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Rudy Soobaroyen : du collège du Saint-Esprit à Melbourne, un parcours de la finance à l’économie comportementale
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Rudy Soobaroyen : du collège du Saint-Esprit à Melbourne, un parcours de la finance à l’économie comportementale
Lorsqu’il rejoint le collège du Saint-Esprit en 1995, Rudy Soobaroyen découvre un environnement scolaire où la discipline et le travail occupent une place centrale. À cette époque, le vice-recteur, Octave Pascal, figure connue de plusieurs générations d’élèves, martèle notamment une devise devenue familière dans l’établissement : «No pain, no gain.»
Pour Rudy Soobaroyen, cette période constitue l’un des premiers cadres dans lesquels se construisent ses habitudes de travail. Il se tourne assez naturellement vers les mathématiques, la comptabilité et l’économie, trois disciplines qui l’intéressent par leur dimension analytique et leur capacité à décrypter des mécanismes concrets. En 2001, il termine à la 50e place au classement de la filière économie chez les garçons. Ce résultat lui permet de poursuivre son orientation dans un domaine qui va progressivement devenir le fil conducteur de son parcours professionnel : la finance et l’analyse économique.
Des qualifications qui structurent un parcours dans la finance
La suite de son parcours se construit progressivement autour de plusieurs qualifications professionnelles. En 2007, Rudy Soobaroyen obtient son accréditation de l’Association of Chartered Certified Accountants, avant de décrocher son titre de Certified Public Accountant en 2011. Ces formations lui apportent une base technique dans les domaines de la comptabilité, de la finance et de l’analyse des données financières.
Il évolue ensuite comme analyste financier, puis économiste, dans différents environnements professionnels. Son travail l’amène à étudier les marchés, les indicateurs macro-économiques et les risques auxquels sont confrontées les entreprises et les institutions. Ce sont des fonctions dans lesquelles la capacité à interpréter des données et à distinguer les tendances de fond des mouvements conjoncturels occupe une place importante. Au fil des années, son expérience l’oriente ainsi vers une approche de plus en plus quantitative de l’économie.
En 2016, il termine le Chartered Financial Analyst (CFA) Program et devient CFA Charterholder. Cette qualification, reconnue dans le secteur financier international, couvre l’analyse financière, l’évaluation des actifs, la gestion de portefeuille, le risque et l’éthique professionnelle. Plutôt qu’une rupture, cette étape s’inscrit dans la continuité de son parcours : approfondir les outils permettant de comprendre les marchés et les mécanismes qui influencent les décisions financières.
De la finance à l’économie comportementale
Son parcours académique évolue ensuite vers une approche plus large de l’économie. En 2023, Rudy Soobaroyen obtient un Master of Applied Finance, avec une formation portant notamment sur la macroéconomie appliquée, la modélisation économétrique, les marchés de capitaux et les instruments dérivés. Cette nouvelle étape lui permet de croiser plusieurs domaines qui sont aujourd’hui étroitement liés dans l’analyse économique : les données, les modèles statistiques et les comportements humains.
C’est dans cette perspective qu’il s’intéresse particulièrement à la Behavioral Economics, ou économie comportementale. Cette discipline cherche notamment à comprendre comment les individus et les organisations prennent réellement leurs décisions, en tenant compte de facteurs psychologiques et comportementaux que les modèles économiques traditionnels ne prennent pas toujours pleinement en considération.
Dans l’analyse des marchés, cette approche peut servir à étudier les réactions face aux variations de taux d’intérêt, aux périodes d’incertitude, aux tensions de liquidité ou encore aux changements brutaux de l’environnement économique. L’intérêt de cette approche tient au fait qu’elle ne considère pas les acteurs économiques comme des agents prenant systématiquement des décisions parfaitement rationnelles. Les anticipations, les biais, la perception du risque ou encore les réactions collectives peuvent également influencer les comportements.
Économétrie et IA : des outils supplémentaires
À cette approche comportementale s’ajoute le recours à l’économétrie, qui permet d’utiliser les données et les méthodes statistiques pour tester des relations économiques, mesurer des phénomènes et construire des modèles. L’intelligence artificielle (IA) vient aujourd’hui compléter cette boîte à outils. Elle offre de nouvelles possibilités pour traiter de grandes quantités de données, rechercher des corrélations ou identifier certains signaux susceptibles de passer inaperçus dans une analyse traditionnelle.
Dans ce domaine également, la technologie ne constitue toutefois pas une réponse automatique à l’incertitude économique. La qualité des données, les hypothèses retenues et l’interprétation des résultats restent déterminantes. Les modèles peuvent aider à éclairer une décision, mais ils ne suppriment ni le risque ni l’imprévisibilité inhérente aux marchés. C’est précisément à l’intersection de ces différents outils – finance, économétrie, économie comportementale et IA – que Rudy Soobaroyen situe aujourd’hui une partie de son activité.
Installé aujourd’hui à Melbourne, Rudy Soobaroyen exerce comme consultant économique. Son activité l’amène à travailler dans un environnement international où les entreprises et les institutions doivent composer avec des marchés plus complexes, des changements rapides de politiques monétaires et des niveaux d’incertitude parfois importants. Son parcours présente ainsi un trait caractéristique : celui d’un professionnel mauricien qui a progressivement élargi son champ d’intervention, de la comptabilité et de la finance vers l’analyse économique et les nouvelles méthodes quantitatives.
Mais derrière les diplômes et les outils, Rudy Soobaroyen met également en avant une dimension personnelle qui occupe une place importante dans sa manière de raconter son parcours.
Une réussite qu’il attribue à sa foi
L’ancien élève du collège du Saint-Esprit revendique en effet une foi chrétienne qui, selon lui, accompagne chacune des étapes de sa vie professionnelle. Il attribue à Jésus-Christ et à l’action du Saint-Esprit les opportunités qui se sont présentées à lui ainsi que les différentes étapes franchies au cours de son parcours. Cette conviction constitue, à ses yeux, un élément essentiel de son histoire personnelle. Il ne présente donc pas ses diplômes ou son expérience professionnelle comme les seuls éléments expliquant son cheminement. La foi occupe dans son récit une place distincte, davantage liée à ses convictions personnelles qu’aux compétences techniques qu’il a acquises au fil des années.
De l’élève du collège du Saint-Esprit passionné par les mathématiques et l’économie au consultant installé à Melbourne, le parcours de Rudy Soobaroyen illustre surtout une évolution progressive : celle d’un professionnel mauricien ayant construit son expérience dans la finance avant de s’intéresser à des approches plus récentes de l’analyse économique.
Dans un monde où les données prennent une place croissante dans la prise de décision, son domaine d’activité se situe désormais à la rencontre de plusieurs disciplines – économie, finance, comportement humain et IA. Une évolution qui témoigne aussi des nouvelles voies ouvertes aux professionnels mauriciens audelà des frontières de l’île.
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