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Sécurité et argent public
Controverse autour des berlines des PM
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Sécurité et argent public
Controverse autour des berlines des PM
Navin Ramgoolam a reconnu hier avoir eu un échange quelque peu houleux avec la presse concernant la nouvelle BMW. Photo: Sumeet Mudhoo.
Il n’a pas affronté les journalistes, mais il a parlé d’eux. Au lendemain d’une sortie particulièrement virulente contre la presse lors de la Passing Out Parade des 360 nouvelles recrues de la force policière, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, était de nouveau sous les projecteurs hier à Solitude, Triolet.
Il a choisi d’éviter les questions de la presse après la fonction, mais dans son discours, il est revenu spontanément sur l’épisode de la veille. «Yer mo pe koz ar 2, 3 zournalis. Zot pann kontan manier monn koze. Sa se zot problem, pa mo problem», a-til déclaré. Une manière de reconnaître, à demi-mot, que le ton employé samedi avait, sans doute, dépassé sa pensée.
«Saret bef»
La veille, interrogé sur sa nouvelle voiture blindée, dont le coût est estimé à Rs 30 millions, le Premier ministre avait sèchement répondu : «Fer la ont. La ont sa bann zournalis ki koze-la.» Il avait défendu ce choix au nom de la sécurité, citant les deux attentats visant sir Anerood Jugnauth. Questionné sur les critiques sur les économies de l’État et l’appel du gouvernement à faire des sacrifices : «Sakrifis savedir mo fer Premie minis marse pran saret bef. Fer li marse al travay?» Pour Jocelyn Chan Low, cette séquence s’inscrit dans un schéma déjà observé par le passé. «Quand un gouvernement se sent acculé, il a tendance à avoir ce genre de réponse. Ce n’est pas juste une erreur de communication, mais c’est aussi le stress qu’il y a sur les membres du gouvernement, car il y a un mécontentement général dans le pays.» Selon l’observateur politique, la presse devient alors un bouc émissaire.
«La presse ne fait que véhiculer ce que pense le peuple», rappelle-t-il, estimant que le phénomène n’est pas nouveau. «C’est du déjà-vu sitou-la, terin pe glise.» La sortie de dimanche, plus maîtrisée, ne marque donc pas forcément la fin de la séquence. Elle traduit surtout un changement de ton. Après la colère, place au recul. Reste à voir si ce recul sera durable, alors que le gouvernement fait face à des attentes croissantes et à un climat de mécontentement que Jocelyn Chan Low décrit comme de plus en plus perceptible.
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Une éternelle polémique

Ce n’est pas la première fois que l’acquisition de voitures officielles fait polémique. Le dossier avait déjà fait grand bruit en 2025, après une question parlementaire du député Kevin Lukeeram sur les dépenses engagées pour les véhicules destinés aux anciens membres du gouvernement.
Les chiffres communiqués avaient alors révélé que Rs 161,2 millions avaient été dépensées entre janvier 2015 et novembre 2024 pour l’achat de 44 véhicules officiels destinés à d’anciens Premiers ministres et ministres. Deux acquisitions avaient particulièrement retenu l’attention : deux BMW 760Li, l’une achetée en novembre 2016 pour feu sir Anerood Jugnauth à Rs 21,6 millions et l’autre en octobre 2021 pour Pravind Jugnauth à Rs 19,5 millions. Soit Rs 41,1 millions pour deux véhicules.
Parmi les autres acquisitions figuraient notamment un BMW X5 à Rs 5 millions pour Steven Obeegadoo et une Audi e-tron à Rs 4,2 millions pour Anjiv Ramdhany. Le dossier avait également soulevé des interrogations sur le renouvellement de certains véhicules ministériels, notamment au ministère de la Fonction publique.
À l’époque, Navin Ramgoolam avait aussi démenti les rumeurs selon lesquelles son gouvernement aurait acheté une nouvelle voiture de fonction à plus de Rs 20 millions.
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