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Pension : la Platform Komun Syndikal remet la pression
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Pension : la Platform Komun Syndikal remet la pression
La bataille autour de la pension de vieillesse est loin d’être terminée. La Platform Komun Syndikal (PKS), qui regroupe plusieurs organisations syndicales, compte maintenir la pression sur le gouvernement. Réunis hier dans les locaux de la Fédération des travailleurs unis (FTU), à Port-Louis, les syndicats ont annoncé une manifestation dans la capitale le 17 octobre. Date qui coïncide avec la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.
Pour les syndicalistes, le message est clair : la pension de vieillesse doit redevenir accessible dès l’âge de 60 ans. Ils réclament également le retour au montant de Rs 15 555 en vigueur avant la réforme. Atma Shanto, président de la FTU, a rappelé que la PKS a été créée en 2025, dans le contexte du démantèlement, selon les syndicats, du système des pensions existant. «Les camarades travailleurs sur le terrain demandent quand aura lieu la prochaine activité. Nous n’allons pas laisser cette situation tranquille. La mobilisation va continuer», a-t-il affirmé. Il a également accusé le ministre de la Sécurité sociale, Ashok Subron, de mener une campagne destinée à «manipuler l’opinion publique».
Ashvin Gudday, négociateur de la General Workers Federation, estime pour sa part que les annonces gouvernementales sur la State Age Pension n’ont pas réglé le problème de fond. «Nous avons écouté ce que le gouvernement a fait comme annonces. Mais rien n’a changé. Il y a des précisions après 2029, mais la réalité reste entière : lorsqu’une personne prend sa pension avant 65 ans, elle sera réduite», a-t-il soutenu.
Pour le syndicaliste, cette situation intervient alors que le pouvoir d’achat d’une partie de la population est déjà sous pression. Il a également évoqué les personnes qui n’auraient pas bénéficié de la compensation et estime que le dossier de la pension concerne l’ensemble de la société. «Le combat concerne aussi la jeunesse. Qui voudra prendre sa retraite si on veut constamment repousser cet âge ?», a-t-il demandé.
La PKS entend ainsi élargir sa mobilisation à d’autres problématiques sociales. Ashvin Gudday a notamment évoqué la situation des travailleurs étrangers, qu’il estime exploités, ainsi que celle des quelque 600 employés des casinos sous la tutelle de la State Investment Corporation, qui attendraient depuis près d’un an une rencontre. «Ça bouillonne partout. Il y a un malaise dans la société», a-t-il avancé. La plateforme prévoit ainsi des rencontres régionales afin de sensibiliser la population et de préparer la mobilisation du 17 octobre.
«On dit qu’il n’y a pas d’argent»
Jane Ragoo, secrétaire générale de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé, a, elle, dénoncé ce qu’elle considère comme des incohérences dans les priorités du gouvernement. «On dit qu’il n’y a pas d’argent. Mais un comité d’experts reçoit Rs 800 000 par mois et vient apporter des changements à notre pension. Nous, nous gagnons Rs 15 555 et on nous dit qu’il n’y a pas de cash», a-t-elle dénoncé.
Elle a également cité les dépenses liées à la résidence présidentielle, estimées à Rs 20 millions, ainsi que celles consacrées aux véhicules du Premier ministre, soit Rs 30 millions. Pour Jane Ragoo, ces dépenses contrastent avec les sacrifices demandés à la population. Elle a donné rendez-vous le 17 octobre à 13 heures, devant le Centre Marie-Reine-de-laPaix. «Nous sommes des militants et nous allons rester mobilisés», a-t-elle insisté.
Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress, estime que le choix du 17 octobre n’est pas anodin. «C’est la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Que fait le gouvernement ? Quand on retire la pension de vieillesse, on pousse des personnes vers la pauvreté», a-t-il affirmé.
Il a également critiqué les nouvelles modalités envisagées, qui pourraient, selon lui, réduire la pension de certains futurs retraités tout en leur imposant davantage de stress. «Nous ne demandons pas une pension réduite. Nous demandons le rétablissement du droit des pensionnés à partir de 60 ans», a-t-il martelé.
La PKS veut désormais aller à la rencontre de la population. Des distributions de tracts et des rencontres dans plusieurs villages sont prévues avant le 17 octobre. Au-delà de la pension, les syndicats entendent faire de cette mobilisation un plaidoyer pour la défense de l’État-providence, qu’ils estiment aujourd’hui fragilisé dans plusieurs secteurs, notamment la santé et l’éducation.
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