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«Finance Bill»

Joe Lesjongard : «Voter ces deux projets de lois, c’est signer l’arrêt de mort de notre État-providence»

1 août 2026, 13:00

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Joe Lesjongard : «Voter ces deux projets de lois, c’est signer l’arrêt de mort de notre État-providence»

Selon le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, le Finance Bill et l’Economic and Financial Measures (Miscellaneous Provisions) Bill introduisent des réformes controversées telles que le gel des pensions, des hausses d’impôts (notamment sur les produits sucrés), un renforcement des pouvoirs de contrôle de l’État et des amendements facilitant le népotisme dans les marchés publics. Il a également reproché au gouvernement de contourner le débat démocratique, de saper la confiance et de trahir ses promesses électorales. «Voter ces deux projets de lois, c’est signer l’arrêt de mort de notre État-providence», a-t-il lancé avec force.

«Ces deux projets de loi viennent officialiser la cure d’austérité que ce pouvoir inflige au pays depuis bientôt deux ans», a déclaré Joe Lesjongard. «Calendrier chaotique, incompétence, manœuvre politique, pei enba lao»… Le leader de l’opposition n’y est pas allé de main morte avec ses critiques. Il a affirmé que le National Pension and Provident Fund (NPPF) n’est pas inclus dans le Finance Bill, étant donné que les lettres NPPF ne figurent pas explicitement. Mais bien qu’il ne soit pas mentionné, l’architecture et le mécanisme de régulation du NPPF sont intégrés au projet, a-t-il affirmé. Alors que le gouvernement avait promis des consultations larges avant de modifier le système de pensions contributives, le Finance Bill délègue ces décisions à un comité sans exigences claires de consultation publique ou de transparence sur les recommandations, s’est-il insurgé.

Le gouvernement, n’ayant pas trouvé de nouveaux pôles de croissance et avec un investissement en attente, a envisagé d’augmenter les taxes. Initialement, une hausse de la TVA était proposée, mais pour éviter des critiques, les responsables ont déguisé cette hausse en une initiative de protection de l’environnement, imposant ainsi une taxe sur les produits sucrés. Cette décision s’appuie sur le fait que de nombreux produits sont contenus dans du plastique, et le gouvernement sait qu’aucune alternative abordable à ce matériau n’existe actuellement. Ce n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme de taxation qui vise à renflouer les caisses de l’État, tandis que les fabricants, par ricochet, ne supporteront pas le coût, mais les consommateurs, a encore soutenu Joe Lesjongard.

Par ailleurs, la modification de l’article 64 de la Banking Act, selon le député du MSM, accorde à la Financial Crimes Commission des pouvoirs d’inspection des comptes bancaires sans décision judiciaire, portant atteinte à la confidentialité et à la loi sur le secret bancaire international. Une simple ordonnance pourrait compromettre la confidentialité des détenteurs de comptes, fonds d’équité, fonds d’investissement et individus à haute valeur nette. «Cette mesure contrevient à la protection des informations sensibles concernant les portefeuilles d’investissement et les fonds en espèces. En conséquence, ces acteurs pourraient opter pour des juridictions offshore alternatives, rendant l’offshore de Maurice moins attrayant pour les affaires. Ces amendements risquent d’affaiblir la protection des fonds et des structures de gestion d’actifs à Maurice», a fait remarquer l’ancien ministre.

Sur les modifications qui seront apportées à la Waqf Act, il a déclaré que sous prétexte d’«intégrité financière», le Premier ministre leur applique un traitement similaire à celui des banques offshore à risque élevé.

Plus loin, il a relevé que la clause 6 du Finance Bill crée une Internal Affairs Division au sein de la Gambling Regulatory Authority pour enquêter sur la «richesse inexpliquée» de ses employés, reflétant une méfiance du gouvernement envers ses propres nominations.

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