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Allô la terre
Faune endémique : Sauver les espèces de l’extinction
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Faune endémique : Sauver les espèces de l’extinction
Plus de 20 ans que le Dr Nicolas Zuel œuvre pour la restauration et la conservation de la faune et de la flore locales. Pour protéger cette biodiversité mauricienne exceptionnelle, il parle d’un travail de fond sur les écosystèmes et d’une prise de conscience collective.
En termes d’endémicité, notre biodiversité est essentielle. L’Ile Maurice abrite des espèces d’oiseaux, de reptiles et d’insectes qui, grâce à un travail de longue haleine, ont pu être sauvées de l’extinction. «Nous sommes un exemple de réussite mondiale en termes de conservation,» souligne le Dr Nicolas Zuel, Conservation Manager à Ebony Forest. En effet, de quelques individus seulement, certaines espèces sont aujourd’hui passées à quelques centaines. Néanmoins, comme le précise le Conservation Manager, cette faune est loin d’être sortie d’affaire, elle reste toujours vulnérable, et il ne faut surtout pas baisser la garde.
La menace plane toujours
Même si de gros efforts sont faits pour que la population de la faune endémique augmente, certaines espèces déclinent. Avec tous les développements et les constructions, les forêts sont fragmentées, ce qui tend à restreindre l’habitat des animaux. Et puis, il y a plus d’espèces exotiques envahissantes à l’instar des rats et des mangoustes. L’impact est considérable sur la faune locale. Par exemple, les rats mangent les œufs et les oisillons, ils attaquent les reptiles… certaines maladies sont introduites par les espèces exotiques.
Par ailleurs, le changement climatique influe sur la saison des fruits qui se fait irrégulière. Lorsqu’il y a plusieurs jours de pluie, les crécerelles qui se nourrissent habituellement de geckos, ne peuvent pas chasser, car ces derniers ne sortent pas. «Dans la forêt, nous voyons les effets du changement climatique,» explique le Dr Nicolas Zuel.
Les actions menées
Pour protéger les espèces menacées, plusieurs actions sont mises en place :
⚫ La restauration des habitats naturels : les forêts indigènes sont restaurées, les plantes invasives sont éliminées, la replantation est effectuée si l’environnement est trop dégradé.
⚫ L’élevage en captivité et la réintroduction : les œufs ou les oisillons sont emmenés dans un centre. Les animaux peuvent alors se reproduire et grandir, avant d’être relâchés sur des sites précis (Ebony Forest, Vallée de l’Est, Parc National…).
⚫ Le contrôle des espèces envahissantes : des pièges sont placés pour réduire le nombre de rats et de mangoustes. Pour protéger les animaux endémiques, certains sont aussi placés sur des îlots où il n’y a plus d’espaces envahissantes à l’instar de l’Ile aux Aigrettes.
⚫ La création de nouvelles populations : parce que les espèces ne peuvent pas se disperser naturellement à cause de la fragmentation des forêts, il faut les prendre pour les relâcher sur d’autres sites.
⚫ La recherche scientifique : cela reste un pilier pour comprendre la meilleure approche pour mieux protéger les espèces.
⚫ La sensibilisation : c’est un travail essentiel à faire auprès de la population pour qu’elle fasse plus attention aux espèces endémiques.
Que pouvons-nous faire ?
La protection de la faune ne concerne pas que l’état ou les ONG. «Chaque citoyen a un rôle essentiel à jouer. A la fin, c’est la conservation et la préservation de notre patrimoine naturel, c’est ce qu’on va léguer à nos enfants,» rappelle le Dr Nicolas Zuel. Ainsi, chacun a un devoir de respect envers les habitats naturels et les espèces qui y vivent.
On peut aussi participer à des actions concrètes en aidant à replanter des arbres ou en faisant des dons. Pour pouvoir continuer leurs actions de conservation, les ONG ont besoin de fonds.
Par ailleurs, comme la biodiversité commence chez soi, il est important de privilégier les espèces indigènes dans le jardin, mais aussi d’agir en propriétaire responsable lorsqu’on a des chats ou des chiens. Ces derniers peuvent avoir un impact sur la faune, notamment lorsqu’ils sont en forêt, alors prudence. Comme le dit le Dr Nicolas Zuel, «chaque petite action peut aider notre avenir et contribuer à garder notre patrimoine exceptionnel et cette biodiversité mauricienne qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.»
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Population en chiffres
La crécerelle est passée de 4 à 300 individus, le pigeon rose de 10 à 600, la grosse Cateau verte, de 20 à 800. On compte aujourd’hui une population déclinante de l’oiseau à lunettes avec moins de 360 individus. Le merle cuisinier s’élève à 400 individus. On compte environ 300 scinques à queue orange tandis que les lézards verts (upland et lowland geckos) sont à moins de 500 individus.
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