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Cancer du col de l’utérus
Le dépistage, un réflexe essentiel pour prévenir son évolution
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Cancer du col de l’utérus
Le dépistage, un réflexe essentiel pour prévenir son évolution
La Dr Yashmeeta Bundhoo, oncologue clinicienne à la clinique Bon Pasteur.
Le cancer du col de l’utérus est l’un des rares cancers qu’il est possible de prévenir avant même son apparition. Pour l’Organisation mondiale de la santé, cette stratégie, associée à la vaccination contre le virus du papillome humain (VPH), constitue l’un des piliers de la lutte contre la maladie.
Pourtant, de nombreuses femmes ne réalisent pas les examens recommandés. En l’absence de symptômes, certaines estiment ne pas être concernées, tandis que d’autres repoussent le rendez-vous par manque de temps, par appréhension ou par gêne.
Pour la Dr Yashmeeta Bundhoo, oncologue clinicienne à la clinique Bon Pasteur, ce suivi régulier demeure pourtant le moyen le plus efficace de réduire le risque de développer la maladie. «Dans la majorité des cas, le cancer du col de l’utérus évolue lentement. Le dépistage permet de repérer des lésions précancéreuses et de les traiter avant qu’elles ne deviennent cancéreuses. C’est l’un des rares cancers que l’on peut véritablement prévenir grâce à un suivi régulier», explique-t-elle.
Ce dépistage est généralement recommandé à partir de 25 ans. La fréquence des contrôles varie ensuite selon l’âge, les antécédents médicaux et les résultats des examens précédents. En l’absence d’anomalie, un suivi est habituellement réalisé tous les trois à cinq ans, conformément aux recommandations en vigueur. «Le plus important est de respecter le calendrier établi avec son professionnel de santé», rappelle la spécialiste.
Deux examens peuvent détecter les anomalies du col de l’utérus. Le frottis cervical consiste à prélever des cellules afin de repérer d’éventuelles modifications, tandis que le test VPH recherche la présence du VPH, responsable de la grande majorité des cancers du col de l’utérus. «Ces deux examens sont complémentaires et permettent d’identifier les femmes qui nécessitent une surveillance plus étroite», précise la Dr Bundhoo.
La vaccination contre le VPH vient renforcer cette prévention. Elle protège contre plusieurs types de virus fréquemment associés à la maladie, sans toutefois couvrir toutes les souches. C’est pourquoi elle ne remplace pas le dépistage : les femmes vaccinées doivent, elles aussi, poursuivre les contrôles recommandés.
Une infection persistante par certains types de VPH demeure le principal facteur de risque. Le tabagisme, un système immunitaire affaibli, certaines infections sexuellement transmissibles ou encore l’absence de suivi médical régulier peuvent également favoriser le développement de la maladie. «Toute femme peut être concernée, ce qui justifie l’importance d’un dépistage accessible à toutes», souligne l’oncologue.
L’une des difficultés réside dans le fait que la maladie évolue souvent sans provoquer de signes particuliers. Lorsqu’ils apparaissent, les symptômes peuvent se manifester par des saignements inhabituels, notamment après les rapports sexuels, des pertes vaginales anormales ou encore des douleurs pelviennes. «Il ne faut pas attendre l’apparition de symptômes pour consulter. Le dépistage intervient justement avant cette étape», insiste la spécialiste.
Malgré les bénéfices du dépistage, plusieurs freins persistent. La gêne liée à l’examen, la peur du résultat ou encore l’idée qu’une personne en bonne santé n’a pas besoin de contrôle continuent d’éloigner certaines femmes du dépistage. Pourtant, cet examen est rapide, généralement bien toléré et permet de détecter des lésions avant qu’elles ne deviennent plus graves.
Enfin, la découverte d’une anomalie ne signifie pas qu’un cancer est déjà présent. Des examens complémentaires permettent d’établir un diagnostic précis et d’adapter la prise en charge. Selon les situations, une simple surveillance peut suffire ou un traitement précoce peut être proposé. «Plus une anomalie est détectée tôt, plus la prise en charge est simple et efficace», conclut la Dr Bundhoo.
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