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Marché pétrolier sous tension

Maurice risque une nouvelle flambée des prix

23 septembre 2026, 09:00

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Maurice risque une nouvelle flambée des prix

Une nouvelle révision des prix pourrait alourdir davantage la facture des automobilistes.

Les tensions sur les marchés internationaux se font de plus en plus sentir à Maurice. Le pétrole reste sous pression, les coûts de transport sont élevés et les perturbations des routes commerciales compliquent certains approvisionnements. À la pompe, une nouvelle hausse se profile. Dans les points de vente, certaines bonbonnes de gaz ménager se font rares. Du côté du riz ration, des cargaisons ont également été retardées.

Face à cette situation, le ministre du Commerce et de la Protection des consommateurs, Michaël Sik Yuen, assure que Maurice devrait pouvoir continuer à s’approvisionner en produits pétroliers. «Actuellement, nous avons un marché très instable au niveau mondial.» Il cite notamment la situation en Arabie saoudite, où le système de pompage de produits pétroliers a été détruit. Le pays a annoncé qu’il ne serait pas en mesure de fournir ses clients jusqu’à fin octobre. La Chine a, de son côté, annoncé lundi qu’elle allait arrêter ses exportations afin de privilégier son marché intérieur.

Maurice dispose toutefois d’une garantie pour ses prochaines cargaisons. Le contrat conclu avec Indian Oil Corporation doit permettre au pays de recevoir ses produits pétroliers malgré les perturbations internationales. «Quoi qu’il arrive à travers le monde, nous aurons notre cargaison de produits pétroliers», affirme le ministre. Essence, diesel, Jet A1 et marine gasoil sont notamment concernés.

La pression est néanmoins déjà visible dans les calculs du mécanisme de fixation des prix. Au 21 septembre, l’écart atteint 9,94 % pour l’essence. Si le Petroleum Pricing Committee (PPC) devait se réunir sur cette base, le litre passerait de Rs 70,65 à Rs 77,70. Pour le diesel, l’écart atteint 10,86 %. Le prix passerait alors de Rs 71,25 à Rs 78,35 le litre. Le PPC se réunira lorsque le comité estimera que cela est nécessaire, précise Michaël Sik Yuen. En attendant, le maintien des prix actuels alourdit le déficit du Price Stabilization Account, qui atteint désormais Rs 3,32 milliards. «Nous faisons tout notre possible pour tenir le coup, mais il arrive un moment où nous ne sommes plus capables d’absorber ces coûts et où nous devons augmenter les prix», reconnaît le ministre.

Pour mesurer l’écart, il compare les prix mauriciens à ceux pratiqués ailleurs. L’essence est actuellement vendue Rs 70,65 le litre à Maurice, contre Rs 73,97 aux Comores, Rs 84,16 aux Seychelles et Rs 99,59 à La Réunion. Pour le diesel, Maurice est à Rs 71,25, contre Rs 71,91 aux Comores, Rs 85,90 aux Seychelles et Rs 91,43 à La Réunion. En Europe, les prix dépassent Rs 100 le litre pour les deux carburants, souligne-t-il.

La pression ne se limite toutefois pas aux stations-service. Des consommateurs signalent également des difficultés à trouver du gaz ménager dans certains points de vente. Le ministre distingue ici les réserves disponibles des problèmes de distribution. Au 22 septembre, la State Trading Corporation (STC) disposait d’environ 51 jours de consommation en stock, soit près de deux mois. «Nous avons un stock important de gaz», assure Michaël Sik Yuen.

Mais des difficultés persistent au niveau de certaines bonbonnes. La STC importe le gaz et approvisionne deux compagnies. Les bonbonnes bleues, distribuées par Vivo sous la marque Shell, sont disponibles normalement à ce stade. La situation est en revanche plus tendue pour les bonbonnes rouges et jaunes distribuées par Total, dont l’approvisionnement connaît des difficultés. Un nouveau fournisseur est présent sur le marché, mais certaines bonbonnes restent en quantité insuffisante.

Le ministre évoque surtout les difficultés d’importation et les problèmes de fret pour expliquer cette situation. Il pointe aussi du doigt l’utilisation illégale de certaines bonbonnes pour le transvasement de gaz, notamment à destination de véhicules. «La police travaille avec le ministère sur cette question. Nous espérons donc pouvoir réduire, voire éliminer, ces activités illégales», dit-il.

À cette liste s’ajoute le riz ration. Une cargaison n’a pas pu rejoindre Maurice en raison de problèmes rencontrés par les navires au départ du Pakistan. Certains chargements ont toutefois déjà été effectués et des navires ont quitté ce pays. Une partie des produits pourrait transiter par Colombo, au Sri Lanka, avant de rejoindre Maurice. Le ministre indique que des cargaisons de 500 mètres cubes peuvent être chargées sur différents navires. Une première arrivée est attendue autour du 18 octobre, suivie de deux autres vers le 20 octobre.

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Kushal Lobine plaide pour un allègement fiscal

Kushal Lobine relance le débat sur la fiscalité des carburants. Dans une publication sur sa page Facebook, le député de La Caverne–Phoenix et leader des Nouveaux Démocrates propose une réduction temporaire des taxes sur l’essence et le diesel. Il rappelle avoir avancé cette proposition le 2 avril, alors que le marché pétrolier international était déjà sous tension. Le litre d’essence coûtait alors Rs 58,45 et celui de diesel Rs 64,80. Six mois plus tard, les prix sont passés à Rs 70,65 et Rs 71,25 respectivement.

Pour le député, les répercussions ne se limitent pas aux automobilistes. Le renchérissement des carburants pèse aussi sur le transport, les petites et moyennes entreprises et les activités de distribution, avec des effets sur les dépenses des ménages. Kushal Lobine estime qu’un allègement fiscal limité dans le temps pourrait être envisagé, en tenant compte des contraintes budgétaires. Il souligne que, si Maurice ne peut agir sur les cours internationaux du pétrole, des leviers existent sur le plan national. La fiscalité appliquée à l’essence et au diesel constitue, selon lui, l’un de ces leviers. Il demande ainsi aux autorités de revoir temporairement ces prélèvements afin de contenir l’impact des prix à la pompe sur les ménages.

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