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Drogue
Quatre colis, un mandat de l’ADSU et la liberté conditionnelle annulée
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Quatre colis, un mandat de l’ADSU et la liberté conditionnelle annulée
Photo d'illustration.
La Cour suprême a annulé la remise en liberté de l’inspecteur Vicky Luckmun mercredi. Le jugement fait ressortir les éléments de l’enquête de la Financial Crimes Commission (FCC) : des cannabinoïdes synthétiques commandés depuis la Chine et Hong Kong, quatre consignations récupérées par le policier et l’utilisation alléguée d’un mandat de perquisition de la brigade anti-drogue pour les faire libérer de la douane et de DHL.
Le dossier Vicky Luckmun a commencé à prendre forme dans une autre enquête. En août 2025, la FCC arrêtait Steven Moothoocurpen dans une affaire de blanchiment d’argent. En remontant ses activités, les enquêteurs ont découvert qu’en 2024, il aurait planifié l’importation de cannabinoïdes synthétiques depuis la Chine et Hong Kong vers Maurice, à travers deux sociétés de fret.
L’examen des documents douaniers et des communications retrouvées sur le téléphone de Moothoocurpen devait alors conduire les enquêteurs vers Luckmun. Selon l’enquêteur cité dans le jugement, l’inspecteur aurait récupéré les consignations à quatre reprises.
L’élément particulièrement sensible tient à la manière dont ces colis auraient été récupérés. Luckmun était alors affecté à l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU). Selon les éléments de l'enquête, il aurait utilisé un search warrant de l’ADSU pour obtenir la libération des consignations auprès de la douane et de DHL. Après leur libération, il aurait récupéré les drogues qui étaient dissimulées dans les colis.
L’inspecteur a été arrêté le 24 mars 2026 et provisoirement accusé de conspiracy to collect an imported parcel suspected to contain dangerous drugs from customs/DHL.
Sa remise en liberté est ensuite devenue le nouvel enjeu judiciaire. Lors de l’audience du 15 avril, la poursuite s’y était opposée en invoquant trois risques : récidive, interférence avec les témoins et manipulation des preuves. Le 21 avril, la magistrate de la cour de district de Moka avait toutefois conclu que ces risques pouvaient être ramenés à un niveau négligeable par des conditions de caution.
Le Directeur des poursuites publiques (DPP) a contesté ce ruling devant la Cour suprême, en vertu de l’article 4A de la Bail Act 1999. La poursuite reprochait notamment à la magistrate d’avoir insisté sur l’absence de preuve que Luckmun avait déjà tenté de contacter ou d’influencer un témoin. Or, selon la Cour, le véritable test consiste à déterminer s’il existe des raisons raisonnables de croire qu’il pourrait interférer avec des témoins ou entraver l’enquête.
La Cour relève une faille dans cette décision. Celle-ci avait estimé que les éléments réunis satisfaisaient au seuil de la reasonable suspicion, mais ne constituaient pas des preuves concrètes et directes justifiant la poursuite de la détention. Pour les juges, cette conclusion avait faussé l’analyse ultérieure du risque d’interférence.
Deux facteurs auraient dû être pris en compte : certains témoins sont des collègues de Luckmun, et l’inspecteur connaît l’état d’avancement de l’enquête ainsi que les témoins déjà interrogés par la FCC. La Cour estime que le risque d’interférence est, dans ces circonstances, réel.
Estimant que la décision reposait sur une material misdirection, la Cour suprême l’a finalement annulée le 19 août. Le jugement ne tranche pas la culpabilité de Luckmun. Il établit toutefois pourquoi sa liberté conditionnelle ne pouvait être maintenue sur le raisonnement adopté par la magistrate. Le fond de l’enquête, lui, reste à établir.
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