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Mondial-2026
Restrictions, Balogun, Trump, ONU : le Mondial-2026 laisse une traînée de polémiques
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Restrictions, Balogun, Trump, ONU : le Mondial-2026 laisse une traînée de polémiques
Le président américain a reçu Gianni Infantino dans la Trump Tower. © Reuters
La Coupe du monde 2026 est terminée. Les polémiques, elles, risquent de durer bien plus longtemps que les festivités espagnoles. Dimanche soir, Donald Trump et Gianni Infantino ont dressé un bilan triomphaliste d'un tournoi présenté comme le plus grand événement sportif jamais organisé. Derrière les records d'affluence et les 13 milliards d'euros de recettes historiques de la FIFA, les controverses se sont pourtant accumulées à un rythme inédit.
Un tournoi sous influence
Les restrictions de voyage ont empêché plusieurs nationalités de rejoindre les États-Unis. L'arbitre somalien Omar Artan, pourtant sélectionné pour officier durant la compétition, n'a jamais obtenu l'autorisation d'entrer sur le territoire américain. L'Iran a dénoncé des conditions de participation particulièrement compliquées dans un contexte géopolitique tendu. À cela se sont ajoutés les prix astronomiques des billets, les interminables pauses fraîcheur assimilées à des coupures publicitaires et la présence omniprésente du président américain autour de la compétition. Même lors de la finale, l'apparition conjointe de Trump et d'Infantino a suscité des huées dans les tribunes. De nombreuses voix dénoncent un Mondial qui aurait davantage servi les intérêts commerciaux et politiques de ses organisateurs que ceux du football lui-même.
L'affaire Balogun, symbole d'une compétition dévoyée
L'affaire Folarin Balogun cristallise à elle seule toutes ces interrogations. Expulsé face à la Bosnie-Herzégovine, l'attaquant américain devait purger une suspension automatique pour le huitième de finale contre la Belgique. Après un appel téléphonique de Donald Trump à Gianni Infantino, une procédure exceptionnelle a été déclenchée par la commission disciplinaire de la FIFA. Quelques jours plus tard, le carton rouge était suspendu et Balogun redevenait disponible.
La décision a provoqué une onde de choc mondiale. La Belgique a dénoncé un traitement de faveur inédit, l'UEFA a évoqué le franchissement d'une ligne rouge et plusieurs dirigeants du football européen ont publiquement remis en cause l'indépendance des instances disciplinaires de la FIFA. Selon le journaliste Ben Jacobs, des membres de l'administration Trump auraient activement travaillé avec la fédération américaine pour construire un dossier destiné à obtenir l'annulation de la sanction, des responsables de la Maison-Blanche auraient coordonné leur stratégie avec certains interlocuteurs de la FIFA. Au sein même de la sélection américaine, plusieurs joueurs auraient regretté que cette affaire détourne l'attention avant le rendez-vous le plus important de leur parcours mondial.
Infantino à l'ONU : une récompense politique ?
Une nouvelle révélation venue au lendemain de la finale a relancé la controverse. Selon le New York Post, Donald Trump envisagerait sérieusement de soutenir la candidature de Gianni Infantino au poste de secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, lorsque le mandat d'Antonio Guterres arrivera à son terme. L'envoyé spécial de la Maison-Blanche, Paolo Zampolli, aurait salué l'idée, estimant qu'Infantino disposerait de «toutes les compétences nécessaires pour diriger une organisation internationale de premier plan». Beaucoup y voient une récompense politique adressée à un allié fidèle après un tournoi où les deux hommes ont affiché une proximité rarement observée entre un chef d'État et le président d'une fédération sportive mondiale.
Cette perspective renforce les interrogations qui entourent désormais Infantino. Depuis plusieurs années, le dirigeant suisse a progressivement transformé son rôle en une fonction dépassant largement le cadre du football. Ses déplacements constants auprès des chefs d'État, ses prises de position géopolitiques et sa proximité avec Trump ont nourri l'image d'un dirigeant davantage préoccupé par l'influence politique de son organisation que par la protection de son sport. Le boycott de la finale par Aleksander Ceferin, président de l'UEFA, illustre la fracture grandissante qui traverse les instances internationales.
Le football mondial est-il encore dirigé par une institution sportive ou par une organisation devenue un acteur politique à part entière ? À l'heure où Trump rêve de voir son allié prendre les commandes de l'ONU, le débat n'a sans doute jamais été aussi brûlant.
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