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Junior
À découvrir : Herbier médicinal pour écolos en herbe
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Junior
À découvrir : Herbier médicinal pour écolos en herbe
Lâche ta tablette et tous tes écrans connectés. Reviens au monde qui t’entoure. Si tu as la chance d’avoir un jardin – à la maison ou à l’école –, des plantes d’appartement ou quelques pots sur le balcon, sais-tu reconnaître toutes ces plantes ? As-tu remarqué si elles fleurissent en été ou maintenant, en hiver ? Pour en savoir plus sur tout ce que la nature nous offre, pour nous soigner, nous nourrir ou juste nous inviter à prendre le temps de la regarder, l’artiste Laetitia Lor a imaginé «L’herbier des petits aventuriers : Maurice et les Mascareignes». Ce livre, que tu peux compléter au fur et à mesure, est publié chez Pamplemousses Éditions.
Le début de l’aventure
Laetitia Lor, dont les parents ont beaucoup de livres, en fait tomber un par hasard. «Et c’est le livre de médecine naturelle de mon arrière-grand-mère, dont je n’avais jamais entendu parler. J’ai eu l’impression que l’univers m’avait fait une offre. J’ai compris que j’avais ça dans le sang.»*
Le coup de pouce du tisaneur*
L’auteure a longuement étudié les plantes. Comme elle est Française, elle a commencé par les plantes d’Europe. Cela fait 22 ans qu’elle est à Maurice et elle s’est aussi intéressée aux plantes qui l’entourent. «J’ai eu beaucoup de mal à trouver des écrits sur les plantes locales. Je suis allée à La Réunion pour bouquiner. Je me suis formée dans des livres qui viennent principalement de l’île sœur.» Puis, elle assiste à un atelier du réseau océan Indien, La route des plantes, le chant des forêts.
Jay Mootoosamy et Laetitia Lor.
Elle y rencontre Jay Mootoosamy, tisaneur au marché de Port-Louis. Elle lui parle de son projet d’herbier* en lui disant : «Si ça ne te dérange pas, j’aimerais bien venir chez toi pour vérifier ce que j’ai écrit.» En riant, Laetitia Lor confie : «C’est là que j’ai découvert qu’il habite à 20 mètres de chez moi et que son père, avant lui, était tisaneur. Jay Mootoosamy a été très bienveillant et, ensemble, nous avons revu tout ce que j’avais écrit. Il a ajouté certaines vertus médicinales que je ne connaissais pas. C’est un passeur de connaissances et il n’y en a pas beaucoup dans ce domaine. En plus, c’est mon voisin.»
Dessins naturalistes
Laetitia Lor n’a pas seulement validé des connaissances en plantes médicinales : elle a aussi réalisé les dessins naturalistes qui illustrent l’herbier. «J’ai toujours dessiné des choses assez épurées. Avec l’herbier, je suis retournée à l’aquarelle. C’était un peu un prétexte pour prendre le temps de dessiner au crayon, puis de faire l’aquarelle par-dessus et revenir ensuite avec un peu de feutre. C’est une pratique très lente. Le point commun entre la peinture, l’aquarelle et la poterie, c’est de ralentir. On est concentré, dans sa bulle, on perd la notion du temps. Cela me procure de la joie et du bonheur de dessiner ou de peindre. Avec les aquarelles botaniques, je n’ai pas besoin d’aller travailler dans un bureau, derrière un ordinateur. Je regarde le soleil, je prends le temps de dessiner les plantes et d’observer la nature. C’est un peu le retour aux sources.»
Des recettes pour se faire du bien
L’herbier propose aussi quelques recettes pour soigner des petits bobos, comme le baume du Pérou en compresse. Dans le livre, Laetitia Lor précise : «Mais attention ! L’idée n’est pas que tu joues au savant fou. Si tu es malade, le médecin reste la bonne personne à consulter. Si tu suis déjà un traitement médical, n’oublie jamais de demander l’avis de ton docteur avant de boire trop souvent une tisane. Même si elles sont naturelles, il y a des dosages à connaître. C’est pourquoi l’avis d’un professionnel de santé, ou même d’une personne formée comme un herboriste, un aromathérapeute (celui qui pratique l’aromathérapie*) ou le tisaneur du marché, est essentiel.»
L’auteure précise que toutes les plantes de cet herbier ont des vertus médicinales, de l’anis étoilé à la vigne-à-ballon, en passant par une liane appelée pattepoule piquante, qui aide à dégager le nez quand on est enrhumé et qui soulage aussi les douleurs articulaires. «Ce qui m’intéresse, c’est que le vivant, en plus d’être présent autour de nous, soigne. Ce n’est pas juste un arbre : cela peut aider à soigner une toux chronique ou un eczéma. Ce sont des recettes de grand-mère, qui montrent tout ce que les grands-mères savaient. C’est la transmission d’un savoir local qui est en train de se perdre.»
Éducation différenciée
Laetitia Lor est aussi enseignante. Elle constate qu’il y a «plein de gamins qui ont des troubles de l’attention ou qui sont sur le spectre autistique. Des enfants pour qui l’école normale est difficile». L’herbier est, selon elle, un outil pour faire l’école de manière alternative. «On acquiert des connaissances, mais pas en étant assis derrière un bureau, dans une salle de classe pendant des heures. C’est basé sur des expériences personnelles, où l’éducation était très difficile à l’école. Je me souviens, quand je faisais l’herbier en cours préparatoire avec ma maîtresse, c’était des choses qui étaient un peu différentes.»
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