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Paiements transfrontaliers

La BoM plaide pour une Afrique mieux intégrée financièrement

4 août 2026, 22:00

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La BoM plaide pour une Afrique mieux intégrée financièrement

Priscilla Muthoora Thakoor, à l’ouverture de l’atelier consacré aux paiements transfrontaliers, le 24 juillet.

Les paiements transfrontaliers ne sont plus un simple enjeu technique. Ils constituent désormais un levier stratégique pour renforcer la résilience économique et accélérer la transformation du continent africain.

C’est le message principal livré par la gouverneure de la Banque de Maurice (BoM), Priscilla Muthoora Thakoor, lors de l’ouverture de l’atelier consacré aux paiements transfrontaliers organisé à Maurice dans le cadre du Financial Stability Board (FSB) Regional Consultative Group for Sub-Saharan Africa (RCG SSA), le 24 juillet. Cette rencontre a réuni des gouverneurs de banques centrales, des représentants du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et d’autres autorités de régulation financière de la région.

La gouverneure a souligné que, depuis 2020, les économies africaines ont été confrontées à une succession de chocs exogènes – pandémie, guerres commerciales, conflits géopolitiques et événements climatiques extrêmes – qui avaient modifié les priorités des décideurs économiques. Dans ce contexte, la résilience est devenue un objectif aussi essentiel que la stabilité macroéconomique, l’inclusion financière ou le développement durable.

Infrastructure

Pour Priscilla Muthoora Thakoor, l’Accord de libreéchange continental africain (ZLECAf) offre une occasion unique d’approfondir l’intégration économique régionale. Toutefois, cette ambition ne pourra être pleinement réalisée sans des systèmes de paiement modernes, rapides, sûrs et abordables. Elle a rappelé que les infrastructures de paiement constituent «l’infrastructure invisible» qui soutient les échanges commerciaux, les investissements, l’entrepreneuriat et l’inclusion financière.

La gouverneure a également dressé un état des lieux contrasté. Si l’Afrique est devenue un leader mondial des paiements numériques grâce au développement spectaculaire du mobile money, le continent demeure confronté à des coûts de transfert parmi les plus élevés au monde.

De nombreux paiements entre pays africains transitent encore par des banques correspondantes situées hors du continent, ce qui accroît les délais, les coûts et les risques opérationnels. Selon elle, ces contraintes empêchent l’Afrique d’atteindre les objectifs fixés par la feuille de route du G20 sur les paiements transfrontaliers d’ici 2027.

La BoM entend contribuer activement à cette modernisation. Sa patronne a mis en avant plusieurs initiatives, notamment le développement du Mauritius Automated Clearing and Settlement System (MACSS), du Mauritius Central Automated Switch (MauCAS) ainsi que l’interconnexion du système MauCAS avec l’Unified Payments Interface (UPI) de l’Inde, permettant déjà aux voyageurs mauriciens et indiens d’effectuer des paiements par QR code dans les deux pays.

Interopérabilité

La gouverneure a toutefois insisté sur le fait que la multiplication des infrastructures de paiement ne suffit pas à garantir leur efficacité. Elle a appelé à une plus grande interopérabilité entre les systèmes, à l’adoption de normes communes telles que l’ISO 20022, à l’harmonisation des cadres réglementaires, et à un renforcement de la coopération entre banques centrales, banques commerciales, fintech et autorités de supervision. Elle a également mis en garde contre les risques liés à l’essor des stablecoins, susceptibles d’affaiblir la souveraineté monétaire et la stabilité financière si leur développement n’est pas correctement encadré.

Priscilla Muthoora Thakoor a estimé que l’amélioration des paiements transfrontaliers est une condition indispensable au développement du commerce intra-africain, à l’inclusion financière et à l’intégration économique du continent. «L’Afrique ne pourra pas commercer efficacement si les Africains ne peuvent pas se payer efficacement», a-t-elle résumé, invitant les participants à renforcer la coopération régionale afin de bâtir un écosystème de paiement plus intégré, plus résilient et plus sûr.

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