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Voyages officiels à l’étranger et «Per diem»
La speaker Shirin Aumeeruddy-Cziffra défend la «soft diplomacy» et dénonce le «tourisme parlementaire»
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Voyages officiels à l’étranger et «Per diem»
La speaker Shirin Aumeeruddy-Cziffra défend la «soft diplomacy» et dénonce le «tourisme parlementaire»
Rs 1,4 million pour trois missions officielles. Le chiffre place la speaker de l’Assemblée nationale, Shirin Aumeeruddy-Cziffra (photo), au cœur des questions entourant les voyages parlementaires. Mais son cas revêt une dimension particulière : elle est elle-même concernée par les déplacements dont les coûts ont été publiés, tout en étant, en sa qualité de speaker, celle qui donne son feu vert aux missions des parlementaires. Face aux interrogations sur l’utilité et le coût de ces déplacements, elle défend la diplomatie parlementaire, tout en affirmant une ligne rouge : «Je suis contre le tourisme parlementaire. Je refuse de donner mon feu vert pour des voyages qui n’ont aucune pertinence pour notre pays.»
Selon les informations déposées au Parlement, Shirin Aumeeruddy-Cziffra a effectué trois missions officielles durant cette période : à Paris, du 9 au 13 juillet 2025, dans le cadre de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie ; en Suisse et en France, du 18 au 24 octobre 2025, pour l’Union interparlementaire et des réunions connexes ; et en Inde, du 14 au 18 janvier 2026, pour la Commonwealth Speakers Conference.
La speaker affirme toutefois que ces déplacements ne peuvent être assimilés à du tourisme parlementaire. Elle explique longuement le rôle de la diplomatie parlementaire, la nécessité pour un petit État insulaire comme Maurice de rester présent dans les grandes instances internationales, mais aussi les critères qui, selon elle, doivent guider l’autorisation d’un voyage.
«Nous ne pouvons jouer aux abonnés absents»
«Maurice est un Small Island Developing State. Nous avons toujours prôné une politique d’ouverture que ce soit au niveau régional ou international car nous sommes dépendants des autres. Les grands pays peuvent nous aider concrètement et signer des accords avec nous sur tous les plans. Mais nous sommes depuis toujours engagés dans des instances multilatérales où se discutent des questions fondamentales sur les grands enjeux du monde. Que ce soit aux Nations unies, au Commonwealth, à la Francophonie, à la Southern African Development Community ou même à la Commission de l’océan Indien, nous ne pouvons jouer aux abonnés absents. Il y a donc depuis l’Indépendance en 1968 une diplomatie sérieuse.»
Elle rappelle toutefois que la diplomatie relève d’abord de l’État. «La diplomatie est d’abord la responsabilité de l’État à travers le Ministère des Affaires étrangères et les ambassadeurs en poste dans divers pays. J’ai moi-même été à Paris de 1992 à 1994 et à l’UNESCO en 1995. Je connais bien cette forme de diplomatie.»
Mais, selon elle, les élus ont également un rôle à jouer dans les relations internationales.
«Les élus doivent compléter ce travail par le soft diplomacy»
«En tant que speaker, j’ai appris combien aujourd’hui les élus doivent compléter ce travail par le ‘‘soft diplomacy’’ qui est une approche des relations internationales à travers le partage des idées et des bonnes pratiques pour rapprocher les pays et les peuples.»
Elle cite plusieurs dossiers régulièrement abordés lors de ces rencontres internationales.
«Par exemple, dans la majorité des ces rencontres où j’accepte que nous participions, on parle en ce moment notamment du changement climatique, de l’environnement, des droits économiques, sociaux et culturels, de la gouvernance etc.»
La speaker rappelle également que plusieurs députés représentent Maurice dans différentes instances. «Ensuite il y a le Parlement panafricain où 5 députés siègent et voyagent régulièrement. De plus, il y a la rencontre ACPUE et celle de l’Organisation mondiale du commerce qui sont si importantes et auxquelles nous avons choisi des députés qui iront nous représenter régulièrement.»
«Je suis contre le tourisme parlementaire»
Sur la question des déplacements, Shirin Aumeeruddy-Cziffra se montre catégorique. En tant que speaker, elle affirme exercer un contrôle sur les voyages autorisés. «Je suis contre le tourisme parlementaire. Je refuse de donner mon feu vert pour des voyages qui n’ont aucune pertinence pour notre pays.»
Elle souligne également que la présence physique à l’étranger n’est pas toujours nécessaire. «Par ailleurs, beaucoup de députés, y compris moimême, participons régulièrement à des rencontres par zoom.»
24 invitations, 4 acceptées
La speaker affirme avoir reçu personnellement 24 invitations en 21 mois, mais n’en avoir accepté que 4, lorsqu’elle jugeait sa présence importante.
«J’ai reçu personnellement 24 invitations en 21 mois. J’en ai accepté quatre, là où ma présence était très importante.»
Elle revient sur son déplacement à Paris en juillet 2025. «En juillet 2025 à Paris, à l’invitation de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie dont je suis membre de l’exécutif.»
En octobre 2025, elle s’est rendue à Genève pour une rencontre de l’Union interparlementaire. «En octobre 2025, je suis allée à une rencontre de l’Union interparlementaire à Genève.»
Elle précise toutefois qu’une autre réunion prévue en Turquie n’a pas été suivie. «Nous n’avons pas été à la réunion suivante en Turquie à cause du début de la Guerre dans la région. Mais l’IPU est très importante.»
Son déplacement en Europe lui a également permis de participer à une table ronde consacrée à la santé des jeunes filles et des femmes. «Juste après, on m’a invitée à présider une table ronde sur la santé des jeunes filles et des femmes à Paris. Je l’ai fait parce que j’étais déjà en Europe.»
Elle estime que cette participation a eu des prolongements à Maurice. «Je n’ai pas eu à regretter ce petit déplacement d’une journée, car lors de la visite du Président Macron à Maurice, elle est venue avec une autre députée du groupe d’amitié France Maurice rencontrer nos députés pour leur parler de ce sujet si fondamental pour les femmes. Nous faisons un suivi avec le ministre de la Santé.»
«Pouvais-je dire non ?»
Le dernier déplacement de la speaker l’a conduite en Inde, en janvier 2026, à l’invitation du speaker du Lok Sabha, Shri Om Birla. «Pouvais-je dire non à l’invitation du speaker du Lok Sabha, Shri Om Birla, alors que l’Inde accueillait tous les speakers du Commonwealth ? C’est le seul voyage que j’ai fait en 2026.»
La speaker insiste enfin sur le fait que sa présence personnelle n’est pas systématiquement nécessaire pour assurer la représentation de Maurice lors des différentes rencontres internationales.
«Très souvent, j’envoie à ma place mon Deputy, Veda Baloomoody, ou le Deputy Chairman of Committees, Ehsan Juman, ou même un autre député.»
Pour Shirin Aumeeruddy-Cziffra, la question n’est donc pas de multiplier les déplacements, mais de s’assurer que ceux-ci répondent à un intérêt réel pour Maurice. Elle revendique une présence active dans les instances internationales lorsque les intérêts du pays sont en jeu, tout en refusant de cautionner des missions qu’elle considère comme dépourvues de pertinence.
Sa position tient en une formule : «la diplomatie parlementaire» oui, le «tourisme parlementaire» non.
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