Publicité
Éco-Éducation
Stéphanie Jacquin : «Le plus gros challenge reste la recherche de financement»
Par
Partager cet article
Éco-Éducation
Stéphanie Jacquin : «Le plus gros challenge reste la recherche de financement»
Stéphanie Jacquin, manager de l’association We-Recycle.
Après deux années à consolider des liens solides avec les écoles publiques, We-Recycle lance un appel au secteur privé pour pérenniser le projet «Coco et le Cateau vert» centré sur la sensibilisation au tri des déchets et la préservation de la planète. L’objectif de Stéphanie Jacquin, manager de l’organisation non gouvernementale : intervenir auprès de 19 000 élèves du primaire en 2027, en déployant 13 éco-éducateurs à travers le pays.
⚫ De 19 écoles en 2023, We-Recycle a inclus 255 établissements scolaires en 2026. Quels ont été les principaux challenges de ce développement majeur pour le programme de sensibilisation à l’écologie ?
Le plus gros challenge reste la recherche de financement. Depuis deux ans, nous sommes épaulés dans cette mission de fundraising par la plateforme Small Step Matters. En 2023, nous avions débuté avec un nombre restreint d’écoles, sur un mode pilote. À l’époque, nous touchions les enfants de tous les Grades, donc de 1 à 6.
Mais nous nous sommes rendu compte que bien qu’il soit ludique, le programme ne l’était pas assez pour retenir l’attention des plus petits. Pour nous assurer d’un meilleur impact en matière de conscientisation, We-Recycle s’est recentré sur les élèves des Grades 5 et 6, uniquement. Et vraiment, nous constatons que les élèves doivent démontrer une certaine maturité pour comprendre et assimiler les notions, sur deux sessions, l’une pour le Grade 5 et l’autre pour le Grade 6.
⚫ Quelles notions sont abordées justement par le syllabus illustré par l’histoire de «Coco et le Cateau Vert» ?
Nos 13 éco-éducateurs inculquent les bons gestes du tri des déchets par des exercices pratiques. Depuis 2024, presque toutes les écoles publiques ont la chance de disposer de poubelles différenciées permettant de séparer les déchets recyclables, les déchets organiques et ceux génériques. Ces poubelles sont un cadeau de l’entreprise PIM Recycling.
Pour en revenir au programme dispensé par les éco-éducateurs, il couvre les impacts nocifs de la pollution sur la faune, la flore et sur la santé des humains et des animaux. Nos écoéducateurs expliquent aussi les petits gestes synonymes d’économie d’énergie à la maison ou à l’école, afin de préserver les ressources. Nous attendons des enfants qu’ils deviennent des ambassadeurs en herbe de la cause écologique dans leur cercle proche (amis, famille, voisins…), y compris auprès des adultes.
⚫ Prenez-vous en compte le «feedback» des écoles ?
Oui, il est systématique pour chaque classe, chaque établissement… afin d’établir un rapport de suivi et d’évaluation le plus complet possible et d’orienter nos projets. Parmi les demandes les plus fréquentes : celle de développer davantage de contenus en créole et aussi d’organiser des sorties extrascolaires pour voir le tri en action. Ce sera possible au sein de notre micro-usine nomade Plastiloop qui sillonnera le pays. Actuellement sur le parking de Cœur de Ville Tamarin, Plastiloop va rejoindre Mont-Choisy Mall, fin octobre.
Dès que les écoles seront en mesure d’organiser des excursions, nous serons ravis d’accueillir les enseignants et les élèves pour visiter notre microusine et voir comment se fait le recyclage. L’installation est par ailleurs ouverte aux citoyens en général, petits et grands, pour leur montrer comment il est possible de valoriser même les déchets «contaminés» tels que les pots de yaourt contenant encore des restes de nourriture en vue d’en faire des plaques. Une seconde vie se dessinera ensuite pour ces matériaux amenés à devenir du mobilier par exemple.
⚫ Est-ce que selon vous les jeunes garderont en tête les bons gestes du tri des déchets en l’absence actuellement d’un système national de logistique permettant l’implémentation du tri à la source auprès des ménages ?
Je reste optimiste quant au fait que ce système national va venir. Le tri à la source sera forcément implémenté à Maurice, considérant que le landfill est saturé. Il faudra recourir à d’autres alternatives que l’enfouissement. Mais We-Recycle ne peut pas se prononcer sur quand cela sera mis en place par le gouvernement. La loi est votée. Un premier pas déjà.
⚫ Le projet de sensibilisation est-il ouvert à d’autres écoles, à part les établissements publics ?
Cette année, nous avons lancé le programme auprès des adolescents de deux centres d’éducation alternative ANFEN, à savoir To Rev Nou Vision à Beau-Bassin et Étoile de Mer à RochesNoires. Nous avions touché deux autres écoles ANFEN en 2025. Et We-Recycle est ouvert à tout type de collaboration, dépendant des financements, pour toucher davantage de jeunes.
⚫ Y compris jusqu’à Rodrigues ?
Pour l’instant, We-Recycle n’a pas travaillé avec les établissements scolaires rodriguais, mais pourquoi pas ? Cela pourrait se faire un jour, dépendant des financements disponibles et de l’enthousiasme d’éventuels éco-éducateurs sur place. Mais je ne doute pas de l’intérêt des Rodriguais pour ce programme.
⚫ À ce jour, la pérennité du programme dans les écoles pour la rentrée de janvier 2027 n’est pas assurée. Un appel est lancé ?
Oui, nous sommes à la recherche d’un ou plusieurs sponsors, pour une campagne en partenariat avec Small Step Matters d’un montant total de 1,8 million de roupies pour couvrir l’ensemble des 255 écoles primaires publiques et 19 000 élèves. C’est un projet CSR à forte visibilité pour un sponsor du secteur privé, qui souhaiterait se positionner davantage dans le domaine du développement durable. Investir sur la jeunesse pour préserver l’avenir du pays, c’est primordial aujourd’hui quand on constate l’état de nos plages, de nos lagons, de nos forêts… Le plastique est omniprésent dans la nature. Mais la sensibilisation progresse, en 2025, We-Recycle a collecté : 24 tonnes de plastique et une tonne de cannettes, seulement dans le district de Rivière-Noire !
Pour soutenir ce projet : [email protected]
*****
Comment soutenir ce projet d’éco-éducation ?
Citoyens et entreprise sont appelés à investir ensemble pour l’avenir de la planète et pour une île Maurice durable. Comment faire le premier pas ?
• Par juice - Small Step Matters est accessible via Pay a Merchant. Référence : We Recycle
• Par virement - Numéro de compte MCB - Small Step Matters : 000444289887. Référence avec le virement : We Recycle
• Pour les contributions CSR, contact : [email protected]
*****
Parole d’éco-éducatrice | Janique Ricaud-Laval : «Les enfants sont encore plus sensibles que les adultes aux dégâts causés par la pollution»

«Avec deux autres éco-éducatrices, nous couvrons un grand territoire géographique allant de Savanne à Grand-Port, puis vers Curepipe, soit plus d’une trentaine d’établissements scolaires. Partout, nous recevons un accueil chaleureux des enseignants, comme des élèves. Je suis convaincue que les enfants sont encore plus sensibles que les adultes aux dégâts causés par la pollution. Par exemple, nous leur parlons des animaux comme les tortues étouffées par les sacs en plastique, qu’ils prennent pour de la nourriture. Nous montrons aussi les conséquences pour la santé des humains, à cause des poissons qui ingèrent des microparticules de plastique ou encore les fruits et les légumes qui poussent dans une terre contaminée par les microplastiques. Avant même d’être recrutée par We-Recycle comme écoéducatrice, j’avais déjà un intérêt particulier pour la protection de la nature et j’organisais des clean-ups pour sensibiliser les enfants à la quantité de déchets qui nous entourent. Le message central, c’est que chacun peut agir à son niveau en adoptant les 3 R dans sa vie quotidienne : Réduire, Réutiliser, Recycler. Même les plus jeunes.»
Publicité
Publicité
Les plus récents