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Le syndicat des Pêcheurs envisage de manifester devant le Parlement

19 juillet 2010, 20:00

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Le syndicat des Pêcheurs envisage de manifester devant le Parlement

Le président de syndicat des pêcheurs s’agite. Il égrène un chapelet de doléances et prévoit une manifestation de rue. Les élections au conseil d’administration du Fishermen Investment Trust  prévues début août y seraient pour quelque chose.

Le syndicat des Pêcheurs de l’Ile Maurice (SPIM) porte ses doléances sur la place publique. Elle compte manifester devant le Parlement, le mardi 27 juillet 2010. Il est à noter que les manifestations à Port-Louis sont interdites le jour où siège l’Assemblée nationale.

Judex Rampaul, le président du SPIM se plaint que les dossiers des pêcheurs n’ont pas progressé en cinq ans. Il reproche aux autorités de ne pas être à l’écoute des pêcheurs.

Ces derniers pensent que leur emplois sont menacés par l’ouverture des hôtels, les projets d’aquaculture ou encore l’impact du réchauffement climatique sur l’environnement marin. Ils soutiennent que la voix des pêcheurs n’est pas écoutée au sein du Fisherman Welfare Fund ou du Fisherman Investment Trust, même si dans les conseils d’administration de ces organismes, siègent des représentants des pêcheurs.

Le président du SPIM estime que les pêcheurs sont excédés par l’indifférence du ministère de la Pêche à leur égard. C’est la raison pour laquelle, ils envisagent de descendre dans la rue. «J’ai demandé l’autorisation de la Police pour organiser uen manifestation. Les pêcheurs sont frustrés. En cinq ans, rien n’a été fait pour nous aider. Les officiers du ministère de la Pêche ne nous écoutent pas », affirme Judex Rampaul.

Toutefois, c’est tout à fait, un autre son de cloche que l’on entend du côté des autorités. Les propos de Rampaul laissent perplexes les officiers du ministère de la Pêche. Munesh Munbodh, Mathieu Laclé, Atmanum Venkatasami et Moordanyven Nallee,  sont unanimes à se dire choqués par les dénonciations du président du SPIM. «Nous recevons Judex Rampaul lui-même, chaque semaine, et d’autres pêcheurs aussi», disent-ils.

Les fonctionnaires affirment que plusieurs projets pour encadrer les pêcheurs sont déjà en chantier. Ils ont tenu à répondre aux critiques émises par le porte-parole du syndicat.

Tandis que le SPIM indique que les prises des pêcheurs chutent chaque année, le ministère de la Pêche se basant sur les statistiques recueillies annuellement auprès d’un panel d’environ 2 000 pêcheurs enregistrés, affirme le contraire. En 2006 et 2007, les prises lagon et hors lagon, par pêcheur chaque jour, avoisinaient les 4,4 kg. En 2008, les prises par pêcheur journellement étaient d’approximativement 5,6 kg  et en 2009, de 6,4 kg. Seulement Munesh Munbodh, directeur au ministère de la Pêche concède que le nombre des pêcheurs diminuent.

«Avant, plus de pêcheurs pêchaient même quand le temps était mauvais. Au fil des ans, ils sont moins nombreux à le faire. Nous avons noté une réduction dans l’effort de pêche.», explique Munesh Munbodh, le directeur des Pêches.
En ce qui concerne l’ouverture des hôtels, les officiers du ministère de la Pêche précise que chaque promoteur est tenu par la loi à consulter les pêcheurs de la région où il ambitionne de s’implanter. Alors que le ministère se positionne comme un facilitateur dans ces consultations, souvent, à en croire les officiers, les promoteurs et des pêcheurs concluent entre eux des accords, où les promoteurs payent des compensations aux pêcheurs. Le ministère de la Pêche ne s’ingère pas dans ces accords.

Les fonctionnaires avancent également des arguments pour rassure les pêcheurs par rapport au développement de l’aquaculture qui inquiète les hommes de la mer. L’aquaculture est pratiquée à des endroits précis sur les côtes sud-est de l’île, déclarent les officiels du ministère.

 L’aquaculture a débuté à Maurice suite à un masterplan soumis en 2006, par un expert ayant réalisé une étude de faisabilité. Des poissons spécifiques ont été choisis pour l’aquaculture ici. Ces espèces ne dérangent pas l’écosystème local et ne peuvent se reproduire hors de l’espace d’aquaculture. Aussi, au sud-est du pays, la mer est assez profonde pour y placer les casiers. Le gouvernement a identifié huit sites, dont deux sont actuellement occupés par la Ferme marine de Mahebourg.
«Cette compagnie exporte 90% des 300 à 500 tonnes de poisson qu’elle y produit chaque année. Ce qui implique que cela n’affecte pas grandement les ventes des pêcheurs individuels sur le marché local», fait ressortir le directeur des Pêches.
Avant de commencer l’aquaculture à Maurice, les autorités ont invité les pêcheurs à intégrer ce projet. Toutefois, ces derniers ont refusé, affirme Munesh Munbodh.

Ce dernier a aussi tenu à préciser que ce sont les pêcheurs, eux-mêmes qui choisissent leurs représentants au sein du Fishermen Welfare Fund ou du Fishermen Investment Trust.  Ils sont deux élus pour Maurice et un pour Rodrigues. Les autres membres, selon le FIT Act, viennent de divers ministères, dont celui de la Pêche, du Transport maritime ou des  Finances.

Les prochaines élections des pêcheurs qui siégeront au sein du FIT auront lieu le 8 août prochain. C’est, sans doute, cette éventualité qui pousse certains dirigeants syndicaux à s’agiter.

 

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