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Stress hydrique

Le spectre des restrictions refait surface

7 juin 2026, 18:00

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Le spectre des restrictions refait surface

La WRC indique que des discussions sont en cours pour des mesures visant à prolonger la durée des réserves et limiter les inconvénients pour les usagers.

Le niveau global de remplissage des réservoirs affiche une baisse marquée par rapport à l’an dernier. Au 5 juin, les sept principaux réservoirs du pays étaient remplis à 65,4 %, contre 84,4 % à la même date en 2025, selon les données de la Water Resources Commission (WRC).

La situation varie d’un réservoir à l’autre, mais plusieurs affichent des niveaux nettement inférieurs à ceux enregistrés l’année dernière. Le plus important réservoir du pays, Mareaux-Vacoas, se situe à 46,7 %, contre 70,8 % un an plus tôt. La Nicolière est passée de 100 % à 65,8 %, tandis que Piton-du-Milieu affiche 81,9 %, contre 99,3 % en 2025. La Ferme recule également à 49,4 %, contre 79,5 % un an auparavant. Midlands passe de 99,5 % à 79,4 %, et Bagatelle de 82,7 % à 75,5 %. Seul MareLongue enregistre une amélioration – 83,8 % contre 71,5 % l’année dernière.

Les faibles niveaux des réservoirs s’expliquent par le déficit pluviométrique enregistré. Selon les dernières données de la station météo de Vacoas, des conditions atmosphériques sèches ont prévalu sur l’île durant la première quinzaine de mai. Avec seulement 38 mm de pluie enregistrés, cette période a été classée comme la quatrième première quinzaine de mai la plus sèche des 20 dernières années. Les précipitations n’ont représenté que 46 % de la moyenne à long terme. La situation a été particulièrement marquée dans l’Ouest, où seulement 1 mm de pluie a été relevé, soit à peine 4 % de la normale.

La situation actuelle s’inscrit dans une tendance déjà observée depuis plusieurs mois. Lors d’une visite sur le terrain le 20 avril dernier au réservoir de Mare-aux-Vacoas, le ministre de l’Énergie et des services publics, Patrick Assirvaden, accompagné de techniciens de la WRC et de la Central Water Authority (CWA), avait tiré la sonnette d’alarme. À cette date, les autorités faisaient déjà état d’un déficit important par rapport à l’année précédente, marqué par des précipitations largement inférieures à la normale et un niveau du réservoir en nette diminution. Le ministre avait qualifié la situation de préoccupante, nécessitant des mesures pour freiner la baisse des réserves d’eau. Il avait également indiqué que l’absence de pluie affectait les nappes phréatiques et les rivières, dont plusieurs sont déjà à sec, compliquant les opérations de pompage.

Le directeur de la WRC, Lormus Jugoo, souligne pour sa part que «la pluviométrie est extrêmement déficitaire depuis plus de six mois». Il rappelle que les mois de janvier, février et mars, qui correspondent à la période la plus pluvieuse de l’année, n’ont pas apporté les précipitations attendues. «Nous avons un déficit d’environ 20 % sur notre stock total. Le problème se fait surtout sentir à Mare-aux-Vacoas. C’est extrêmement inquiétant», affirme-t-il, ajoutant que «le déficit de pluie affecte également les nappes phréatiques, dont les niveaux sont inférieurs à la moyenne pour la saison». Au vu de la situation, il lance un appel au public pour une utilisation responsable de l’eau.

La baisse des niveaux des réservoirs exerce une pression sur l’approvisionnement en eau potable et sur les activités agricoles. L’hydrologue Farook Mowlabaccus tire aussi la sonnette d’alarme. La situation étant inquiétante, il appelle à des mesures urgentes de gestion des ressources en eau. Il soutient que la situation aurait dû être plus favorable à cette période de l’année, comme le montrent les données de 2025. Il rappelle que, même si la période hivernale est généralement plus sèche, le cumul des précipitations depuis le début de l’année reste inférieur à la normale et l’évolution incertaine.

Devant ce constat, Lormus Jugoo indique que «des discussions et concertations avec les différentes parties prenantes sont en cours». «Avant de mettre en place des restrictions», explique-t-il, «il faut planifier et évaluer les différentes options». Ce, afin de permettre «un approvisionnement contrôlé et convenable», de préserver les réserves le plus longtemps possible et de limiter les inconvénients pour la population.

En attendant, d’autres mesures sont mises en place telles que des appels d’offres pour la réalisation de forages dans des régions jugées prioritaires. La CWA poursuit également l’installation de containerised pressure filters – des unités mobiles de traitement et de filtration de l’eau installées dans des conteneurs – sur plusieurs cours d’eau afin de renforcer l’approvisionnement dans les zones où les besoins se font sentir. D’autres équipements de ce type sont également en cours d’acquisition.

Cette situation s’inscrit dans un cadre climatique plus large, marqué par le développement d’un épisode El Niño dans le Pacifique. Selon le Global Seasonal Climate Update de la World Meteorological Organization (WMO) pour juin à août 2026, les modèles climatiques indiquent une tendance à des précipitations inférieures à la normale et un risque accru de conditions plus sèches sur plusieurs zones tropicales, dont l’océan Indien tropical, où se situe Maurice.

Par ailleurs, le Conseil des ministres avait, le 29 mai, avalisé des mesures du ministère des Collectivités locales pour encadrer les activités de lavage de véhicules. Le Conseil des ministres du 22 mai avait aussi noté que les travaux du Pipe Replacement Programme, financé par une ligne de crédit de Rs 2,9 milliards du gouvernement indien, débuteront en octobre 2026. Ce programme prévoit le remplacement de conduites principales à Chemin Vingt-Pieds, Grand Baie, afin d’améliorer l’approvisionnement en eau dans la région nord.

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