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Félicité par le Premier ministre
Constable Abdullah Nazir Legris : «Si je ne faisais rien, cette femme allait mourir»
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Félicité par le Premier ministre
Constable Abdullah Nazir Legris : «Si je ne faisais rien, cette femme allait mourir»
■ Les cicatrices rappellent le danger affronté ce soir-là, mais aussi la vie qu’il a choisi de protéger.
Le Police constable (PC) 5525 Abdullah Nazir Legris ne s'attendait certainement pas à voir son nom cité à l'Assemblée nationale. Mardi 21 juillet, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a salué le courage du policier de 37 ans pour son intervention alors qu’il était hors service. Mais la surprise est venue mardi soir, lorsque Navin Ramgoolam a appelé le policier pour le féliciter et lui annoncer que son acte serait pris en compte dans l’évolution de sa carrière.
«Je souhaite remercier le PC 5525 Legris qui est intervenu avec courage alors qu’il rentrait chez lui à moto, près de London Plaza à Vacoas. Il a vu une foule assister passivement à l’agression d’une femme par un homme armé d’un sabre qui a même tenté de l’écraser avec son véhicule. Tout le monde regardait sans rien faire. Il est descendu de sa moto et est intervenu avec courage. Il a même été blessé par une arme, mais il a continué à intervenir», a déclaré Navin Ramgoolam au Parlement. Le Premier ministre a ajouté que ce type de comportement est celui attendu des membres de la force policière et que des policiers comme Abdullah Nazir Legris figureraient parmi ceux qui seraient prioritaires lors des prochaines promotions. Il a également rappelé que la non-assistance à personne en danger constitue une infraction. Pour Abdullah Nazir Legris, cette reconnaissance reste inattendue. «Je ne m’attendais absolument pas à recevoir un tel hommage. J’ai simplement fait mon devoir.»
Intervention héroïque
Le lundi 13 juillet, Abdullah Nazir Legris termine sa journée de travail et reprend la route à moto, toujours en uniforme. À son domicile, son épouse et ses deux enfants l’attendent pour le dîner. Vers 18 h 30, en passant près de London Plaza à La Caverne, Vacoas, il aperçoit une foule rassemblée au bord de la route. Au milieu de plusieurs témoins, une femme est violemment agressée. «Elle criait, elle demandait de l’aide. Beaucoup de personnes regardaient la scène, mais personne n’intervenait. Son agresseur était extrêmement violent. Je me suis tout de suite dit que si je ne faisais rien, cette femme allait mourir.»
Sans hésiter, il gare sa moto et intervient. «Je me suis présenté comme policier. Je lui ai demandé de coopérer avec moi et de se calmer. J’ai réussi à séparer la dame de son agresseur et je lui ai demandé d’aller recevoir des soins avant de faire sa déposition au poste de police.»
L’intervention du policier provoque immédiatement la colère de l’agresseur. «Il est descendu de son camion avec un long couteau et il s’est jeté sur moi alors que j’étais encore près de ma moto.»
Abdullah Nazir Legris tente une nouvelle fois de calmer la situation. «J’ai essayé de le calmer à plusieurs reprises, mais il ne voulait rien entendre. Il ne voulait pas seulement m’agresser. J’avais le sentiment qu’il voulait me tuer.» Le suspect remonte ensuite dans son camion et tente de foncer sur le policier. «Il voulait me renverser avec son véhicule. J’ai dû courir pour me mettre à l’abri avant de rejoindre le poste de police de Vacoas.» À son arrivée au poste, ses collègues découvrent qu’il est sérieusement blessé. Sa main est profondément entaillée, son uniforme est déchiré et il perd beaucoup de sang. «Je commençais à me sentir faible parce que j’avais perdu beaucoup de sang. Je me suis dit que je pouvais ne jamais rentrer chez moi. Je pensais à ma femme et à mes deux enfants qui m’attendaient pour le dîner. Je me suis demandé si j’allais les revoir.»
Quelques heures plus tard, alors qu’il reçoit des soins à l’hôpital, il apprend que le suspect a été arrêté. Selon les informations recueillies par la police, l’homme aurait eu l’intention de tuer la femme qu’il agressait avant de s’en prendre à ses enfants. «Je suis devenu un obstacle entre lui et cette famille.»
L’appel du Premier ministre
Le mardi 21 juillet au soir, son téléphone sonne. À l’autre bout du fil, le Premier ministre en personne. «Je ne m’attendais absolument pas à recevoir cet appel. C’est le Premier ministre, Navin Ramgoolam, lui-même qui m’a félicité.» Le policier raconte avoir été profondément marqué par cet échange. «Il m’a dit que beaucoup de personnes n’auraient pas fait ce que j’ai fait alors que j’avais déjà terminé mon service. Il m’a félicité plusieurs fois. Il m’a dit que je méritais cette reconnaissance et qu’il souhaitait me récompenser dans le cadre de ma carrière. Il a aussi pris de mes nouvelles et m’a demandé comment allait ma santé.»
Âgé de 37 ans, Abdullah Nazir Legris est policier depuis 16 ans. Avant d’intégrer la force policière en 2010, il a travaillé notamment chez Winners et dans des stations de lavage automobile. Il rejoint d’abord la Special Support Unit, où il passe cinq ans. Sportif, il y remporte plusieurs trophées avant d’être affecté à la Traffic Branch, où il sert depuis une dizaine d’années. Aujourd’hui encore, malgré ses blessures, il affirme qu’il n’aurait pas agi autrement. «J’ai toujours aimé aider les autres. Ce métier n’est pas facile. On est confronté à des situations très difficiles. Mais si c’était à refaire, je le referais.»
Puis il résume, en quelques mots, ce qui a guidé son intervention. «Ce jour-là, je n’ai pas pensé à moi. J’ai pensé à cette femme.»
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