Publicité

«Business Process Outsourcing»

Le gouvernement ouvre des négociations pour protéger les 303 salariés de Concentrix

18 septembre 2026, 11:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Le gouvernement ouvre des négociations pour protéger les 303 salariés de Concentrix

Concentrix envisage la fermeture de son antenne mauricienne le 20 novembre.

Une première étape vers un règlement du dossier Concentrix a été franchie mercredi à la Victoria House, à Port-Louis. Le ministre du Travail, Reza Uteem, a réuni les dirigeants de Concentrix Mauritius afin d'aborder les conséquences de la fermeture envisagée de l'entreprise.

Au cœur des échanges : les raisons avancées par la société pour justifier son départ de Maurice et l'avenir des 303 employés concernés. Selon le ministre, les responsables de Concentrix ont évoqué plusieurs facteurs, dont la hausse des coûts d'exploitation, un taux élevé d'absentéisme et la perte progressive de plusieurs clients, sans nouveaux contrats pour soutenir les activités locales. «Ils ont démontré une volonté de trouver une solution à l'amiable, dans l'intérêt des travailleurs», affirme Reza Uteem.

Il précise qu'une nouvelle réunion se tiendra bientôt afin d'entamer les discussions sur le montant des compensations. Le ministre assure qu'il suivra personnellement ce dossier.

Parallèlement, le gouvernement entend élargir la réflexion à l'ensemble du secteur des centres d'appels. Et c’est le ministre des Technologies de l’information, de la communication et de l’innovation, Avinash Ramtohul, qui a présidé le premier comité interministériel consacré aux difficultés du Business Process Outsourcing à Maurice, avec pour objectif d'identifier les défis structurels qui fragilisent cette industrie.

Pour la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé, cette crise dépasse largement le cas de Concentrix. Son président, Reeaz Chuttoo, rappelle que les activités de services peuvent être rapidement délocalisées. «Lorsqu'une entreprise de cette envergure ferme, ce ne sont pas seulement 303 salariés qui sont touchés, mais plus d'un millier de personnes à travers leurs familles», souligne-t-il.

Le syndicaliste qualifie la situation de licenciement structurel. Il insiste également sur la capacité financière du groupe, présent dans 120 pays et coté en Bourse, estimant que les employés, dont plusieurs comptent près de dix années de service, doivent bénéficier d'une compensation à la hauteur de leur contribution.

Pour l'heure, aucune notification officielle de fermeture n'a été transmise au ministère du Travail ni au Redundancy Board. Les opérations de Concentrix Mauritius se poursuivent normalement, tandis que les négociations se poursuivent dans l'espoir d'aboutir à un accord avant la date de fermeture envisagée, le 20 novembre prochain.

****** 

World Knits : les salariés toujours impayés, la réunion de nouveau reportée

L'incertitude continue de peser sur les employés de World Knits Ltd. La réunion attendue entre les parties a une nouvelle fois été renvoyée, laissant les travailleurs sans réponse sur le paiement de leurs salaires et l'avenir de l'entreprise.

Fayzal Ally Beegun, représentant des travailleurs, explique que les employés vivent une situation devenue insoutenable après près de cinq mois d'attente. «Il est difficile de réunir les travailleurs chaque semaine pour leur répéter la même chose et entendre les mêmes inquiétudes. Ils n'ont toujours pas été payés», déplore-t-il.

Selon lui, les salariés n'attendent désormais que deux réponses : quand leurs salaires seront-ils versés et si World Knits se dirige vers une fermeture ou vers une reprise par un nouvel investisseur. «Ce sont ces incertitudes qui alimentent le stress quotidien des travailleurs», insiste-t-il.

Le représentant syndical souligne que cette détresse touche aussi les 175 travailleurs étrangers employés par l'usine. Craignant d'être arrêtés en raison de leur situation administrative si l'entreprise cesse ses activités, ils vivent eux aussi dans l'angoisse. «Ce n'est bon ni pour la santé des Mauriciens ni pour celle des étrangers de vivre sous une telle pression», affirme-t-il.

Fayzal Ally Beegun rappelle également que World Knits s'est forgé une solide réputation internationale en produisant des vêtements pour de grandes marques. «Les employés se demandent comment une usine reconnue mondialement a pu en arriver là», dit-il.

Dans un autre registre, il critique certaines entreprises qui, selon lui, ferment leurs opérations à Maurice pour délocaliser leur production vers des pays comme Madagascar, le Bangladesh ou l'Afrique du Sud, au détriment des travailleurs mauriciens.

Publicité