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Lu pour vous : Les sanctions internationales sont-elles efficaces ?

1 novembre 2010, 00:00

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Les sanctions internationales sont souvent considérées comme inefficaces et même illégitimes. Les sanctions diplomatiques et les blocus économiques ont pourtant un énorme avantage, ils permettent d''''éviter la guerre, écrit  Moisés Naím, dans une récente édition de Slate.fr.

Pour certains, les sanctions pénalisent les populations du pays visé et non son gouvernement. Luteur rappelle que l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein et ses proches n’avaient  pas souffert de la pénurie de médicaments provoquée par les sanctions économiques et commerciales. Alors que  les petits Irakiens en ont été affectés. Autre argument : les sanctions internationales ne fonctionnent pas. Exemple : la Corée du Nord n’a pas changé de politique bien qu’elle soit sous le coup de sanctions internationales depuis plusieurs dizaines d’années.

D’autres observateurs soutiennent que  les sanctions constituent « l’expression brutale du pouvoir des puissants », car le plus souvent,  ce sont effectivement les grandes puissances « qui infligent des sanctions à des pays plus petits et plus faibles ».

Autre critique pertinente : les  sanctions  fournissent aux tyrans « une parfaite excuse pour justifier leur autoritarisme et les conditions d’indigence qu’ils imposent à leur peuple. Sans compter le fait qu''elles renforcent les sentiments nationalistes qui rassemble la nation contre l’agresseur étranger. Plus utile encore, s’agissant d’une agression internationale, un gouvernement peut plus facilement accuser les dissidents de traîtrise envers la patrie et les faire emprisonner ».

Toutefois, l’auteur de l’article publié par Slate.fr, estime qu’en dépit de leurs défauts, les sanctions sont fort utiles  en politique internationale, car l’autre possibilité, c’est la guerre. « Les conflits internationaux ne sont pas près de disparaître. Or, une fois les initiatives diplomatiques épuisées, il faut se réjouir que les gouvernements disposent d’autre chose que des bombes dans leur arsenal », soutient  Moisés Naím.

 L’auteur rappelle par ailleurs que ces dernières années, la communauté internationale s’est efforcée de trouver des sanctions «intelligentes». Soit des dispositifs plus «personnalisés» visant directement des hautes personnalités politiques et leur famille, notamment la  saisie de leurs biens, le gel de leurs comptes à l’étranger et les restrictions des voyages. « Ces sanctions sont également bien plus sophistiquées du point de vue financier. Actuellement, même les pays les plus isolés et sous-développés sont fortement tributaires de leur accès au système financier international. Les sanctions qui limitent cet accès ont donc un impact considérable sur eux », poursuit l’auteur.

Et finalement, est-ce que les sanctions contre l’Iran sont-elles vraiment efficaces ? Oui, répond Moisés Naím. « Des banques et assurances ont cessé de traiter avec les entreprises iraniennes l’arraisonnement de navires marchands en haute mer ou dans les ports est pratiqué les actifs de certaines personnes ou organisations, telles que les Gardiens de la révolution, sont gelés les déplacements à l’étranger des dirigeants iraniens sont limités. Ces mesures punitives pénalisent également les pays et entreprises étrangères qui vendent de l’essence ou du pétrole raffiné à l’Iran, ou l’aide à augmenter sa capacité de raffinage du pétrole ».

« Bien que ces sanctions soient très récentes (elles ont été adoptées par le Conseil de sécurité de l’ONU il y a quelques mois), leur impact se ressent déjà. Des groupes pétroliers, par exemple l’italien ENI ou le français Total, ont déjà annoncé la suspension de leurs activités en Iran. Un ministre iranien a indiqué que les importations d’essence avaient atteint leur plus bas niveau depuis dix ans l’inflation et le chômage ont augmenté et l’activité économique du pays ralentit. Espérons que ces sanctions fonctionneront et amèneront à la table des négociations les pays visés pour rechercher des compromis. Car s’il y a une chose intelligente à faire, c’est d’éviter une autre guerre », conclut l’auteur.


 

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