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Tensions à Sable-Noir
Travailleurs étrangers : le gouvernement veut désamorcer les tensions
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Tensions à Sable-Noir
Travailleurs étrangers : le gouvernement veut désamorcer les tensions
Après l’incident de Sable-Noir et certaines réactions xénophobes sur les réseaux sociaux, le ministre du Travail, Reza Uteem, privilégie l’apaisement. Une enquête est en cours et une étude nationale sera lancée afin de mieux intégrer les travailleurs étrangers à Maurice.
Le gouvernement mise sur l’apaisement. Au lendemain des incidents survenus à Sable-Noir et impliquant des travailleurs migrants, le ministre du Travail, Reza Uteem, affirme avoir demandé à ses officiers de mener une enquête afin d’établir les faits avant toute prise de position. «Concernant l’incident de Sable-Noir, j’ai demandé à mes officiers de mener une enquête et j’attends leur rapport avant de m’exprimer», déclare-t-il. Une manière, selon lui, d’éviter les spéculations dans un dossier qu’il juge particulièrement sensible.
En revanche, Reza Uteem se montre catégorique sur un autre point : il condamne fermement toute dérive xénophobe. «Nous avons besoin des travailleurs étrangers. Ils sont essentiels à l’économie mauricienne», souligne-t-il, rappelant que ces hommes et ces femmes ont quitté leur pays et leur famille pour venir travailler à Maurice, quelle que soit leur nationalité. Au-delà de la gestion immédiate de la crise, le ministre annonce le lancement prochain d’une étude d’envergure en collaboration avec l’Organisation internationale du travail (OIT). Celle-ci portera sur l’impact socio-économique des travailleurs étrangers et formulera des recommandations pour améliorer leur intégration. «Nous ne voulons pas revivre à Maurice ce qui se passe actuellement en Afrique du Sud», prévient-il, en référence aux violences xénophobes qui ont marqué ce pays. L’étude devra notamment mesurer la contribution de la main-d’œuvre étrangère à l’économie, identifier les difficultés d’intégration et proposer des pistes pour renforcer la cohabitation entre travailleurs migrants et communautés locales.
Un dortoir illégal
Reza Uteem révèle également que le dortoir de Sable-Noir, au cœur de la polémique, ne dispose pas des autorisations requises pour accueillir des travailleurs étrangers. «Ils n’ont pas de licence. Ce n’est pas un dortoir autorisé», affirme-t-il. Les propriétaires ont été convoqués par les officiers du ministère afin de fournir leur version des faits, tandis que des poursuites pénales ne sont pas exclues. Le ministre prévient en outre que, tant que la situation ne sera pas régularisée, l’entreprise concernée ne pourra obtenir l’autorisation d’accueillir de nouveaux travailleurs étrangers.
Pour Fayzal Ally Beegun, il est urgent de déconstruire les préjugés qui alimentent les tensions. Le syndicaliste rappelle que les travailleurs étrangers occupent souvent des emplois délaissés par la maind’œuvre locale et insiste sur la nécessité de les traiter «avec le respect qui leur est dû». Il estime qu’une campagne nationale de sensibilisation permettrait de mieux faire comprendre leur rôle dans plusieurs secteurs de l’économie.
De son côté, Ashvin Gudday, de la General Workers Federation, appelle à préserver un équilibre entre la protection des travailleurs mauriciens et celle des migrants. Selon lui, «de petits incidents ne doivent jamais dégénérer en conflit communautaire». Il plaide pour un meilleur encadrement des dortoirs, un renforcement des inspections du ministère du Travail et une responsabilisation accrue des employeurs. Même son de cloche du côté du président de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé, Reeaz Chuttoo, qui estime que la réponse ne peut être uniquement sécuritaire.
Malgré des approches parfois différentes sur la régulation du marché du travail, gouvernement et syndicats convergent sur un point essentiel : Maurice continuera d’avoir besoin de travailleurs étrangers. Le défi consiste désormais à garantir leur intégration tout en préservant la paix sociale et le vivre-ensemble.
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