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La SIC sous pression
Six cents familles toujours dans le flou, la Casino Employees Union manifeste
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La SIC sous pression
Six cents familles toujours dans le flou, la Casino Employees Union manifeste
La mobilisation ne faiblit pas. L’avenir de quelque 600 travailleurs des casinos placés sous l’égide de la State Investment Corporation (SIC) est en suspens, alors que le processus entourant leur éventuelle restructuration ou privatisation continue d’alimenter les inquiétudes.
Hier, les membres de la Casino Employees Union (CEU), accompagnés de leurs négociateurs de la General Workers Federation (GWF), se sont regroupés devant le Parlement puis devant les locaux de la SIC pour faire entendre leurs revendications.
À Port-Louis, les pancartes brandies par les manifestants résumaient leur colère. «Move zestion par bann nomine politik… Se travayer ki pey les pots cassés» ou encore «Koze mam, lakes vid, promosion vinn rezerve pou ti kopin», pouvait-on lire ça et là.
Au-delà des slogans, le syndicat réclame surtout une réponse à une question qui reste, selon lui, sans réponse : de quoi sera fait l’avenir des employés des casinos ? «Ces travailleurs peuvent du jour au lendemain se retrouver sur le pavé», affirme Ashvin Gudday, négociateur de CEU. Il dénonce le lancement d’appels d’offres pour une privatisation, sans consultation des syndicats.
Il met en cause la gouvernance des casinos et dénonce ce qu’il qualifie d’ingérence politique persistante. «On dénonce la mauvaise gouvernance, l’ingérence politique depuis longtemps, qui continue même sous ce gouvernement», soutient-il. Il évoque aussi des promotions en interne, alors que les employés sont toujours dans l’incertitude.
La CEU affirme avoir sollicité à plusieurs reprises une rencontre avec le Premier ministre (PM) et ministre des Finances, Navin Ramgoolam. Objectif: présenter ses propositions sur la restructuration.
Pour Ashvin Gudday, la privatisation ne constitue pas nécessairement la solution. Elle pourrait, selon lui, provoquer des «drames humains», notamment en cas de suppression d’emplois. Il rappelle que certains employés comptent 30 à 40 années de service et pourraient peiner à retrouver un emploi. «On demande donc une transparence et une clarté sur l’avenir des 600 travailleurs», insiste-t-il.
Appel d’offres international
Sharvin Sunassee, également négociateur de la CEU, s’attarde, lui, sur le processus d’appel d’offres international. Selon lui, des compagnies auraient manifesté leur intérêt pour reprendre les activités des casinos.
Il estime que le syndicat aurait dû être associé, invoquant les conventions internationales du travail ratifiées par Maurice, qui imposent un dialogue avec les représentants des travailleurs. «Le processus est déjà enclenché avec l’appel d’offres et les bidders, mais le management n’est pas intéressé à rencontrer le syndicat ni même à négocier», déplore-t-il.
La CEU se dit néanmoins disposée à reprendre le dialogue. «Nous sommes toujours prêts à négocier avec le management», affirme Sharvin Sunassee. À défaut de discussions, le syndicat menace de saisir les instances internationales compétentes afin de faire état de ce qu’il considère comme des manquements aux obligations en matière de dialogue social.
Cette contestation survient dans un contexte financier préoccupant pour les casinos de la SIC. Le PM avait récemment évoqué au Parlement une dette d’environ Rs 1,9 milliard, ainsi que les emprunts contractés par la SIC pour assurer la continuité des opérations. Selon lui, ce mécanisme pourrait atteindre ses limites : la SIC devra recourir davantage à l’emprunt pour couvrir ses déficits, avec des répercussions sur la dette publique.
Pour les employés et leur syndicat, une chose est certaine : derrière les chiffres et les décisions de restructuration se trouvent 600 familles qui attendent de savoir de quoi demain sera fait.
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