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Jarry et son «Bonhomme» à Maurice

«Il y a trop de choses dramatiques aujourd’hui. Il faut plus de ‘safe zones’ où on peut s’amuser»

19 septembre 2026, 22:00

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«Il y a trop de choses dramatiques aujourd’hui. Il faut plus de ‘safe zones’ où on peut s’amuser»

Après avoir réuni près de 4 000 spectateurs sur les deux îles lors de son passage en octobre dernier, Jarry revient à Maurice avec son spectacle à succès «Bonhomme». L’humoriste, comédien et animateur français retrouvera le public, le samedi 17 octobre au Trianon Convention Centre. Cet événement est proposé par A Mon Tour Prod, Youpi and Co, Ki M’aime me suive Prod, Art FM Prod et BAO Communications. Entre improvisation, humour et interaction avec le public, Jarry promet une nouvelle soirée placée sous le signe du rire et de l’émotion. Il nous a accordé cette interview avant son retour sur scène.

Jarry, vous signez votre retour sur la scène mauricienne. Comment ça se prépare et quels souvenirs gardez-vous de notre île, dont vous dites haut et fort que vous l’aimez ?

J’adore l’île Maurice parce que j’ai eu la chance d’y venir tous les ans avec mes enfants. À chaque fois que je viens chez vous, il y a un endroit que j’aime beaucoup dans le sud de l’île qui s’appelle l’Awali (NdlR : Heritage Awali Golf & Spa Resort à Bel Ombre). Et l’année dernière, j’ai eu la chance de venir y jouer mon spectacle et c’était extraordinaire. J’ai adoré la gentillesse, les rires des gens, ce vivre-ensemble que vous avez sur l’île, cet amour de rigoler et de passer de bons moments ensemble.

Cette fois, pour votre retour, vous allez jouer dans une salle plus grande, avec un plus grand nombre de places. Est-ce que cela change votre manière d’aborder le spectacle ?

Non, ça ne change pas trop la manière de l’aborder. Je sais qu’on va être beaucoup plus nombreux. Et plus on est de fous, mieux c’est, comme on dit. En plus, il y avait tellement de Mauriciens qui me disaient : «Mais Jarry, il faut que tu reviennes, la salle était trop petite la première fois», qu’on a pris une salle plus grande. «Viens, on a envie de te revoir sur scène et de vivre le spectacle.»

Justement, le spectacle que vous présentez s’intitule «Bonhomme». Sans en dire trop pour que le public ait envie de venir le découvrir, pouvez-vous nous en dire un peu ?

C’est un spectacle où j’explique avant tout le rôle des héros que nous sommes tous et pourquoi il faut qu’on soit heureux de qui on est et heureux d’être ensemble. C’est un spectacle qui met l’accent, évidemment, sur l’humour en permanence, sur les petits détails du quotidien qui font que souvent, on se prend la tête pour rien. C’est un spectacle très interactif où je parle beaucoup avec les membres du public, où je vais dans la salle parce que c’est vrai que j’aime savoir qui a fait l’effort, qui a pris un ticket pour venir me voir.

Vous dites justement qu’il faut réveiller le super-héros qui sommeille en nous. Qu’est-ce que cela signifie concrètement sur scène ?

Souvent, on se dit que le voisin a plus de chance que nous parce qu’il a çwi, parce qu’il a ça. Et souvent, on passe énormément de temps à regarder ce qu’ont les autres alors qu’en fait, il suffirait de regarder ce qu’on a à l’intérieur de soi pour être aussi fier de ce qu’on a que de ce qu’a le voisin, et passer beaucoup plus de temps à se mettre au centre plutôt qu’à regarder les autres et la chance ou pas qu’ils ont. Moi, je crois que naturellement, on a tous une singularité, on a tous quelque chose en nous qui fait qu’on ne ressemble pas aux autres et qu’on a un chemin aussi intéressant que les autres. Il faut juste accepter d’être le personnage principal de sa propre vie.

J’ai vu justement que votre humour repose beaucoup sur l’autodérision, l’improvisation et votre interaction avec le public. La dernière fois que vous êtes venu à Maurice, est-ce que vous avez eu matière à improviser avec le public ? A-t-il joué le jeu ?

Oui, il a joué le jeu. J’ai adoré parce que je me suis retrouvé avec un monsieur qui faisait un métier que je ne connaissais pas. C’était trop mignon. Il y avait un jeune qui était venu avec sa maman et qui en avait profité pour lui dire qu’il l’aimait. Ce n’était que de super moments. Et puis moi, j’aime bien que les gens se moquent de moi parce que je ne peux pas dire aux gens d’être heureux et de rigoler de tout si je ne me moque pas de moimême. Donc, c’était très, très drôle.

Dans quelques-unes de vos vidéos sur les réseaux, vous travaillez beaucoup avec le public en termes d’improvisation, et ça génère beaucoup de vues. Vous n’avez pas peur de prendre ce risque-là ? Qu’aimez-vous dans cette part d’imprévu ?

D’abord, il faut savoir que je demande aux gens l’autorisation de pouvoir poster les vidéos sur mes réseaux sociaux. Jusqu’ici, les gens n’ont jamais refusé. Ils m’ont tout le temps dit oui. C’est une manière pour moi de lutter contre les extrêmes. Les gens qui disent qu’il ne faut pas qu’on se mélange, que nous ne sommes pas faits pour vivre ensemble, qu’il faut mettre les gens dans des cases, c’est pour leur montrer qu’ils ont tout faux. Que le temps d’un spectacle, pendant deux heures, qu’on soit 1 000, 2 000, 6 000, 8 000, 10 000, on rigole ensemble des mêmes choses, on plaisante des mêmes choses, on se prend dans les bras, on se regarde les uns les autres et qu’on arrive aussi à rigoler des uns et des autres avec bienveillance. Pour moi, ça, c’est vraiment une réponse à l’espèce de climat très tendu dans lequel on est aujourd’hui dans le monde, qui voudrait que chacun reste là où il est né. Et moi, je ne suis pas d’accord avec ça. Quand je viens à l’île Maurice, j’adore découvrir la culture de l’île, ses traditions, sa gastronomie, mais j’adore aussi rencontrer les gens. Si, quand je viens, les gens me disent : «Bah non, t’es un Parisien, on n’a pas envie de te montrer comment on vit ici», je serai le premier à être triste.

Qu’est-ce qui vous donne encore envie de monter sur scène et de faire rire les gens, chaque soir ?

Ce qui me donne envie, c’est que j’ai l’impression qu’aujourd’hui, sur nos petits écrans, en fiction et même à la télé, on ne voit que des choses dramatiques. Je me dis qu’il faut quand même qu’on ait des zones un peu safe où on peut s’amuser, rire et passer un bon moment, tout en se rechargeant d’énergie positive, car le quotidien est très compliqué.

En un mot, pourquoi doit-on venir voir Jarry sur scène ?

J’aurais envie de dire : c’est la dernière fois que je viens avec ce spectacle-là. Il y a des occasions dans la vie à ne pas rater : rire, s’amuser et surtout se recharger en énergie positive. Parce que le quotidien est quand même très compliqué.

Vous avez mentionné la gastronomie. Est-ce qu’il y a un plat, à Maurice, que vous aimez le plus ?

Ah, il y en a plein ! (rire)

Lesquels ?

Bah, tous les poissons déjà. Parce qu’à chaque fois, vous avez réussi à me faire goûter des poissons que je n’aimais pas et, grâce à vos recettes, à vos épices, à la manière de les cuisiner, à chaque fois, je me dis que ce n’est pas possible, ce n’est pas du poisson, c’est hyper bon.

Avant de venir à Maurice, avez-vous étudié un peu le terrain local pour aborder des sujets d’actualité ? Quelles sont les dernières choses que vous avez vues chez les Mauriciens que nous retrouverons peut-être dans votre spectacle ?

J’ai envie de dire que je ne me suis pas penché sur cette question des petites choses. En tout cas, pour moi qui adore danser, j’aime beaucoup les danses de votre île et, en plus, comme vous avez différentes cultures, il y a vraiment différentes possibilités. Et ça, ça m’intéresse.

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