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Investissements directs étrangers
Maurice reste attractive, mais toujours dépendante de l’immobilier et de la finance
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Investissements directs étrangers
Maurice reste attractive, mais toujours dépendante de l’immobilier et de la finance
L’immobilier demeure de loin le principal bénéficiaire des capitaux étrangers avec Rs 21,3 milliards en 2025.
Les investissements directs étrangers (IDE) continuent d’affluer vers Maurice, après une année 2025 particulièrement dynamique. Les flux bruts d’IDE, hors Global Business, ont atteint Rs 48 milliards en 2025, contre Rs 33 milliards en 2024 et Rs 37milliards en 2023. La tendance reste positive en ce début d’année : presque Rs 6 milliards ont été enregistrées au premier trimestre 2026, selon les données préliminaires de la Banque de Maurice. Le niveau de 2025 marque ainsi une progression de près de 46 % sur un an et constitue le montant annuel le plus élevé de la période récente.
Le contraste avec les années de pandémie est particulièrement frappant. Les IDE étaient tombés à Rs 17 milliards en 2020, après Rs 22 milliards en 2019. Ils ont progressivement repris à partir de 2021, pour atteindre Rs 18,5 milliards, avant de franchir le seuil des Rs 33 milliards en 2022. La remontée enregistrée depuis traduit le retour des grands projets et un regain d’intérêt des investisseurs internationaux pour Maurice. Cette attractivité reste toutefois fortement concentrée dans quelques activités. L’immobilier demeure de loin le principal bénéficiaire des capitaux étrangers, avec Rs 21,3 milliards en 2025. Ce montant représente environ 45% du total des IDE. Les dispositifs destinés aux investisseurs étrangers – IRS, RES, IHS, PDS et Smart City Scheme – en constituent une composante majeure, avecRs 17,17 milliards en 2025. Au premier trimestre 2026, l’immobilier a déjà attiré Rs 4,36 milliards, dont Rs 2,77 milliards à travers ces différents régimes.
Finance et assurance en tête
L’autre grande surprise de 2025 est venue des activités financières et d’assurance, qui ont capté Rs 18,66 milliards, contre moins de Rs 1 milliard en 2024. Avec l’immobilier, elles ont ainsi absorbé plus de 83 % des IDE de l’année. Cette concentration illustre le positionnement de Maurice comme centre de services et plateforme financière internationale, mais pose également la question de la diversification des investissements vers des secteurs plus productifs et générateurs d’emplois.
Les autres secteurs restent très loin derrière. Celui lié à «l’électricité, le gaz et la climatisation» a attiré environ Rs 1,04 milliard en 2025, l’information et la communication Rs 985 millions, l’agriculture Rs 807 millions et les activités professionnelles, scientifiques et techniques quelque Rs 277 millions. Le secteur manufacturier, qui avait bénéficié de Rs 2,58 milliards d’IDE en 2020, n’a attiré que Rs 38 millions en 2025. Au premier trimestre 2026, les investissements restent dominés par l’immobilier, loin devant l’électricité, le gaz et la finance.
L’origine des capitaux confirme également la forte présence des économies développées. En 2025, le Royaume-Uni s’est imposé comme le premier investisseur avec Rs 19,45 milliards, devant la France avec Rs 8,9 milliards et l’Afrique du Sud avec Rs 2,98 milliards. Suivent la Suisse avec Rs 736 millions, l’Allemagne avec Rs 1,19 milliard et les États-Unis avec Rs 1,13 milliard. Dans l’ensemble, les pays développés ont représenté Rs 34,73 milliards, soit plus de 72 % des flux. L’Europe, à elle seule, a contribué à hauteur de Rs 33,45 milliards.
Au premier trimestre 2026, la hiérarchie est différente. La France arrive largement en tête avec Rs 2,19 milliards, soit près de 37 % des IDE enregistrés durant les trois premiers mois de l’année. Le Royaume-Uni représente environ Rs 200 millions et l’Afrique du Sud Rs 491 millions. Une part importante, soit Rs 1,22 milliard, apparaît toutefois comme non spécifiée, ce qui limite la portée d’une comparaison précise entre les pays d’origine.
Les chiffres montrent donc une économie toujours capable d’attirer des capitaux étrangers en volumes importants. Mais ils mettent aussi en évidence un défi : transformer l’attractivité financière et immobilière en investissements davantage orientés vers la technologie, l’industrie, les services à forte valeur ajoutée et les activités exportatrices. La progression des IDE est une bonne nouvelle pour l’économie, mais leur concentration sectorielle, selon les spécialistes, montre que Maurice doit encore franchir une étape pour faire de l’investissement étranger un véritable moteur de diversification et de transformation économique.
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