappelle Anwar.
Il ajoute qu’il était périlleux  de mettre le nez dehors. Ils étaient en contact avec l’extérieur  grâce à la chaîne de télévision arabe Al Jazeera.
«Il fallait absolument qu’on quitte cet enfer. La situation devenait de plus en plus tendue. Heureusement que nous avons pu partir de notre immeuble le lendemain samedi 29 janvier, avec quelques ressortissants belges, mais nous n’avons pu emporter que quelques nécessaires», poursuit Anwar.
Commence alors un autre calvaire. L’aéroport de Caire étant bondé, le groupe a pu trouver un hébergement dans un hôtel à l’Adaham Compound, qui est situé dans le désert d’Alexandrie. Mais en route, ils doivent faire face aux nombreux barrages.
Coup de chance. L’armée égyptienne a été très amicale avec le groupe. «Elle savait qu’elle avait affaire à des expatriés et je peux vous dire que les ressortissants belges passaient avec beaucoup plus de facilité», souligne notre interlocuteur.
Une fois à leur hôtel, ils devaient être vigilants car des voleurs rôdaient. « Mais ce qui m’a le plus choqué, c’est quand j’ai vu une adolescente de 13 ans, revolver à la mer. Les cuisiniers de l’établissement étaient eux aussi armés», ajoute Anwar.
Entretemps, la communication a été rétablie dans la soirée de samedi et leurs sociétés respectives ont été informées de la situation. «Les responsables ont aussitôt entamé les démarches pour le rapatriement et on a rapidement reçu notre billet. Il était prévu qu’on transite par Johannesburg  en Afrique du Sud, le dimanche 30 janvier, avant de rejoindre Maurice, mais notre vol a été annulé à la dernière minute», dit-il.
Après une nuit interminable à l’aéroport de Caire, ces Mauriciens ont finalement pu décoller pour Paris le jour suivant sur un vol qui avait embarqué les passagers pour Paris et Brussels.
«A l’aéroport, les cartes de crédit ainsi que les distributeurs de billets ne marchaient pas. Heureusement que j’avais de l’argent liquide sur moi et que j’ai pu payer les cinq billets d’avion pour Paris. Là aussi, le vol a été décalé de trois heures et ce sont les Américains, les Anglais et les Russes qui avaient la priorité. A cet instant, notre seul objectif était de quitter l’Egypte au plus vite et ce peu importe la destination», avance Anwar.
Leurs employeurs leurs avaient en outre signalé, qu’ils les rapatrieront à tout prix. Ouf de soulagement. Après quatre jours dans la tourmente, Anwar et ses amis ont atterri à l’aéroport de Plaisance le mercredi 2 février à midi et demi pétantes.
Et depuis, Anwar est reconnaissant envers son employeur, qui a joué toutes les cartes pour le sortir de cet enfer et lui permettre de rentrer au bercail sain et sauf.
De l’Egypte, il retiendra non seulement cette « guerre civile » qui un jour où l’autre, dit-il, allait éclater, mais également un pays aisé où la richesse est mal distribuée. « Sans compter, un Etat rongé par la corruption et où le bakchich est monnaie-courante », ajoute Anwar
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