Publicité
Fillin
Navin Ramgoolam place la sécurité énergétique au cœur du nouveau chapitre pétrolier mauricien
Par
Partager cet article
Fillin
Navin Ramgoolam place la sécurité énergétique au cœur du nouveau chapitre pétrolier mauricien
Le secteur pétrolier mauricien ouvre un nouveau chapitre. Lors du lancement de Fillin, nouvelle identité du réseau de distribution de carburants repris par Beta Oil Terminal Limited, ce vendredi 21 août, le Premier ministre, Navin Ramgoolam a placé la sécurité énergétique, la résilience nationale et la montée en puissance de l’entrepreneuriat mauricien au centre de son discours.
Pour le chef du gouvernement, cette opération dépasse largement le simple cadre d’un changement de marque. «Ceci est plus qu’un changement d’identité corporative. C’est aussi l’occasion de réfléchir à une industrie qui soutient presque tous les aspects de notre économie et de notre vie quotidienne», a-t-il déclaré. Navin Ramgoolam a salué l’histoire et la contribution de l’ancien réseau, tout en présentant l’arrivée de Beta Oil comme un événement d’importance nationale. Il a notamment souligné qu’il s’agit désormais du premier réseau de distribution de carburants entièrement détenu par des intérêts mauriciens.
Le Premier ministre a rendu hommage au Bhunjun Group, estimant que son parcours illustre la capacité des entrepreneurs locaux à évoluer dans des secteurs de plus en plus complexes. D’un groupe créé dans les années 1960 comme entreprise de construction, celui-ci s’est progressivement diversifié dans l’immobilier, les matériaux de construction, l’hôtellerie, le transport maritime, la logistique, le bunkering et désormais la distribution de carburants.
Le spectre du Betamax
Le discours de Navin Ramgoolam a toutefois pris une tournure nettement politique lorsqu’il a évoqué ce qu’il considère comme les difficultés auxquelles le groupe Bhunjun aurait été confronté sous le précédent gouvernement.
«Je ne souhaite pas m’attarder sur le passé. Mais je ne peux pas m’empêcher de parler de la persécution du groupe Bhunjun par le dernier gouvernement», a-t-il lancé, avant d’évoquer une période qu’il a qualifiée de «harcèlement systématique, d’humiliation et d’hostilité manifeste».
Le Premier ministre a ensuite relié cette question à celle de la sécurité énergétique du pays et au dossier Betamax. Il a rappelé que l’État avait dû verser des dommages de plusieurs milliards de roupies à la suite de cette affaire.
Navin Ramgoolam a également reproché à l’ancien régime d’avoir mis fin au contrat conclu avec Mangalore Refinery and Petrochemicals Limited (MRPL), alors qu’il affirme avoir lui-même engagé des discussions avec l’ancien Premier ministre indien, Manmohan Singh, dès 2006 afin de garantir l’approvisionnement énergétique de Maurice.
Un accord stratégique avec l’Inde
La sécurité de l’approvisionnement a constitué l’un des principaux axes de son intervention. Le Premier ministre a rappelé que Maurice importe la totalité de ses produits pétroliers et qu’une rupture d’approvisionnement pourrait avoir des conséquences majeures sur l’économie.
Il a ainsi mis en avant les discussions qu’il a eues avec le Premier ministre indien, Narendra Modi, notamment lors de sa visite d’État en Inde en 2025 et du sommet sur l’intelligence artificielle à New Delhi en février 2026. Ces démarches ont abouti à la signature, la veille du lancement, de deux instruments avec l’Inde : un protocole d’accord portant sur la coopération dans le secteur pétrolier et gazier, ainsi qu’un accord de vente et d’achat à long terme entre la State Trading Corporation et Indian Oil.
Ces accords concernent notamment l’approvisionnement en essence, diesel, carburant d’aviation et marine gas oil.
«La signature de ces deux accords est d’une importance stratégique pour Maurice. Elle permettra avant tout de sauvegarder notre sécurité énergétique et de renforcer la résilience de notre économie», a insisté Navin Ramgoolam.
Plus de Rs 5 par litre absorbées
Le Premier ministre a également abordé la pression exercée actuellement sur les prix internationaux du pétrole. Il a expliqué que le mécanisme de stabilisation des prix permet d’amortir les fluctuations internationales afin d’éviter que les consommateurs ne subissent immédiatement et intégralement les hausses. Selon lui, lorsque le gouvernement est arrivé au pouvoir en novembre 2024, le compte de stabilisation affichait un déficit d’environ Rs 3,2 milliards. Des décisions auraient ensuite permis d’améliorer cette situation, mais les tensions géopolitiques récentes ont de nouveau aggravé le déficit.
Aujourd’hui, a-t-il indiqué, le mécanisme absorbe plus de Rs 5 sur chaque litre d’essence et près de Rs 14 sur chaque litre de diesel vendu à Maurice. «Les pays ne construisent pas leur résilience pendant une crise. Ils découvrent s’ils ont investi dans la résilience avant que la crise ne commence», a lancé le Premier ministre, livrant l’une des phrases fortes de son discours.
Rs 1 milliard pour cinq nouvelles cuves
Autre annonce majeure de la soirée : un investissement de Rs 1 milliard dans cinq nouvelles cuves de stockage de carburant. Ce projet vient renforcer la capacité de stockage du pays et s’inscrit dans cette stratégie de sécurisation de l’approvisionnement énergétique. Pour le gouvernement, les infrastructures de stockage constituent un élément essentiel de la résilience nationale, particulièrement dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Vers la station-service du futur
Navin Ramgoolam a également projeté le secteur dans l’avenir. Selon lui, l’essor des énergies renouvelables, de la mobilité électrique, de la digitalisation et de l’intelligence artificielle ne signifie pas la disparition immédiate du pétrole, mais une transformation progressive de l’industrie. Les stations-service pourraient ainsi devenir de véritables pôles de mobilité et de services, combinant carburants traditionnels, bornes de recharge électrique, paiements numériques, commerces et services destinés aux particuliers comme aux flottes.
Le Premier ministre estime que Fillin dispose d’une véritable opportunité pour accompagner cette transformation. Maurice pourrait également, selon lui, renforcer son positionnement comme centre régional pour la logistique pétrolière, le bunkering maritime, le carburant d’aviation et, à terme, les carburants durables, grâce à sa position stratégique sur les routes maritimes reliant l’Afrique, l’Asie et l’Europe.
En conclusion, Navin Ramgoolam a salué la résilience du groupe Bhunjun et son passage dans ce nouveau secteur stratégique. «Notre plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de nous relever chaque fois que nous tombons», a-t-il déclaré, avant de féliciter Veekram Bhunjun, le conseil d’administration, la direction, les employés et les partenaires de Beta Oil Terminal Limited.
Avec Fillin, le groupe Bhunjun entend désormais inscrire son empreinte dans un secteur où l’enjeu dépasse le commerce : il s’agit de garantir l’énergie qui fait fonctionner le pays.
La sécurité énergétique au cœur du nouveau chapitre pétrolier mauricien
Le secteur pétrolier mauricien ouvre un nouveau chapitre. Lors du lancement de Fillin, nouvelle identité du réseau de distribution de carburants repris par Beta Oil Terminal Limited, le Premier ministre Navin Ramgoolam a placé la sécurité énergétique, la résilience nationale et la montée en puissance de l’entrepreneuriat mauricien au centre de son discours.
Pour le chef du gouvernement, cette opération dépasse largement le simple cadre d’un changement de marque. «Ceci est plus qu’un changement d’identité corporative. C’est aussi l’occasion de réfléchir à une industrie qui soutient presque tous les aspects de notre économie et de notre vie quotidienne», a-t-il déclaré. Navin Ramgoolam a salué l’histoire et la contribution de l’ancien réseau, tout en présentant l’arrivée de Beta Oil comme un événement d’importance nationale. Il a notamment souligné qu’il s’agit désormais du premier réseau de distribution de carburants entièrement détenu par des intérêts mauriciens.
Le Premier ministre a rendu hommage au Bhunjun Group, estimant que son parcours illustre la capacité des entrepreneurs locaux à évoluer dans des secteurs de plus en plus complexes. D’un groupe créé dans les années 1960 comme entreprise de construction, celui-ci s’est progressivement diversifié dans l’immobilier, les matériaux de construction, l’hôtellerie, le transport maritime, la logistique, le bunkering et désormais la distribution de carburants.
Le spectre du Betamax
Le discours de Navin Ramgoolam a toutefois pris une tournure nettement politique lorsqu’il a évoqué ce qu’il considère comme les difficultés auxquelles le groupe Bhunjun aurait été confronté sous le précédent gouvernement.
«Je ne souhaite pas m’attarder sur le passé. Mais je ne peux pas m’empêcher de parler de la persécution du groupe Bhunjun par le dernier gouvernement», a-t-il lancé, avant d’évoquer une période qu’il a qualifiée de «harcèlement systématique, d’humiliation et d’hostilité manifeste».
Le Premier ministre a ensuite relié cette question à celle de la sécurité énergétique du pays et au dossier Betamax. Il a rappelé que l’État avait dû verser des dommages de plusieurs milliards de roupies à la suite de cette affaire.
Navin Ramgoolam a également reproché à l’ancien régime d’avoir mis fin au contrat conclu avec Mangalore Refinery and Petrochemicals Limited (MRPL), alors qu’il affirme avoir lui-même engagé des discussions avec l’ancien Premier ministre indien, Manmohan Singh, dès 2006 afin de garantir l’approvisionnement énergétique de Maurice.
Un accord stratégique avec l’Inde
La sécurité de l’approvisionnement a constitué l’un des principaux axes de son intervention. Le Premier ministre a rappelé que Maurice importe la totalité de ses produits pétroliers et qu’une rupture d’approvisionnement pourrait avoir des conséquences majeures sur l’économie.
Il a ainsi mis en avant les discussions qu’il a eues avec le Premier ministre indien, Narendra Modi, notamment lors de sa visite d’État en Inde en 2025 et du sommet sur l’intelligence artificielle à New Delhi en février 2026.
Ces démarches ont abouti à la signature, la veille du lancement, de deux instruments avec l’Inde : un protocole d’accord portant sur la coopération dans le secteur pétrolier et gazier, ainsi qu’un accord de vente et d’achat à long terme entre la State Trading Corporation et Indian Oil.
Ces accords concernent notamment l’approvisionnement en essence, diesel, carburant d’aviation et marine gas oil. «La signature de ces deux accords est d’une importance stratégique pour Maurice. Elle permettra avant tout de sauvegarder notre sécurité énergétique et de renforcer la résilience de notre économie», a insisté Navin Ramgoolam.
Plus de Rs 5 par litre absorbées
Le Premier ministre a également abordé la pression exercée actuellement sur les prix internationaux du pétrole. Il a expliqué que le mécanisme de stabilisation des prix permet d’amortir les fluctuations internationales afin d’éviter que les consommateurs ne subissent immédiatement et intégralement les hausses. Selon lui, lorsque le gouvernement est arrivé au pouvoir en novembre 2024, le compte de stabilisation affichait un déficit d’environ Rs 3,2 milliards. Des décisions auraient ensuite permis d’améliorer cette situation, mais les tensions géopolitiques récentes ont de nouveau aggravé le déficit.
Aujourd’hui, a-t-il indiqué, le mécanisme absorbe plus de Rs 5 sur chaque litre d’essence et près de Rs 14 sur chaque litre de diesel vendu à Maurice. «Les pays ne construisent pas leur résilience pendant une crise. Ils découvrent s’ils ont investi dans la résilience avant que la crise ne commence», a lancé le Premier ministre, livrant l’une des phrases fortes de son discours.
Rs 1 milliard pour cinq nouvelles cuves
Autre annonce majeure de la soirée : un investissement de Rs 1 milliard dans cinq nouvelles cuves de stockage de carburant. Ce projet vient renforcer la capacité de stockage du pays et s’inscrit dans cette stratégie de sécurisation de l’approvisionnement énergétique. Pour le gouvernement, les infrastructures de stockage constituent un élément essentiel de la résilience nationale, particulièrement dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Vers la station-service du futur
Navin Ramgoolam a également projeté le secteur dans l’avenir. Selon lui, l’essor des énergies renouvelables, de la mobilité électrique, de la digitalisation et de l’intelligence artificielle ne signifie pas la disparition immédiate du pétrole, mais une transformation progressive de l’industrie.
Les stations-service pourraient ainsi devenir de véritables pôles de mobilité et de services, combinant carburants traditionnels, bornes de recharge électrique, paiements numériques, commerces et services destinés aux particuliers comme aux flottes.
Le Premier ministre estime que Fillin dispose d’une véritable opportunité pour accompagner cette transformation. Maurice pourrait également, selon lui, renforcer son positionnement comme centre régional pour la logistique pétrolière, le bunkering maritime, le carburant d’aviation et, à terme, les carburants durables, grâce à sa position stratégique sur les routes maritimes reliant l’Afrique, l’Asie et l’Europe.
En conclusion, Navin Ramgoolam a salué la résilience du groupe Bhunjun et son passage dans ce nouveau secteur stratégique. «Notre plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de nous relever chaque fois que nous tombons», a-t-il déclaré, avant de féliciter Vikram Bhunjun, le conseil d’administration, la direction, les employés et les partenaires de Beta Oil Terminal Limited.
Avec Fillin, le groupe Bhunjun entend désormais inscrire son empreinte dans un secteur où l’enjeu dépasse le commerce : il s’agit de garantir l’énergie qui fait fonctionner le pays.
Publicité
Publicité
Les plus récents