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«Domestic Abuse Bill»
Mahend Gungapersad : «Nous recevons dans nos écoles des enfants brisés»
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«Domestic Abuse Bill»
Mahend Gungapersad : «Nous recevons dans nos écoles des enfants brisés»
Le ministre de l'Éducation, Mahend Gungapersad, a défendu avec émotion le Domestic Abuse Bill à l'Assemblée nationale, en plaçant les enfants au cœur du débat. S'exprimant davantage en tant qu'ancien enseignant qu'en tant que ministre, il a décrit les conséquences souvent invisibles des violences domestiques sur les élèves et insisté sur la nécessité d'une réponse qui dépasse le simple cadre judiciaire.
En réponse aux critiques du leader de l'opposition, le ministre a estimé que ces milliers de personnes engagées sur le terrain méritent d'être reconnues. Citant Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, il a rappelé que «l'essentiel est invisible aux yeux» et que le véritable combat contre les violences domestiques est mené chaque jour par des hommes et des femmes souvent dans l'ombre.
Mahend Gungapersad a expliqué que les enseignants sont les premiers témoins des blessures invisibles causées par la violence familiale. «Nous recevons dans nos établissements des enfants brisés», a-t-il affirmé. Pour illustrer son propos, il a raconté l'histoire d'une collégienne dont les yeux restaient constamment rouges. Après plusieurs semaines d'échanges, les enseignants ont découvert que, lors d'une dispute familiale, sa mère, sous l'effet de la détresse provoquée par les violences de son conjoint, lui avait frotté du piment écrasé sur le visage. Selon lui, cette adolescente portera les séquelles de cette nuit de violence toute sa vie.
Le ministre a également évoqué ces enfants qui arrivent à l'école dans les mêmes vêtements que la veille, après avoir passé la nuit sous un abribus avec leur mère, expulsés de leur domicile par un père violent. Moqués par leurs camarades, ces élèves vivent des traumatismes qui compromettent leur apprentissage et leur développement.
Mahend Gungapersad a insisté sur le fait que les violences domestiques alimentent un cycle qui se reproduit de génération en génération. Les enfants, a-t-il expliqué, apprennent les comportements observés dans leur environnement familial et risquent ensuite de reproduire cette violence à l'âge adulte. Pour cette raison, il considère que le Domestic Abuse Bill représente «un pas dans la bonne direction» afin d'offrir un nouvel espoir aux victimes et de briser ce cercle vicieux.
Le ministre a également souligné que les violences ne sont pas uniquement physiques. Se référant à la philosophie de la non-violence (Ahimsa), il a salué l'élargissement de la définition des violences dans le projet de loi, qui englobe désormais les violences psychologiques, morales, sexuelles et économiques. Selon lui, certaines blessures invisibles, provoquées par des paroles ou des humiliations répétées, peuvent être tout aussi destructrices que les coups.
Il a aussi partagé le témoignage d'une femme rencontrée pendant la pandémie dans le village de Poudre-d'Or. Malgré les nombreuses blessures visibles sur son corps, celle-ci refusait de porter plainte contre son compagnon, répondant simplement : «Mo kontan li tro **bokou». Pour Mahend Gungapersad, cette confusion entre amour et violence explique pourquoi de nombreuses victimes restent enfermées dans des relations abusives.
Au-delà des élèves, le ministre a rappelé que des membres du personnel enseignant sont eux aussi victimes de violences. Selon lui, ces situations peuvent conduire à la détresse psychologique, voire à des pensées suicidaires.
En conclusion de son intervention, il a exprimé le souhait que cette future loi permette de réduire le nombre de victimes portant des yeux tuméfiés, des mâchoires fracturées, des côtes cassées ou des blessures mortelles.
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