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Evelyn Burns, fondatrice d’Audacity Wines
«L’entrepreneuriat a transformé ce que je fais et qui je deviens»
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Evelyn Burns, fondatrice d’Audacity Wines
«L’entrepreneuriat a transformé ce que je fais et qui je deviens»
C’est l’histoire d’une femme qui a trouvé un sens, une direction à sa vie entre les parois d’un verre de vin. Evelyn Burns, d’origine écossaise, passée par l’Australie avant de venir s’installer à Maurice, incarne une immersion sensible dans l’entrepreneuriat par les sens. Celui qu’elle donne à sa vie personnelle, qu’elle met dans sa profession, qu’elle utilise pour partager les vins qu’elle découvre puis propose à la dégustation. Basée à Curepipe, Audacity Wines propose des expériences autour du vin australien aux entreprises, aux équipes professionnelles et à des partenaires de l’hôtellerie de luxe. Ses valeurs tiennent en trois mots : qualité, authenticité et découverte. Son témoignage personnel raconte un parcours inspirant. À déguster comme un bon cru.
«J n’étais pas sûre d’être prête à partager mon histoire publiquement. Mais je sens aujourd’hui qu’il y a une force à parler honnêtement du vrai parcours entrepreneurial, et pas seulement de sa version lisse : le courage, l’incertitude, la résilience, la beauté, la perte, la reconstruction et cette décision silencieuse de continuer.
Audacity
J’ai grandi dans une ferme en Écosse, puis bâti une carrière en comptabilité et fiscalité entre l’Écosse et l’Australie, en apprenant la valeur de la discipline, de la résilience et du travail. En chemin, j’ai découvert un véritable amour pour le vin. Pas simplement le vin comme produit, mais comme une manière de partager et de rassembler les gens.
Après avoir épousé mon mari à Maurice en 2004 et vécu plusieurs années en Australie, je suis revenue à Maurice et j’ai cofondé Audacity Wines. Ce projet a réuni mes racines écossaises, mon chapitre australien, mon parcours financier, mon amour pour Maurice, et ma passion pour les beaux vins et les expériences porteuses de sens.
Mais Audacity a toujours été bien plus qu’une histoire de vin. À bien des égards, Audacity ne consiste pas à vendre des bouteilles. Il s’agit d’inviter les gens dans quelque chose qui me ressemble profondément, presque comme si je partageais ma propre collection de vins. Chacune des bouteilles est choisie par moi, consciemment et avec soin, parce que je crois au producteur, au lieu, au savoir-faire et à l’expérience qu’il peut créer. Si je n’aime pas un vin, il ne fait pas partie d’Audacity. Ce lien personnel est au cœur de mon entreprise.
À travers Audacity, mon objectif est de connecter les gens à la richesse de la culture australienne, à son art de vivre vibrant et à ses histoires authentiques, en transformant les moments en souvenirs. Il s’agit de partager des vins australiens haut de gamme à Maurice, mais aussi de créer des espaces où les gens peuvent ralentir, se retrouver, déguster, parler librement et tisser des liens profonds. C’est là que l’âme d’Audacity prend vie.
Le goût du risque
Pendant une grande partie de ma vie, j’ai construit mon identité autour du fait d’être capable, responsable et professionnellement qualifiée. L’entrepreneuriat, avec d’autres expériences de vie, a transformé non seulement ce que je fais, mais aussi la personne que je deviens.
Créer Audacity m’a demandé quelque chose de différent. Cela m’a demandé d’être visible, de faire confiance à mon goût, à mon intuition et à ma voix. Cela m’a demandé de prendre des risques, de créer quelque chose à partir de rien, d’apprendre à travers mes erreurs, et de continuer lorsque les choses devenaient difficiles.
L’entrepreneuriat m’a appris le courage, la résilience et la confiance en moi d’une manière que la réussite professionnelle seule n’aurait jamais pu faire. Je ne vois plus l’entreprise simplement comme une série de transactions. Je la vois comme une manière de créer de la beauté, du lien, des expériences et du sens.
Bien sûr, la vérité de l’entrepreneuriat ne se limite pas à son côté glamour. Il y a de la pression. De l’incertitude. Des réalités financières, un poids émotionnel et des moments où l’on se remet en question. Il y a des saisons où le rêve semble lourd et où la responsabilité paraît plus grande que ce que l’on avait imaginé.
Un cheminement personnel
Pour moi, Audacity a aussi fait partie d’un chemin très personnel de transformation après la perte de mon mari. C’est une entreprise, mais aussi un chemin de reconstruction. Audacity m’a demandé de continuer à choisir la vie, la beauté, le courage et la possibilité, même à travers le deuil et l’incertitude.
C’est pourquoi je crois que l’entrepreneuriat peut être profondément personnel. Il peut nous mettre à l’épreuve, nous exposer, nous rendre humbles et nous renforcer. Il peut nous tester, et parfois nous ouvrir profondément. Mais il peut aussi nous ramener à nous-mêmes.

À travers Audacity, j’ai découvert des parts de moi longtemps cachées. J’ai appris que je ne suis pas seulement capable. Je suis créative. Je suis intuitive. Je suis courageuse. J’ai le droit de prendre ma place. J’ai le droit de construire quelque chose qui reflète qui je suis et qui a de la valeur pour moi.
Pendant longtemps, j’ai vécu à l’intérieur de certaines attentes. Comme beaucoup de femmes, j’ai été façonnée par ce que je pensais devoir être, par la manière dont je pensais devoir me comporter, par ce qui était responsable, ce qui était sûr, ce qui avait du sens sur le papier. Mais il arrive un moment où l’on doit arrêter de demander la permission d’être soi-même.
Ce chemin m’a aidée à enlever des couches de conditionnement et à me reconnecter à ma propre voix. Il m’a appris à vivre et à travailler de manière plus consciente, et à prêter attention à l’alignement, à la joie, à l’énergie et au sens. Il m’a aussi rappelé de rester connectée à moimême, à la nature et à la beauté de l’île qui m’entoure. Il m’a montré qu’une entreprise peut être commercialement sérieuse tout en restant profondément connectée au cœur.
J’ai aussi appris que devenir soi-même n’est pas quelque chose que l’on doit faire seule. Les bons mentors, coachs et les femmes qui nous entourent peuvent nous aider à voir des parts de nous que nous avions oubliées, et nous donner du courage au moment précis où nous sommes prêtes à avancer.
Vous, les femmes
À toute femme qui hésite encore à faire le saut, je dirais ceci : il n’est pas nécessaire de se sentir complètement prête avant de commencer. Il n’y aura peut-être jamais de moment parfait, de plan parfait, ni d’instant où toute la peur disparaîtra. Mais si quelque chose en vous murmure qu’il y a plus pour vous, écoutez-le.
Faire le saut ne signifie pas être imprudente. Cela signifie se faire suffisamment confiance pour poser le prochain pas, même lorsque l’on ne voit pas encore tout le chemin. Cela signifie s’autoriser à être visible, à essayer, à commettre des erreurs, à apprendre, à grandir, et à devenir la femme que l’on était destinée à être.
Ne laissez pas les attentes des autres étouffer votre propre voix intérieure. Si vous n’essayez pas, vous ne saurez peut-être jamais ce qui aurait pu être possible. Et vous pourriez vous surprendre par tout ce que vous êtes capable de comprendre et de construire en chemin.
Vous avez le droit de vouloir plus. Vous avez le droit de construire quelque chose qui vous appartient. Vous avez le droit de prendre votre place.
Commencez là où vous êtes. Commencez avec ce que vous avez. Vous n’avez pas besoin de ne plus avoir peur. Vous avez simplement besoin de commencer.»
«L’express», en partenariat avec Bloom – The Heart of Business, vous propose deux fois par mois de mettre en valeur l’entrepreneuriat au féminin et de faire évoluer les clichés et les non-dits dans ce domaine.
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