Publicité

«Eski to kone»

Le «kano rafia», ce voilier miniature porté par le vent

26 juillet 2026, 16:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

À première vue, il ressemble à un simple petit bateau en bois. Pourtant, le kano rafia raconte une partie de l’histoire maritime de Maurice. Pendant des années, surtout dans les villages côtiers comme Mahébourg, ces petites embarcations fabriquées à la main ont accompagné l’enfance de nombreux Mauriciens. Mais eski to ti kone que derrière ce petit bateau se cache tout un savoir-faire, transmis de génération en génération ?

Le kano rafia est une petite embarcation construite principalement avec du bois de raphia, un matériau léger et résistant qui permet au bateau de flotter facilement. Le pied de raphia pousse particulièrement dans les endroits humides, notamment près des rivières, ce qui en fait un bois adapté à la fabrication de ces petits voiliers.

Grâce à sa légèreté et à sa solidité, le bois de raphia permet de créer une coque capable de résister aux mouvements de l’eau tout en restant assez légère pour naviguer.

Contrairement aux bateaux modernes, le kano rafia n’a besoin ni de carburant ni de moteur pour avancer. Son seul allié : le vent.

Pour qu’il puisse naviguer correctement, chaque détail compte. Le réglage de la voile, l’équilibre de la coque et la direction du vent jouent un rôle essentiel. «La brise est très importante. Quand il y a du vent, le kano peut aller plus vite. Mais lorsque la mer est haute, cela devient plus compliqué, car on peut perdre son bateau», explique Alyaan Sk Ally, un passionné de Mahébourg qui fabrique des kano rafia depuis 2018.

La tradition renaît

Aujourd’hui âgé de 21 ans, Alyaan a découvert cet univers alors qu’il n’avait que 15 ans. Cette passion lui a été transmise par son père. «Avant, mon père fabriquait des kano rafia, puis il avait arrêté. Avec mon frère, nous avons commencé à arranger des bateaux au bord de la mer. Quand mon père nous a vus faire, il nous a expliqué comment les fabriquer. Il nous a montré les étapes et c’est ainsi que nous avons appris», raconte-t-il.

Petit à petit, cette activité a repris vie autour de lui. À Mahébourg, des passionnés ont recommencé à organiser des régates, notamment le dimanche, où ces petits bateaux prennent le large sous les yeux des habitants.

Même si le kano rafia paraît simple, sa fabrication demande beaucoup de patience. Chaque élément doit être soigneusement préparé pour permettre au bateau de rester stable. De petits boulons sont notamment utilisés pour aider à garder l’équilibre de l’embarcation et éviter qu’elle ne chavire. Autrefois, les voiles pouvaient être fabriquées avec des sacs en plastique, mais aujourd’hui, les passionnés utilisent davantage des toiles plus adaptées. Le fonctionnement du kano rafia demande également une bonne compréhension du vent. Contrairement à un bateau de régate classique, où un équipage prend place à bord, le kano rafia navigue seul. Il faut donc bien le régler pour qu’il puisse suivre sa trajectoire.

Le kano rafia n’est peut-être qu’un petit bateau, mais il représente une grande partie de la mémoire des villages côtiers. À travers des passionnés comme Alyaan, ce savoir-faire continue d’être transmis aux nouvelles générations. Car parfois, les plus petites embarcations sont celles qui portent les plus grandes histoires.

Publicité