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Santé

Rizwan Chumroo : Remettre la vie en mouvement

5 septembre 2026, 11:30

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Rizwan Chumroo : Remettre la vie en mouvement

À l’occasion de la Journée mondiale de la physiothérapie le 8 septembre, portrait de Mohammad Rizwan Chumroo, président de l’Allied Health Professionals Council of Mauritius. Passionné par la réhabilitation fonctionnelle, il défend une approche profondément humaine de la physiothérapie, où chaque progrès, même minime, représente une victoire. Entre manque de professionnels qualifiés et prolifération des pseudo-praticiens, il milite pour une meilleure reconnaissance de son métier.

Quand Rizwan Chumroo parle de son métier, il ne commence ni par les muscles ni par les articulations. Il parle d’abord de personnes. «La physiothérapie, c’est améliorer la qualité de vie,» résume-t-il simplement.

Depuis plus de vingt ans, celui qui préside aujourd’hui l’Allied Health Professionals Council of Mauritius accompagne des patients à chaque étape de leur reconstruction. Victimes d’AVC, personnes âgées ayant subi une fracture de la hanche, femmes souffrant de douleurs après une grossesse, nouveau-nés nécessitant une physiothérapie respiratoire ou encore sportifs blessés : tous ont un objectif commun, retrouver une partie de leur autonomie.

Pourtant, rien ne le prédestinait à devenir physiothérapeute. Enfant, il rêve de médecine. Son désir est déjà le même : aider les autres. Les réalités financières de l’époque l’obligent toutefois à envisager une autre voie. Au moment où l’Université de Maurice lance sa formation en physiothérapie, il découvre une discipline encore peu connue dans le pays. Le déclic est immédiat.

Au fil de ses études, un enseignant marquera particulièrement son parcours : Jean Félix. Bien plus qu’un professeur, il lui transmet une vision du métier fondée sur l’écoute, la curiosité et le dépassement de soi. Une philosophie qui continue aujourd’hui d’influencer sa pratique.

Ce qui distingue Rizwan Chumroo, c’est son approche de la «réhabilitation fonctionnelle.» Pour lui, il ne suffit pas de traiter une douleur selon un protocole standard. Chaque patient possède son histoire, son environnement et ses contraintes.

Cette conviction l’a poussé à fermer son cabinet pour privilégier les consultations à domicile. Chez ses patients, il découvre leur quotidien et adapte les exercices à leur réalité. Un rebord de fenêtre peut devenir un outil d’équilibre. Un couloir peut servir de parcours de marche. Une chambre devient un espace de rééducation.

«Lorsqu’on entre dans leur environnement, on comprend mieux les défis qu’ils rencontrent chaque jour,» explique-t-il.

Parmi les nombreux visages croisés au cours de sa carrière, certains restent gravés dans sa mémoire. Comme cette jeune femme devenue paraplégique après un accident de voiture à l’âge de 18 ans. Les débuts ont été difficiles. Aujourd’hui encore en fauteuil roulant, elle a néanmoins retrouvé confiance en elle et mène une vie active.

Pour Rizwan Chumroo, ces progrès valent parfois davantage qu’une guérison complète. «Nous ne sommes pas là pour vendre des miracles. Nous sommes là pour aider les gens à atteindre leur meilleur potentiel.»

Cette vision profondément humaine prend tout son sens dans un contexte où Maurice manque de physiothérapeutes. Le pays en compte environ 161 alors qu’il en faudrait plus de 400 pour répondre aux besoins croissants de la population.

Face au vieillissement de la population, à l’augmentation des maladies chroniques, il estime que la physiothérapie a un rôle essentiel à jouer dans le système de santé mauricien. Les spécialistes observent une hausse préoccupante des AVC. Parmi les quelque 4 000 AVC recensés chaque année à Maurice, près de 1 200 touchent des personnes âgées de 25 à 50 ans, soit une part importante de la population active.

Malgré ces défis, il reste optimiste. L’arrivée de nouvelles technologies, comme la réalité virtuelle, les exosquelettes ou encore certaines applications basées sur l’intelligence artificielle, ouvre de nouvelles perspectives. Mais pour lui, aucun outil ne remplacera jamais l’essentiel : la relation humaine qui se construit entre le thérapeute et son patient.

Attention aux faux spécialistes

Ils promettent parfois des résultats rapides, mais les conséquences peuvent être lourdes. Pour Rizwan Chumroo, la prolifération des pseudo-physiothérapeutes constitue l’un des principaux défis de la profession à Maurice.

Contrairement à un physiothérapeute qualifié, ces praticiens ne possèdent souvent ni formation approfondie en anatomie ni connaissances en pathologie. Ils appliquent les mêmes manipulations à tous les patients, sans véritable évaluation préalable.

Le risque ? Aggraver une blessure, retarder un diagnostic important ou provoquer de nouvelles complications. Après un AVC, une blessure à la colonne vertébrale ou une douleur persistante, chaque situation nécessite une prise en charge adaptée. «Le corps humain n’est pas un système de trial and error,» rappelle-t-il. Son conseil est simple : toujours vérifier que le professionnel consulté est dûment qualifié et enregistré auprès des autorités compétentes.

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