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Des dessous financiers

L’économie est l’enjeu majeur mais quid de l’économie… Souterraine ?

21 août 2026, 22:00

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L’économie est l’enjeu majeur mais quid de l’économie… Souterraine ?

Deux thèmes sont devenus prioritaires dans la presse. D’abord, les caricatures humoristiques qui font le bonheur des lecteurs. Ne cherchez pas l’humour dans la classe politique, nos politiciens l’ayant en horreur. Ensuite, l’économie est devenue la priorité des priorités. Ce phénomène a même engendré des magazines entièrement consacrés à l’économie. Même le citoyen lambda s’est habitué à des termes comme PIB, déficit commercial, inflation... Dife dan lanka.

Mais il est une économie que l’on décortique moins souvent. Celle parallèle ou souterraine que des économistes abordent du bout des lèvres. Selon certains, elle s’élèverait à... Rs 200 milliards. A la nou tom sek! Jouons au citoyen lambda qui tenterait de rassembler toutes les pièces de ce puzzle... parallèle.

Les malls

En peu de temps, les malls sont apparus dans notre paysage économique. Quelle devanture pour le pays malgré notre économie vacillante après les crevasses héritées de l’ancien régime et les tentatives dilatoires du nouveau pour redresser la barre sans toutefois renoncer à certaines dépenses inutiles. Faisons une promenade dans ces grands complexes commerciaux.

La présence de grandes enseignes internationales ne passe pas inaperçue dans le domaine des vêtements de luxe. De beaux costumes ou chemises à des prix pas très abordables par monsieur Tout-le-monde. La location de tels emplacements dans ces malls atteint des sommets. L’observateur constate que peu de clients osent y pénétrer et les achats semblent rares. Mais alors comment tiennent-ils le coup ou le... coût ? Quel équilibre entre pertes et profits ? Ça dépasse notre petite tête.

Nos grands magasins locaux qui s’y installent semblent mieux se porter. Quant à nos petits magasins le long des routes principales, ils souffrent de la concurrence des petits colis comme ceux de Temu et même des collines de vêtements encombrant les trottoirs des marchands dits ambulants. Me zot bouz fix !

Socle de cette économie

Il est à n’en pas douter le trafic des drogues. Nous apprenons qu’il y a de plus en plus d’énormes saisies de drogues et de fortes sommes en liquidité. Enn pake dite! Ce ne serait que le bout de l’iceberg tant ce marché tentaculaire rapporte gros. On découvre seulement maintenant les speedboats faisant l’aller-retour entre La Réunion et Maurice. Hélas, notre marine d’intervention est modeste. Modi au secours ! Ces drogues sont parfois produites localement comme le cannabis. D’autres entrent au pays par le port ou l’aéroport. Des lieux de trafic aussi intenses que la corruption (des corps en... éruption). Tous les échelons seraient gangrenés. Les barons palpent des millions mais encore faut-il les blanchir, les recycler dans des flux financiers légaux.

Cet argent sale s’écoulerait dans des canaux propres via, selon les dires, des investissements dans l’immobilier, des sociétés-écrans (manz pistas get sinema), des prête-noms, des valises de transit ou alors sont expédiés dans certains paradis fiscaux. Ces astuces venues des bas-fonds nous passent au-dessus de nos petites têtes. La machine à laver, ou plutôt à blanchir, fonctionne à merveille.

Signes extérieurs de richesse

Changeons de trottoir pour nous intéresser à l’évasion fiscale. Officiellement, 277 000 déclarations sont soumises à la Mauritius Revenue Authority pour une collecte de Rs 174 milliards. Cette dernière fait la chasse à ceux qui tentent d’échapper à ses fourches mais, pourtant, ils seraient nombreux ceux qui échappent à cet échafaud... sélectif.

Passons sur le menu fretin (marsan dal pouri ou confit de saison) pour évoquer le cas de certaines professions libérales (médecins, avocats...) qui exigent d’être payés cash. Les conséquences sont flagrantes. Certains commerçants ou restaurateurs sont allergiques au système Juice. Du cash please.

Sinon, comment expliquer les signes de richesse très visibles à moins d’être myopes. Par contre, on harcèle le petit contribuable. Les innocents se demandent quand même comment de si belles voitures luxueuses étincellent sur nos routes et comment une foule d’acheteurs éventuels se précipite quand sont mis en vente des terrains sur de beaux lotissements bien situés. D’où provient l’argent ? Vinn dan dalo ?

Malgré les protestations officielles, notre île est considérée comme paradis fiscal par certains organismes comme l’OXFAM, confédération internationale réunissant 21 organisations non gouvernementales pour lutter contre la pauvreté. Elle stipule que, pour six dollars étrangers investis en Afrique, un dollar est canalisé vers une société implantée dans un paradis fiscal. Dont Maurice. Ce mouvement de capitaux fait l’objet des Mauritius Leaks qui se réfèrent aux structures offshore, aux transferts de bénéfices des multinationales. Des méandres empruntés seulement par les initiés. Pa met nene!

Dans les coulisses

Ces fortes sommes s’intègrent donc à une économie souterraine qui échappe à la compréhension du commun des mortels. Il y a bien sûr notre économie officielle, un mille-feuilles que les autorités et les journaux effeuillent. Elle ferait grise mine à côté de l’économie parallèle florissante qui échapperait aussi à la Financial Crimes Commission. Cette dernière est soupçonnée de se hâter... lentement, si lentement que certains avocats demandent que certaines affaires en cours d’enquête soient carrément rayées. Date de péremption écoulée ? Allons, sakenn so tour !

Notre île paradisiaque ressemblerait donc à un gruyère, fromage réputé pour ses... trous d’air. Comment s’en étonner quand même le citoyen lambda sait que derrière la vitrine, il y a les entrepôts. Deux exemples ayant pignon sur rue. Derrière le pouvoir quel qu’il soit s’agitent des associations socio-culturelles ou plutôt cultuelles très susceptibles qui placent leurs pions. Aussi des organismes dont les membres sont triés sur le volet (hauts dignitaires, ministres, journalistes, professions libérales...). Ils se reconnaissent en tant que «frères». Devise de la confrérie : «Touche pas à X, c’est un frère» ou «nommez X, c’est un frère ». Un monde qui échappe au peuple.

Cette chronique n’avait d’autre objectif que de lever un coin du voile sur cette économie parallèle. Elle irriguerait notre pays ou quelques paradis fiscaux. Des nappes phréatiques sans fuite aucune.

Bann bon tiyo !

Avan ti koud dan matla!

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