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«Select Committee»
Koumadir Kreol Morisien finn fini rant dan Parlman
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«Select Committee»
Koumadir Kreol Morisien finn fini rant dan Parlman
■ «Les débats sur les problèmes que Maurice affronte sont stockés dans une langue étrangère», estime Alain Ah Vee de LPT et Lalit. Photos: Sumeet Mudhoo.
Il n’y a pas eu de vote, mais bel et bien unanimité. Des 17 intervenants sur la motion concernant la mise en place d’un Select Committee pour l’introduction du Kreol Morisien (KM) à l’Assemblée nationale, tous se sont dit en faveur. À charge pour ce comité composé de 11 parlementaires – neuf de la majorité et deux de l’opposition – de débattre des modalités de l’entrée du KM dans l’Hémicycle. À la lueur, entre autres, du rapport soumis par la speaker Shirin Aumeeruddy-Cziffra.
«Dès que le président ou la présidente du Select Committee est choisi, je me tiens prêt à soumettre 11 copies du rapport qui a déjà été réalisé. Une pour chacun des membres», réagit Arnaud Carpooran, président du Creole Speaking Union. Il s’agit du Report on the Inter-Institutional Research Project on the Introduction of Mauritian Creole in Parliament and Other Institutions – Promoting Institutional Democracy through Language Access in Mauritian Creole and Digital Innovation.
Ce document avait été soumis à la speaker de l’Assemblée nationale ainsi qu’à Romeela Mohee, qui est à la tête de la Higher Education Commission. Il balise la route à suivre, et permettra aux parlementaires, selon Arnaud Carpooran, de se faire une informed opinion sur la question de l’introduction du KM au Parlement, avant de faire appel à des spécialistes. Que ce soit pour la partie technique et technologique de retranscription du Hansard, que ce soit pour la partie linguistique, avec les formations pour le personnel de l’Assemblée nationale.
En attendant, l’institution du Select Committee est un pas en avant salué d’abord au Parlement lui-même et puis en dehors. Pour Arnaud Carpooran, «c’est extraordinaire. C’est véritablement une date historique. Je n’ai jamais vu cette unanimité de mémoire de linguiste», estime-t-il, à propos de la teneur des interventions, lors des débats. D’autant plus que le même jour, il a rencontré la délégation de Cambridge University Press and Assessment, qui est actuellement à Maurice, pour évoquer la question de l’accréditation du KM comme main en HSC.
Arianne Navarre-Marie présidente ?
Il a notamment été touché par les nombreuses mentions du KM comme «langue nationale». Ce qui pour Arnaud Carpooran signifie que «l’essentiel a déjà été dit» au Parlement. «Zot finn fini dir seki zot resanti andan. C’était important d’entendre ce que les élus avaient à dire avant même l’institution du Select Committee.» Désormais, la mission du Select Committee sera de mettre en action tout ce que les intervenants ont souligné mardi à l’Assemblée nationale. Arnaud Carpooran note qu’aucun des intervenants n’a pris la parole pour dire que ce n’est que quand le Select Committee aura soumis son rapport qu’il va se prononcer sur l’introduction du KM au Parlement. C’est déjà fait.
La composition du Select Committee a aussi été annoncée mardi. Parmi les parlementaires désignés figure la Deputy Prime minister, Arianne Navarre-Marie. Selon des observateurs, elle pourrait présider ce comité. Elle a soulevé la question du KM plusieurs fois à l’Assemblée nationale. Sous l’ancien régime, le 26 mars 2024 par exemple, elle avait interrogé le PM d’alors sur la «proposed introduction» du KM à l’Assemblée nationale. Quand elle avait insisté pour obtenir une date d’introduction du PM d’alors, il avait répondu : «I think the honourable Member has not understood what I have stated in my answer.» Arianne Navarre-Marie avait alors répliqué : «Mo konpran zis kreol mwa.»
Si avancée il y a avec l’institution du Select Committee, c’est avec du recul qu’Alain Ah Vee, membre de Lalit et animateur de Ledikasyon Pu Travayer (LPT), accueille cette décision. Il retient que des élus ont rappelé la longue lutte qui a précédé cette étape. Par exemple, le ministre de l’Intégration sociale, Ashok Subron se référant à son parcours personnel, a déclaré : «An activist of Ledikasyon pu Travayer ek Lalit in which I was part of alongside so many others who never wavered in the struggle for linguistic justice.» Dans la pratique, souligne Alain Ah Vee, ce sont les citoyens qui ont gardé la langue vivante, que ce soit dans la chanson, la poésie, la littérature. Sans oublier les initiatives de literacy, pour apprendre aux travailleurs à lire et écrire. Et les actions «d’écriture politique». Avec la somme de revues, magazines, affiches – toutes en KM – publiées par Lalit et LPT au fil des campagnes électorales. Il rappelle que les syndicats aussi ont produit un certain volume d’écrits en KM, ainsi que les universitaires.
«Renforcement de la démocratie»
Cependant, il juge la mission du Select Committee, un peu «restreinte». Sa priorité est de définir les modalités pour l’entrée du KM à l’Assemblée nationale. «Cela aurait été meilleur si on avait défini un temps déterminé pour les travaux du Select Committee.Nou pa trouve kifer pena time frame.» D’autant plus que de nombreux aménagements nécessaires à l’entrée du KM au Parlement «finn fini fer», fait valoir Alain Ah Vee. Il rappelle que «depuis plus de 10 ans», LPT a fait une traduction des Standing Orders. Avant que les universitaires ne se penchent sur la question. Il reste, selon Alain Ah Vee, quelques amendements à apporter à des lois et règlements. «Long-long lalwa pe amande vit-vit.»
De plus, Lalit regarde cette démarche dans la perspective du processus de décolonisation des institutions. Une lutte à mener en parallèle avec la décolonisation du territoire et la souveraineté sur l’archipel des Chagos. C’est non seulement une question de souveraineté linguistique, mais également de souveraineté de la mémoire. «Tout ce qui est au Parlement, tous les débats sur les problèmes que Maurice affronte, c’est une mémoire collective qui est stockée dans une langue étrangère.»
L’introduction du KM au Parlement apportera un «renforcement de la démocratie», estime Alain Ah Vee. Les travaux de la Chambre sont diffusés en direct sur Parliament TV et sont repris par les sites d’information. «Il n’y aura plus de fracture entre les représentants du peuple et ceux au nom de qui ils parlent. Les représentants du peuple devront alors se montrer dignes de la langue.» Cela concerne aussi un volet de liberté d’expression des élus, car l’entrée du KM leur permettra, à terme, de s’exprimer dans la langue dans laquelle ils sont le plus à l’aise.
La dynamique de l’entrée du KM à l’Assemblée nationale ne concerne pas que les travaux parlementaires. Elle pourrait potentiellement avoir plusieurs effets. «Il faudra remettre sur la table la question du KM comme médium d’enseignement pour les ‘content subjects’, comme les mathématiques ou les sciences.» La prochaine étape, quand le KM fera entrée au Parlement, c’est que «zanfan bizin kapav aprann dan so langaz maternel».
Alain Ah Vee pense également aux comptes-rendus des associations. Même si les réunions se déroulent en KM, les procèsverbaux sont en anglais pour les besoins du Registrar of Associations. «Bizin kas sa.»
Il a dit
“We all agree on the fact that Kreol Morisien is our national language. It does not belong to any one community.”
Déclaration du Premier ministre Navin Ramgoolam après l’unanimité autour de la motion pour l’institution d’un Select Committee pour l’introduction du KM à l’Assemblée nationale.
Le Chiffre
C’est le nombre de fois que 12 les intervenants ont utilisé le terme «langue nationale» pendant les débats sur la motion de mise en place d’un Select Committee pour l’introduction du KM au Parlement.
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