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Élections villageoises

La réforme avance, le scrutin reste prioritaire

4 septembre 2026, 20:00

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La réforme avance, le scrutin reste prioritaire

Alors que la réforme des collectivités locales poursuit son chemin, le gouvernement semble avoir arrêté sa priorité : les élections villageoises auront bien lieu, même si la nouvelle Local Government Act n’est pas encore adoptée. À moins de trois mois de l’expiration du mandat des conseillers, les villages entrent progressivement en campagne, dans l’attente de la décision finale du Premier ministre sur la date du scrutin.

Le ministre des Collectivités locales, Ranjiv Woochit, a pris part à une nouvelle réunion du comité interministériel chargé de revoir la législation encadrant les autorités locales. Cette réforme, promise depuis plusieurs mois, vise notamment à accorder davantage d’autonomie administrative et financière aux conseils de district et de village. Une fois les recommandations finalisées, le dossier sera transmis au Conseil des ministres avant la rédaction d’un projet de loi par le bureau de l’Attorney General.

Mais le calendrier parlementaire joue contre le gouvernement. Après l’adoption du Road Traffic (Amendment) Bill 2026 cette semaine, plusieurs textes majeurs restent en attente, dont le Child Adoption Bill et la réforme de la Local Government Act. De quoi repousser l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions au-delà des prochaines élections.

Une chose est acquise : le mandat des 1 170 conseillers répartis dans 130 villages expire le 22 novembre 2026. À cette date, les conseillers perdront automatiquement leur siège avec la dissolution des conseils. Selon une source au ministère des Collectivités locales, les présidents des conseils de district demeureront en fonction jusqu’à l’installation des nouvelles équipes, mais avec des pouvoirs très limités. «Les présidents resteront en poste, mais ils n’auront plus aucun pouvoir décisionnaire puisque tous les conseillers auront quitté leurs fonctions», explique cette source.

La loi prévoit un délai maximal de 60 jours pour enclencher le processus électoral, ce qui fixerait la date limite du scrutin aux alentours du 21 janvier 2027. Toutefois, plusieurs contraintes – rentrée scolaire, fêtes religieuses et risques d’intempéries – rendent un scrutin en début d’année peu probable. L’option privilégiée demeure la mi-décembre.

Dans les villages, la machine se met en route

Sur le terrain, certains élus ne cachent plus leur impatience. À L’Amitié, le conseiller Ramootee Asyrigadoo, fort de 33 années de mandat, affirme que l’ambiance électorale est déjà bien installée. «L’Alliance du changement nous a garanti que les élections villageoises auraient lieu. Mais, pour le moment, beaucoup de promesses ont été faites et très peu ont été réalisées», déplore-t-il. Il cite notamment l’absence d’infrastructures de base dans son village. Malgré des démarches entreprises depuis 2015, L’Amitié ne dispose toujours pas d’un véritable village hall. Un local a finalement été obtenu en location pour Rs 10 000 par mois, mais les équipements de loisirs font toujours défaut. «Nous avons un bâtiment, mais ni terrain de football ni terrain de volley. Le budget est insuffisant et nous organisons seulement quelques petites activités avec les moyens du bord.»

Malgré les difficultés, le conseiller assure poursuivre son travail auprès des habitants, même lorsque la cohabitation avec l’équipe dirigeante du conseil de district s’avère compliquée. Au sein des collectivités locales, les présidents et conseillers souhaitent désormais accélérer la réalisation des projets en suspens avant la dissolution des conseils. Plusieurs chantiers accusent toutefois des retards, alimentant la frustration dans certaines localités.

Reste désormais une seule inconnue : la date officielle des élections. Si la réforme institutionnelle doit encore patienter, le gouvernement affirme vouloir respecter les échéances démocratiques, cinq ans après le scrutin de 2020 organisé en pleine pandémie. La balle est désormais dans le camp du Premier ministre, appelé à donner le coup d’envoi de cette nouvelle bataille électorale.

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