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Budget 2026-2027
La CTSP dénonce un tournant vers l’austérité
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Budget 2026-2027
La CTSP dénonce un tournant vers l’austérité
La Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) n'a pas mâché ses mots. Lors d'une conférence de presse tenue le mardi 23 juin à Rose-Hill, la centrale syndicale a livré une analyse du Budget 2026-2027, saluant certaines avancées sociales tout en dénonçant une réforme qu'elle considère comme un tournant majeur vers un désengagement de l'État et une précarisation d'une partie de la population.
La CTSP a salué l'adoption de deux revendications qu'elle défend depuis 2019 : l'extension du congé de maternité et l'introduction d'un congé menstruel pour les femmes souffrant de douleurs invalidantes.
La CTSP s'est toutefois dite étonnée par les critiques suscitées par ces nouvelles dispositions, notamment de la part de certaines femmes qui craignent qu'elles ne deviennent un frein à leur recrutement. «Certaines pensent qu'elles risquent d'être mises de côté au profit des hommes. Nous ne partageons pas cette analyse», a-t-elle fait ressortir.
Au-delà de ces mesures, la CTSP estime que le Budget 2026-2027 marque une rupture profonde avec le modèle social mauricien. «C'est le pire Budget d'austérité que nous ayons connu depuis l'Indépendance», a affirmé la centrale.
Elle rappelle qu'en 2005, sous le même Premier ministre, les travailleurs avaient déjà subi un gel salarial ainsi que l'introduction de l'Employment Rights Act, une réforme qu'elle considère comme ayant amputé plusieurs droits des salariés. «Mais ce Budget va encore plus loin», soutient-elle.
Selon la CTSP, les réformes annoncées s'apparentent aux politiques de Structural Adjustment Program, longtemps recommandées par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale afin de réduire les dépenses publiques.
La centrale syndicale estime que le gouvernement poursuit une politique de désengagement de l'État amorcée depuis l'année dernière. «L'objectif est de réduire les dépenses publiques en limitant progressivement les aides sociales à une catégorie bien précise de la population», affirme-t-elle. Selon la CTSP, seuls les ménages inscrits au registre social, soit environ 17 000 familles gagnant moins de Rs 14 000 par mois, bénéficient désormais de plusieurs mesures de soutien.
Elle accuse le gouvernement de vouloir élargir progressivement ce système de ciblage. «Ils sont en train de faire basculer près de 50 % de la population dans le registre social. Or, être inscrit sur ce registre signifie être reconnu comme vivant dans u**ne situation d'extrême pauvreté», soutient la centrale.
Pour illustrer cette stratégie, elle cite la suppression de la gratuité universelle de la deuxième année du School Certificate et du Higher School Certificate. «Cette gratuité est désormais réservée aux bénéficiaires du registre social, alors que des enfants issus de ces familles n'atteignent même pas la Form V», déplore la CTSP, qualifiant cette décision de «stratégie malhonnête».
La centrale va encore plus loin en affirmant que «le gouvernement condamne progressivement une partie importante de la population à l'extrême pauvreté».
Elle dénonce également ce qu'elle appelle «un système de ciblage qui humilie les pauvres».
La réforme des pensions demeure le principal sujet d'inquiétude de la CTSP.
Selon elle, les changements annoncés ne se limitent pas au relèvement progressif de l'âge d'accès à la pension universelle.
La centrale affirme que cette réforme prépare l'introduction d'un National Provident and Pension Fund (NPPF) ainsi que la création d'une nouvelle Pension Authority.
D'après la CTSP, une fois cette nouvelle autorité mise en place, les contributions seraient transférées vers le NPPF, rendant toute remise en question du système beaucoup plus difficile.
«Le nouveau système de pension fera que 50 % des personnes qui partiront à la retraite à par**tir de 2029 deviendront pauvres», affirme-t-elle.
La CTSP conteste les propos d'Ashok Subron
La centrale syndicale s'en est également prise au ministre de la Sécurité sociale, Ashok Subron.
Elle lui reproche d'avoir déclaré, lundi, qu'il avait rencontré plusieurs représentants syndicaux et obtenu leur aval concernant la réintroduction du National Pensions Fund (NPF) et du NSF.
«Il a choisi les syndicalistes qu'il voulait rencontrer. Mais, où a-t-il obtenu cet aval pour réintroduire le NPF et le NSF ?», s'est interrogée la centrale, affirmant n'avoir jamais donné son accord à une telle réforme.
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