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Scandale à Ayodhya

Le temple emblématique de Modi éclaboussé par une affaire de dons détournés

20 juillet 2026, 21:30

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Le temple emblématique de Modi éclaboussé par une affaire de dons détournés

Narendra Modi inaugurant le Ram Mandir dans la ville d’Ayodhya, le 22 janvier 2024.

Un mois après les premières révélations, l'affaire des dons détournés au Ram Mandir d'Ayodhya continue d'embarrasser le pouvoir indien. Inauguré en janvier 2024 par le Premier ministre, Narendra Modi, ce temple dédié au dieu Ram incarne bien plus qu'un simple lieu de culte pour le BJP et son allié idéologique, le RSS, mouvement nationaliste hindou influent : il représente l'aboutissement de 40 ans de combat politique. C'est précisément ce symbole que vient ternir aujourd'hui le scandale.

L'enquête a déjà conduit à l'arrestation de huit personnes, tandis qu'une trentaine d'autres sont soupçonnées d'implication. Les autorités indiennes n'ont pas officiellement communiqué le montant exact des sommes disparues, mais la presse locale évoque jusqu'à 30 millions de roupies, soit environ 275 000 euros, quand d'autres estimations parlent de près de 300 000 euros en espèces et objets précieux. Les enquêteurs privilégient la piste de graves failles dans les contrôles internes du trust gérant le temple, plutôt qu'un simple vol isolé.

Les investigations ont notamment mené à l'interpellation d'un enseignant du primaire chargé du comptage des dons, chez qui d'importantes sommes en liquide, des devises étrangères et des bijoux ont été saisis. Un autre suspect, simple travailleur contractuel au salaire modeste, fait l'objet d'un examen approfondi pour un patrimoine jugé disproportionné, incluant une maison, une exploitation agricole et des véhicules haut de gamme.

La fondation Shri Ram Janmabhoomi Teerth Kshetra Trust, qui administre le temple, gère des sommes considérables : pour la seule année fiscale 2024-2025, Ayodhya aurait déclaré environ 30,6 millions d'euros de revenus, dont près de la moitié provenant des dons des fidèles. Or cette structure reste exemptée de la loi indienne sur le droit à l'information, ce qui alimente les critiques sur son manque de transparence.

Colère des fidèles et riposte symbolique

L'opposition dénonce un manque de contrôle du gouvernement sur la gestion du sanctuaire. Chez les pèlerins, la confiance s'est érodée et les dons ont nettement diminué depuis la révélation du scandale. Certains visiteurs expriment leur indignation face à ce qu'ils considèrent comme une profanation de leur générosité envers le sacré.

Pour tenter de réparer symboliquement cet affront, une soixantaine de prêtres mènent actuellement dix jours de rituels de purification sur le site d'Ayodhya, dans l'espoir de restaurer la confiance des fidèles envers ce lieu hautement symbolique de l'identité hindoue nationaliste portée par Narendra Modi.

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