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Fraude au Loto: un gel des avoirs et un «audit trail» réclamé contre le gagnant des Rs 27,5 M

4 février 2011, 20:00

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Fraude au Loto: un gel des avoirs et un «audit trail» réclamé contre le gagnant des Rs 27,5 M

Les douze collègues du 31e gagnant du Loto auront également recours à une action au civil. Un « Freezing Order » sera logé en Cour Suprême et ses placements et autres transferts seront retracés à travers un « audit trail ».

Il ne verra plus la vie en rose. Koomaren Chedumbrum, 34 ans, le gagnant des Rs 27 571 929 du tirage du Loto du 18 décembre, est un homme aux abois. Après avoir été arrêté par le Central CID le vendredi 4 février pour escroquerie au préjudice de douze de ses collègues, vigiles et amis douaniers de l’aéroport de Plaisance, il risque, cette fois, de se voir déposséder de cet argent mal acquis, par la Cour Suprême.

Non content de l’avoir dénoncé à la police, ses amis ont eu recours à un ténor du barreau, Me Yousuf Mohamed, Senior Counsel, et à l’avocat Manoj Seeburn, pour réclamer un gel du compte bancaire et un « audit trail » des transactions de cet ancien superviseur de la firme de sécurité privée, Brinks. Dans le courant de la semaine prochaine, l’avoué Saya Ragavoodoo devra loger une action devant la plus haute instance judiciaire du pays pour un « freezing order » en attendant d’autres recours.

Présenté comme le 31e gagnant du Loto, Koomaren Chedumbrum a beau avoir voulu garder l’anonymat quand il a touché son chèque le lundi 20 décembre. Il a indiqué être un planteur de fleurs et qu’il compte investir dans les roses. Mais son adresse, à La Marie, Vacoas, a fait tiquer ses collègues de l’aéroport.

L’un d’eux, Arjoon Gopy, s’est rendu compte qu’il avait choisi le numéro gagnant. Il l’avait, d’ailleurs, toujours sur un morceau de papier. Koomaren Chedumbrum ne donnant signe de vie, son portable demeurant éteint depuis qu’il a touché le gros lot, ses camarades d’infortunes ont vite compris avoir été les dindons de la farce.

Ils ont mené une petite enquête pour établir que c’est bien celui-ci qui a touché le jackpot avant d’éventer l’affaire dans la presse. Le faux planteur de roses ayant juré les grands dieux que c’est lui qui a choisi la combinaison gagnante et qu’il a joué ces chiffres en son nom personnel, ses amis n’ont eu d’autres recours que de saisir la police.

Les hommes du directeur du Central CID, l’ACP Pregarsen Vuddamalay, et du Surintendant Hemant Jangi ont fini par l’inculper au vu des contradictions notées dans sa version des faits. D’autres éléments à charge ont aussi été versés au dossier.

Même si le règlement du Loto stipule que seul le porteur du ticket gagnant a le droit de toucher au jackpot, Me Yousuf Mohamed explique le pourquoi de l’action au civil. « Le porteur aurait triché. Il a donc trompé ses partenaires. D’ailleurs, la police a trouvé qu’il y a matière à poursuite contre lui. Nous allons tout faire pour récupérer notre part, » explique l’homme de loi.

« C’est bien malhonnête de sa part… On avait pris l’habitude de choisir les six numéros chaque semaine et c’était lui qui collectait notre contribution chaque vendredi pour jouer au nom de notre association chez Chan Kin Pool, à Port-Louis. On avait pleinement confiance en lui, d’autant plus qu’il est un homme religieux, » confie un des collègues désabusés.

Comme quoi, il ne faut jamais être treize dans une association…

 

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