Publicité

Professeur de karate shotokan et directrice d’ecole maternelle

Prashikha Fowdar, les médailles d’or du bonheur

23 juin 2026, 15:15

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Prashikha Fowdar, les médailles d’or du bonheur

Aucun objectif ne rebute la directrice d’école maternelle, qui vient de décrocher deux médailles d’or lors d’un tournoi en Afrique du Sud.

Certaines médailles valent bien plus que toutes les autres. Surtout lorsqu’elles sont synonymes d’une leçon de vie. D’aboutissement après des doutes et des épreuves. Un combat intérieur contre ses propres peurs. Sur les tatamis comme en dehors. C’est l’histoire de Prashikha Devi Singh Fowdar.

Prof de karaté shotokan depuis deux ans, elle a ouvert une école pour son art martial à Riche-Mare, près de Flacq, et vient de décrocher deux médailles d’or pour sa première grande participation à un tournoi à l’étranger : la «Kanazawa Cup» En Afrique du Sud. En avril dernier. Un vrai rayon de soleil dans sa vie, qui la conforte dans ses choix.

Et dire que, à la base, elle était surtout allée au pays de Nelson Mandela pour suivre une formation. «Je ne m’attendais pas à faire aussi bien», confie Prashikha Fowdar. «Je fais du karaté depuis 2014, à 14 ans. J’avais terminé 3e d’un tournoi à Maurice, deux ans plus tard, en kumite (combat)».

Mais le meilleur était à venir, bien après, en 2026. «12 ans plus tard, obtenir des médailles d’or en Afrique du Sud en catégorie senior filles, en kata et kumite, avec des participantes venant de plusieurs pays d’Afrique, ça me fait un bien fou !» Une belle consécration après tout ce qu’elle a traversé…

A seulement 26 ans, Prashikha Fowdar est en effet une battante, qui ne baisse jamais les bras. Ses parents étant divorcés, cette dernière a grandi avec sa maman, Sarojnee Seetul, et a toujours dû se débrouiller seule dans la vie. Forgeant son caractère au fil des épreuves.

Transmettre aux jeunes

Et en collectionnant les réussites dans la vie. Après avoir obtenu une «first class» en Business Management & Finance, elle commence à travailler dans une firme privée mais décide de changer de vocation. Elle devient directrice d’une école maternelle à Lallmatie : Star Kids. Mais l’appel du sport est plus fort et elle fonde alors son école de karaté.

Prashika démarre avec 15 élèves. Pour arriver à 50 aujourd’hui, deux ans plus tard. Des filles et des garçons qui ont entre 4 et 22 ans. «Je me suis mise au karaté par moimême, bien que personne n’en faisait dans ma famille. J’ai regardé une vidéo une fois et ça m’a plu. Mais il faut dire que j’étais très sportive depuis toute petite. A la maison, j’ai peut-être 60 médailles et 16 trophées, que j’ai obtenus dans différentes compétitions - où il fallait courir ou autre -, que ce soit à l’école ou au collège», explique-t-elle.

Prashikha Fowdar A 26 ans, Prashikha Fowdar a plusieurs cordes à son arc et veut avant tout transmettre son vécu aux plus jeunes.

Très motivée à former les jeunes et transmettre tout ce qu’elle a appris, Prashikha Fowdar veut faire naître des vocations et aider ceux qui ont des problèmes à s’en sortir. A travers le sport et le karaté. Ses qualités? «Persévérance, discipline, self-motivation.»

Cette dernière est une fonceuse dans l’âme. Aucun objectif ne semble l’effrayer. «Il y a deux ans, je voulais acheter un terrain, pour ne plus être locataire, et j’y suis arrivée», rigole-t-elle. «Là, actuellement je loue le dojo où j’enseigne à mes élèves. Mais ça m’agaçe de rester comme ça… j’ai envie d’avoir le mien bientôt!»

Blessée à la cheville, elle rafle l’or

Ceci dit, elle n’a jamais rien eu tout cuit dans le bec. «Rien que pour enregistrer mon école de karaté, ça m’a pris presque un an ! Vu que je n’avais personne dans mon entourage pour m’aider et me conseiller, j’ai dû tout apprendre et faire moi-même, step by step», soupire-t-elle. Mais très vite, elle capte les rouages et concrétise son projet.

Et dire qu’elle a obtenu ses deux fameuses médailles d’or en Afrique du Sud en participant avec une blessure à la cheville ! «J’ai suivi un training en karaté en Afrique du Sud pour parfaire mes connaissances. Cet entraînement était si dur et intense, pendant un mois, que lorsque j’ai participé à la Kanazawa Cup, à la fin de mon séjour, j’étais devenue assez forte pour battre mes adversaires. Pourtant je m’étais blessée à une cheville : justement, à cause de l’intensité de la formation ! Mais j’ai juste mis un bandage et repoussé mes limites, en faisant appel à un physio et en prenant des médicaments…»

Prashikha Fowdar précise même que la douleur a complètement disparu après avoir remporté ses deux médailles d’or... «J’ai aussi officié comme arbitre dans ce tournoi, comme cette formation était aussi au programme de mon training, que j’ai réussi», ajoute notre warrior, qui dit avoir toujours voulu faire quelque chose dans sa vie qui mériterait un jour de figurer dans un journal. Et encore un objectif de plus réalisé.

Publicité