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Judiciaire: la libération de Harish Boodhoo suscite de nombreuses interrogations

28 avril 2009, 00:00

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Judiciaire: la libération de Harish Boodhoo suscite de nombreuses interrogations

Des observateurs et des hommes de loi sont unanimes: c’est une première qu’une personne, accusée de participation à un rassemblement illégal, retrouve la liberté sans condition.

C’est surtout la manière dont Harish Boodhoo, le leader de la cause des victimes du système de la vente à la barre, a été libéré qui suscite des questions de la part de certains et de l’étonnement chez d’autres.

En effet, nos interlocuteurs avouent n’avoir jamais été témoins d’un tel dénouement de toute leur carrière. Non seulement aucune condition pour la libération de Harish Boodhoo, mais également aucune procédure.

Harish Boodhoo a, en effet, quitté la salle d’audience sans même passer par les bureaux administratifs de la cour comme s’il n’y avait plus aucune charge qui pèse sur lui alors que le magistrat Heereesingh, siégeant à la cour de district de Port-Louis, a réservé son jugement pour le 12 mai prochain.

Razack Peeroo, avocat depuis 1974 et ancien ministre de la Justice, est catégorique: «De toute ma carrière au judiciaire, je n’ai jamais eu l’occasion d’assister à un tel ruling. Je ne peux pas dire que c’est une première, mais c’est évident que c’est extrêmement rare». Ce dernier maintient tout de même que, du moment qu’il n’y a pas d’objection à la remise en liberté provisoire d’un accusé de la part de la police, les conditions de libération restent à la discrétion du magistrat.

Kishore Perthab confirme n’avoir jamais vu la libération d’un prévenu dans de telles conditions. Il abonde dans le même sens que Razack Peeroo concernant la discrétion du magistrat. Mais l’homme de loi soulève quand même quelques questions.

«D’abord, je tiens à faire ressortir qu’il y a un manque d’uniformité. Il y a eu trois ruling différents relatif à Harish Boodhoo et émis par deux magistrats différents. Ensuite, pour la même charge et pour le même présumé délit commis au même moment, il y a deux ruling différents» explique Kishore Perthab. Il ajoute que 35 prévenus ont été relâchés, dans un premier temps, sous caution. «Dans le cas de Harish Boodhoo, qui est en outre un ancien vice-Premier ministre, c’est une libération sans condition. Est-ce qu’aux yeux du public, cela ne va pas donner l’impression d’une justice à deux vitesses?», se demande Kishore Perthab.

Dans le milieu des robes noires, il y a un fort sentiment que cette affaire marquera, dans une certaine mesure, l’histoire du judiciaire.


 

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