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Enquête sur la mort de Martingale

Quand les versions des gardiens intriguent

19 septembre 2026, 20:45

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Quand les versions des gardiens intriguent

John Mick Martingale a été retrouvé pendu dans sa cellule le 8 septembre 2024, alors qu’il était en détention provisoire dans une affaire d’importation de drogue.

Dans la mort suspecte de John Mick Martingale, les murs de la cellule 71 ne sont plus les seuls à parler. Après la reconstitution à la prison de Beau-Bassin, le 14 juillet, c’est désormais la parole des gardiens qui est passée au crible. L’enquête judiciaire sur le décès suspect du détenu s’est poursuivie devant le magistrat Denis Vellien, le vendredi 18 septembre devant la cour de district de Rose-Hil. L’ASP Assif Ramtoolah et les gardiens Ghoorah, Vythilinga, Nundllall et Constant ont tous été rappelés à la barre. Ils avaient participé, le 7 septembre 2024, à la fouille de la cellule de Martingale, quelques heures avant qu’il ne soit retrouvé mort.

Un aveu du gardien Constant aura donné une nouvelle dimension aux débats : les officiers impliqués dans la fouille du détenu auraient échangé entre eux avant de livrer leur version à la police. Interrogés par Me Ricky Bhookhun, représentant le Directeur des poursuites publiques (DPP), les cinq hommes ont campé sur leur position. Aucun n’a souhaité modifier son récit précédent.

Leur version est connue : alertés de la présence d’un téléphone portable dans la cellule 71, ils s’y étaient rendus pour récupérer l’appareil. Martingale aurait fini par le remettre après l’avoir cassé. Les officiers assurent qu’il n’a pas été brutalisé durant cette intervention. La descente des lieux du 14 juillet avait toutefois fait apparaître une difficulté concrète.

Sur la base de photographies prises dans et autour de la cellule, les gardiens ont été invités à reconstituer leurs déplacements. Chacun devait montrer où il se trouvait et ce qu’il avait fait. Malgré cet exercice mené sur place, un doute subsiste sur le nombre exact d’officiers ayant pénétré simultanément dans la cellule.

Puis les débats ont pris une autre direction. Me Bhookhun a confronté les témoins à leur déposition donnée à la police au poste de Barkly, le lendemain de la découverte du corps. L’avocat a relevé plusieurs similitudes entre la déposition de l’ASP Ramtoolah et celles des quatre gardiens. Interrogé sur cette proximité entre les versions, Constant a reconnu que les officiers avaient échangé des «conseils» avant d’aller consigner leur déposition à la police.

Cette admission est susceptible de peser dans la suite des travaux de la cour. Elle ne permet pas, à elle seule, de conclure que les témoins ont fabriqué un récit commun. Mais elle pose une question essentielle : dans quelle mesure leurs discussions ont-elles pu influencer leurs souvenirs ou la manière dont chacun a présenté les événements ?

La question est d’autant plus sensible que les témoignages précédents ont déjà fait apparaître plusieurs incertitudes autour de la fouille : le respect des procédures pénitentiaires, le rôle de la Control Room, l’absence alléguée d’un suivi visuel de la cellule et surtout la chronologie exacte de l’intervention.

Le magistrat Denis Vellien a fixé la prochaine audience au jeudi 24 septembre. Me Bhookhun devrait alors revenir sur ces échanges entre gardiens et tenter de déterminer s’ils expliquent les similitudes relevées dans leurs déclarations. John Mick Martingale avait été retrouvé pendu dans sa cellule le 8 septembre 2024, alors qu’il se trouvait en détention provisoire dans une affaire de drogue. La première autopsie avait conclu à une mort par pendaison. Une contre-autopsie réalisée par le médecin légiste sud-africain Dr Sipho Mfolozi, à la demande de la famille, avait retenu une autre hypothèse : asphyxie consécutive à une compression du cou lors d’une agression. Le rapport avait conduit le DPP à ordonner cette enquête judiciaire. La Cour cherche aussi à comprendre ce qui s’est passé avant même que les gardiens ne commencent à raconter leur version des faits.

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