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Quadruple vainqueur du prix de l’arc de triomphe

Le jockey Olivier Peslier prêt à aider l’industrie hippique mauricienne

16 septembre 2026, 15:00

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Le jockey Olivier Peslier prêt à aider l’industrie hippique mauricienne

■ Le jockey a remporté le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, l’une des courses les plus prestigieuses au monde, en 1997, avec le fameux Peintre Célèbre.

Habitué de longue date de l’île Maurice, le jockey français, quadruple vainqueur du Prix de l’Arc de Triomphe, se dit prêt à poser ses valises à Maurice si un poste se présente à lui. Zoom sur un homme dont la carrière a traversé quasiment tous les hippodromes du monde.

Tout commence par un ballon de football, dans l’ouest de la France. Olivier Peslier y joue avec des copains qui, eux, font du poney. Il s’y met à son tour, puis ils s’organisent de petites courses improvisées entre gamins. En 1984, des courses de poneys officielles dans sa région le font définitivement basculer dans le monde hippique. Il enchaînera ensuite le trot, l’obstacle, le cross et le plat, avant d’intégrer, en 1987, l’école des apprentis jockeys de Gouvieux, tout près de Chantilly.

De cette école sortira l’un des jockeys les plus titrés de sa génération. Au terme de sa carrière, Olivier Peslier revendique environ 3 700 victoires, dont 161 courses de groupe 1 avec des pursang arabes. Il a couru dans la quasi-totalité des pays où se pratiquent les courses hippiques : le Canada, les ÉtatsUnis, l’Argentine, toute l’Europe, le Golfe, l’Afrique du Sud, le Maroc, la Tunisie, l’Australie, Hong-Kong, le Japon, l’Inde ou encore le reste de l’Asie. Il a remporté à quatre reprises le très prestigieux Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, dont la dotation actuelle s’élève à 5 millions d’euros.

Interrogé sur ses plus beaux souvenirs de carrière, le jockey retient d’abord le nom du cheval Peintre Célèbre, avant d’évoquer la jument Goldikova, puis Symbolic Princess au Japon. Il se souvient également avec émotion de son association avec la casaque des frères Wertheimer, propriétaires de la maison Chanel. «Nous avons eu une très bonne collaboration. On a eu beaucoup de succès partout à travers le monde, notamment en Angleterre, aux États-Unis et en Europe, bien sûr», confie-t-il. Aujourd’hui à la retraite, Olivier Peslier n’a pourtant pas quitté le monde des courses. Toutes les semaines, il continue de monter à cheval à l’entraînement, le matin, pour Antoine de Watrigant. Les jours de courses, il se déplace sur les hippodromes pour s’occuper de l’organisation, préparer les chevaux et observer comment améliorer leurs performances. Il donne aussi, de temps à autre, un coup de main aux commissaires des courses en tant que consultant.

Sa fille Mégane a choisi de suivre ses traces en devenant jockey à son tour, un choix qu’il observe avec lucidité plus que par fierté automatique. «Ce n’est pas parce qu’on est la fille de… que ça marche, c’est un métier très dur pour une femme, mais il faut se battre et toujours se remettre en question», résume-t-il.

C’est justement autour de son avenir que la conversation prend un tour plus personnel. Olivier Peslier ne cache pas son attachement à l’île Maurice, qu’il fréquente depuis l’époque du Young Series, aux côtés de jockeys comme Olivier Doleuze et Thierry Thulliez. Depuis, dit-il, il y revient chaque année dès qu’il en a l’occasion. Une rumeur circule sur une possible installation définitive sur l’île : il la confirme sans détour. «Si j’en ai l’occasion, oui. Parce que j’adore l’île Maurice et j’y vais tous les ans», lance-t-il, avant de préciser que cette envie reste pour l’instant conditionnée à une opportunité professionnelle concrète. «J’aimerais bien travailler pour l’industrie hippique mauricienne. Après tout, les courses, c’est mon dada. Je connais les courses ; je connais le code des courses.»

Le jockey raconte être régulièrement interpellé par des admirateurs lorsqu’il séjourne à Maurice, qui lui demandent quand il compte s’y installer. Sa réponse est invariable : il lui faut d’abord trouver un poste. S’il devait décrocher un emploi sur l’île, c’est du côté du board des commissaires qu’il se verrait le plus naturellement, lui qui est actuellement consultant pour les commissaires en France et qui a côtoyé des structures très diverses à travers le monde. «Je pourrais apporter mon expérience pour essayer de faire évoluer les choses», estime-t-il. Quant à l’attrait de la destination ellemême, Olivier Peslier met en avant le caractère multiculturel de la société mauricienne. «Il y a tout le monde, des Sino-Mauriciens, des Mauriciens de foi hindoue, de foi musulmane, et des Créoles. Ce que j’aime avec Maurice, c’est que c’est un pays multiculturaliste. Il n’y a pas de soucis de sécurité. Tout le monde s’entend bien.» En revanche, il se montre plus réservé sur l’actualité locale, qu’il avoue suivre de loin, la plupart des contenus lui étant, dit-il, inaccessibles, car diffusés en créole.

Sur le terrain qui le concerne le plus directement, en revanche, il est parfaitement informé. Sur l’éventualité d’une concurrence entre deux hippodromes et deux organisateurs de courses à Maurice, Olivier Peslier refuse de trancher en termes de nombre d’acteurs. Pour lui, l’enjeu se situe ailleurs. «L’importance dans l’industrie des courses hippiques, ce n’est pas le nombre d’organisateurs mais le nombre de paris. Il faut qu’il y ait du jeu», insiste-t-il. Il plaide pour des événements familiaux capables d’attirer les Mauriciens sur les hippodromes, quitte à ce que chacun ne mise qu’une petite somme parce qu’«à plusieurs, ça fait une grosse somme». Sa seule réserve porte sur le risque d’une concurrence déloyale visà-vis des parieurs. «Il faut que celui qui joue gagne quelque chose, mais il faut que l’industrie aussi gagne quelque chose. Ce sont les paris qui font vivre les courses. S’il n’y a pas de paris, il n’y a pas de courses.» Du moment que les courses existent, conclut-il, libre ensuite aux amateurs de choisir leur hippodrome.

Interrogé enfin sur ce qui manque aujourd’hui à l’industrie hippique mauricienne pour progresser, le jockey français ne s’embarrasse pas de circonvolutions. Il pointe la fiscalité, avec une taxe sur les paris qu’il faudrait revoir, ainsi qu’une taxe sur l’importation des chevaux qu’il juge très élevée pour qui souhaite constituer une écurie de qualité.

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