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États-Unis
Vaccins pédiatriques : Trump relance la controverse sur un lien avec l'autisme
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États-Unis
Vaccins pédiatriques : Trump relance la controverse sur un lien avec l'autisme
Donald Trump signe le décret, aux côtés de Robert F. Kennedy Jr. (à dr.), et de Jayme Leagh Franklin (à g,), fondatrice de «The Conservateur», lundi. © BFM
Le président américain, Donald Trump, a signé lundi un décret formulant de nouvelles recommandations sur la vaccination des enfants, préconisant d'espacer davantage les injections. À l'occasion de la présentation du texte, il est revenu à plusieurs reprises sur un possible lien entre vaccination et autisme. Or, aucune étude scientifique sérieuse n'a jamais démontré un tel lien.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a rappelé à plusieurs reprises, y compris après de précédentes déclarations du président, que les vaccins ne sont pas responsables de l'autisme. Donald Trump et son ministre de la Santé et des services sociaux, Robert F. Kennedy Jr, continuent pourtant d'entretenir le doute, en s'appuyant sur une étude aujourd'hui invalidée. Dans le Bureau ovale, Donald Trump a affirmé qu'il y a plusieurs décennies, les enfants ne recevaient qu'une fraction du nombre de vaccins administrés aujourd'hui, période durant laquelle la population était, selon lui, en meilleure santé et le taux d'autisme actuel n'existait pas. Il a toutefois concédé ne pas connaître la cause exacte de ce trouble neurodéveloppemental. Le porte-parole de l'OMS, Tarik Jasarevic, avait pourtant déclaré en septembre dernier que les vaccins sauvent des vies, contredisant directement la position de l'administration Trump.
Le président a évoqué des injections qu'il a comparées, sans plus de précision, à des «bouteilles de soda». Le décret recommande de dissocier les vaccins contre la rougeole, la rubéole et les oreillons, plutôt que de les administrer en une seule injection. Le ministère de la Santé doit créer un groupe de travail chargé de développer des formulations individuelles, en coopération avec le secteur privé et, le cas échéant, d'autres pays. Andrew Racine, président de l'Académie américaine de pédiatrie (AAP), a estimé qu'il faudrait plus de dix ans pour homologuer aux États-Unis des vaccins séparés. Aaron M. Milstone, également de l'AAP, a recommandé de continuer à administrer un vaccin combiné dont la sécurité repose sur des décennies de données. Des responsables de la Maison Blanche interrogés sur les motivations du président n'ont apporté aucune réponse précise.
Des critiques jusque dans le camp républicain
Le sénateur républicain Bill Cassidy, médecin de formation, a dénoncé sur X un décret qui, selon lui, accroîtra la méfiance et mettra en danger la sécurité des enfants, rappelant que les vaccins sont sûrs, efficaces, et ne provoquent pas l'autisme. Le gouvernement fédéral n'ayant pas autorité directe sur la politique vaccinale, il se limite à inciter les États à réexaminer les obligations vaccinales scolaires. Le décret intervient alors que des millions d'enfants s'apprêtent à faire leur rentrée, dans un pays confronté à sa pire épidémie de rougeole depuis 35 ans.
Depuis sa nomination, Robert F. Kennedy Jr, connu pour ses positions antivaccins, a engagé un vaste réexamen de plusieurs vaccins utilisés depuis des décennies, modifié le calendrier vaccinal pédiatrique et réduit les financements de nouveaux vaccins – des décisions critiquées par la communauté médicale. La justice américaine avait suspendu plus tôt dans l'année la refonte qu'il avait initiée. Jeffrey Singer, de l'institut Cato, a estimé que ces modifications illustrent les risques de laisser les recommandations gouvernementales dominer la décision médicale. Tarik Jasarevic avait averti que tout retard vaccinal sans fondement scientifique augmenterait fortement le risque d'infection, pour l'enfant comme pour la communauté.
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