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Projet d’«upgrade»
Rs 100 millions pour métamorphoser Roche-Bois
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Projet d’«upgrade»
Rs 100 millions pour métamorphoser Roche-Bois
Aperçu du nouveau visage de Roche-Bois après les aménagements annoncés.
Roche-Bois pourrait bientôt changer de visage. C’est l’ambition affichée hier par le ministre du Logement et des terres, Shakeel Mohamed, qui a présenté les grandes lignes d’un vaste projet d’«upgrade» du quartier, élaboré avec les acteurs locaux. Nouvelle voie d’accès, réaménagement du terrain de football Kaya, terrain synthétique, food court, espace pour enfants, amphithéâtre, parcours de course et espaces verts figurent parmi les aménagements envisagés.
Face à la presse, en présence de représentants d’ONG, des collectivités locales et d’officiers de son ministère, Shakeel Mohamed a assumé une volonté de rattrapage. Roche-Bois, estime-t-il, a été trop longtemps laissé de côté, alors même que le quartier se trouve au cœur de la zone portuaire, où sont implantées de nombreuses entreprises. Il a résumé l’urgence qu’il associe à ce projet : «Si nek mwa, depi yer ti bizin fini fer sa proze-la, parski nou dwa Roche-Bois sa.» Pour lui, le développement économique généré autour du port doit davantage bénéficier aux habitants.
Mettre à contribution
Il compte solliciter la contribution des entreprises de la région, notamment les compagnies pétrolières, énergétiques, cimentières et commerciales. Indian Oil, Bhunjun Group avec Fillin, Total, Holcim, Cementis et la Mauritius Commercial Bank sont cités parmi les sociétés que le ministre souhaite approcher ou dont il s’attend à ce qu’elles montrent de l’intérêt.
Shakeel Mohamed entend s’inspirer de pratiques étrangères, où de grandes entreprises financent, par des fondations ou des fonds, des projets sociaux et environnementaux dans les communautés où elles opèrent. Il invite aussi à mettre à contribution les entreprises qui, sans être implantées à Roche-Bois, bénéficient de l’activité portuaire. «Nous devons ouvrir la porte aux 130 entreprises qui opèrent dans la région portuaire.»
Le projet ne se limite pas aux infrastructures sportives et récréatives. Le ministre a aussi évoqué la nécessité d’améliorer les services de proximité, notamment la clinique de Roche-Bois et le dispensaire situé de l’autre côté du pont. Le terrain Kaya, où une pelouse synthétique serait aménagée avec le concours de partenaires, reste l’un des points forts de la proposition, avec des espaces destinés aux familles et aux enfants.
Le ministère a déjà entrepris un travail technique afin d’évaluer les différents éléments du projet. Selon Shakeel Mohamed, un quantity surveyor rattaché à la National Housing Development Company Ltd (NHDC) a travaillé sur le costing des interventions envisagées, qui s’élèverait à Rs 100 millions.
Le ministre souhaite désormais formaliser les partenariats. Un protocole d’accord pourrait réunir les autorités concernées, dont la municipalité de Port-Louis, la Mauritius Ports Authority et la Road Development Authority.
Pour Lindsay Morvan, du Mouvement pour le Progrès de Roche-Bois, le projet répond à des revendications portées depuis des années : «Cela peut permettre de redonner une bonne image de Roche-Bois, mais surtout d’améliorer le quotidien des habitants.» Même son de cloche pour Adriano Marianen, de Group Diboute Ros Bwa.
Le ministre veut désormais transformer cette ambition en mobilisation collective. Shakeel Mohamed a insisté : «Je veux que la générosité mauricienne se manifeste non seulement par les mots, mais par les actions.» L’objectif affiché est clair : faire de ce projet un levier de transformation pour Roche-Bois et, au-delà, pour toute la région portuaire.
Un terrain identifié pour reloger des squatteurs
À Roche-Bois, le projet d’«upgrade» ne pourra se faire sans traiter la situation des familles vivant dans des conditions précaires sur des terrains de l’État. Shakeel Mohamed a annoncé hier avoir engagé les démarches pour reloger les squatteurs installés notamment à proximité de l’autoroute. Rappelons-le, le ministre avait rendu visite à la famille du petit Adriano Perrine, sept mois, tué par son père à Roche-Bois. Sur place, il avait été choqué par l’état des maisons construites sur ce terrain, près d’une rivière. Le ministre affirme avoir effectué un «survey» pour savoir précisément qui vit dans ces installations précaires. Il défend une approche au cas par cas : «Je veux régulariser autant de personnes que possible.» C’est une démarche qu’il dit avoir engagée depuis son arrivée au ministère pour les familles installées depuis des années sur des terrains de l’État.
Après Coteau-Raffin, Singamanie (Bois-Marchand) et d’autres localités, un terrain a déjà été identifié pour reloger les familles de Roche-Bois, affirmet-il. Des discussions ont été menées avec le ministère des Finances sur les modalités de mise à disposition du terrain et de construction des logements. Le financement reste déterminant. Shakeel Mohamed évoque des contributions d’entreprises dans le cadre de leur responsabilité sociale. Il cite des familles vivant depuis plus de dix ou quinze ans près d’infrastructures industrielles et de réservoirs de gaz, dans des conditions sanitaires difficiles, une situation qu’il juge indigne. Le ministre a déclaré : «Je ne pense pas que c’est normal que des personnes puissent vivre dans de telles conditions. Bann dimounn res deryer bann gro stok gard lesans la dan bann kondision inkroyab. Ena enn sel pit latrinn.»
Pour le ministre, le relogement et la régularisation constituent donc un volet essentiel du projet de transformation de Roche-Bois. Il reconnaît toutefois que la solution ne pourra pas être immédiate. Le processus vient de commencer, insiste-t-il : identifier les occupants, trouver un terrain adapté, sécuriser le financement, puis permettre aux familles d’accéder à un logement dans un cadre légal. Cette démarche rejoint sa volonté de placer la dignité des familles vivant sur des terrains de l’État au centre de la politique de régularisation. Il avait déjà exposé cette orientation après sa rencontre avec l’évêque de Port-Louis, Mgr Jean Michaël Durhône, au sujet notamment de Roche-Bois.
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