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Psychologue clinicienne et responsable thérapeutique à Étoile d’Espérance
Christiane Fok Tong : «La rechute fait partie du processus de guérison de l’addiction»
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Psychologue clinicienne et responsable thérapeutique à Étoile d’Espérance
Christiane Fok Tong : «La rechute fait partie du processus de guérison de l’addiction»
Christiane Fok Tong, psychologue clinicienne et responsable thérapeutique à Étoile d’Espérance.
Pour Christiane Fok Tong, psychologue clinicienne et responsable thérapeutique à Étoile d’Espérance, la mise en place d’un nouvel atelier de développement personnel à travers l’art pourrait permettre d’offrir à des patientes ayant vécu avec une addiction à l’alcool un espace unique d’expression, de reconstruction et de reconnexion à elles-mêmes. L’appel aux donateurs et sponsors est lancé sur Smallstepmatters.org pour financer ce projet pilote.
En quoi consiste le programme de réhabilitation en résidentiel d’Étoile d’Espérance pour les femmes vivant avec une addiction à l’alcool ?
Le programme de réhabilitation de l’association Étoile d’Espérance repose sur une immersion thérapeutique en résidentiel d’une durée de quatre à cinq mois. Le résidentiel permet à la femme malade de l’alcool de faire une coupure avec le produit ainsi qu’un travail introspectif sur les raisons de sa consommation d’alcool. Le programme repose sur plusieurs axes, notamment les groupes de parole, les ateliers en groupe (thérapie occupationnelle, photolangage, etc.), les activités centrées sur le corps (esthétique, massage, yoga, zumba…), les interventions psychoéducatives et le suivi des résidentes, y compris avec des consultations psychologiques individuelles.
Quels sont les objectifs ?
Chaque atelier a une visée thérapeutique précise. Les groupes de parole permettent aux femmes de s’exprimer librement, les paroles des unes faisant souvent écho à la vie des autres. Soit selon une thématique choisie, soit dans le cadre d’un groupe de parole libre, les résidentes sont invitées à parler de leur vécu avec l’alcool et de leurs diverses expériences de vie, ce qui permet à l’équipe encadrante de mieux comprendre leur contexte ainsi que les événements et circonstances les ayant conduites vers l’alcoolisme. Parallèlement, les ateliers thérapeutiques constituent d’autres avenues où les éducatrices peuvent explorer avec les résidentes d’autres sources de souffrances (la question d’être mère, la violence domestique, la culpabilité…) ou de blocages.
Par exemple, dans un atelier de thérapie occupationnelle, une résidente peut ne pas parvenir à terminer son travail manuel faute de concentration ou de mémorisation des étapes. Les activités centrées sur le corps permettent de travailler là où le trauma s’est logé, c’est-à-dire que le trauma a aussi des traces visibles ou invisibles dans le corps. Ces activités peuvent être des voies d’accès pour travailler sur la mémoire traumatique de la résidente ainsi qu’une opportunité pour elle de se réapproprier son histoire et de cheminer vers la résilience. En parallèle des activités thérapeutiques de groupe, il y a également le suivi psychoéducatif de la résidente où divers éléments de son histoire sont travaillés, ainsi que le suivi psychologique individuel où sont repris avec la résidente les épisodes traumatiques et leur lien à l’addiction, les patterns hérités de l’histoire familiale et les effets des abus qu’elle a connus.
Quels sont les challenges du programme résidentiel ?
Il y a beaucoup de challenges dans le travail thérapeutique avec les résidentes. Souvent, le temps est un facteur clé et, en l’espace de trois à quatre mois, il n’est pas toujours évident de guérir de ses blessures profondes et de trouver d’autres moyens de faire face à la vie sans recourir à l’addiction. En résidentiel, nous proposons beaucoup d’activités aux femmes car, pour sortir de l’alcoolisme, il faut qu’elles trouvent en elles d’autres ressources et d’autres repères.
S’appuyer sur l’art et la créativité sera une nouveauté. Comment a germé cette nouvelle approche ?
Dans le programme de l’association Étoile d’Espérance, notre atelier est très apprécié par nos résidentes, qui se découvrent souvent des talents cachés. Or, nous avons eu l’idée d’aller plus loin et de voir si un atelier dédié au développement personnel à travers l’art pourrait amener un plus à nos bénéficiaires. Parmi les bienfaits escomptés : la réduction du stress, la stimulation du processus créatif et des capacités de concentration, le développement d’une meilleure estime de soi… Cela peut constituer une voie également pour travailler sur les événements traumatiques autrement que par la parole. L’art pourrait s’ajouter à la palette des activités à visée in fine thérapeutique qu’offre Étoile d’Espérance à ses résidentes.
S’agira-t-il de la première collaboration entre Karine Dorasamy et Étoile d’Espérance ?
Si le projet de levée de fonds à travers www. smallstepmatters.org aboutit, ce sera notre première collaboration avec Karine Dorasamy. Notre rencontre avec elle en fin d’année dernière s’est très bien passée. Elle est venue animer un premier atelier, comme une initiation avec les résidentes encadrées de notre coordinatrice et de moi-même. Cet atelier pilote a été très intéressant et il nous a permis d’avoir un aperçu de la profondeur du travail qui peut être effectué en art-thérapie. Ce sera bien évidemment une avenue thérapeutique complémentaire prometteuse pour nos résidentes.
Les ateliers seront ouverts aux patientes en résidentiel. Également aux patientes du parcours «aftercare» ?
Les ateliers seront offerts à nos bénéficiaires qui sont dans le programme résidentiel. Et il sera possible d’inclure également nos bénéficiaires qui viennent en aftercare, dans le cadre du suivi en groupe hebdomadaire pour celles qui ont fini le programme résidentiel.
Après la période en résidentiel, le suivi se fait habituellement sur une longue période ?
Le suivi en aftercare est très important, je dirais même presque aussi important que le programme initial lui-même. Quand ce dernier se termine, la résidente retourne chez elle ; c’est là que le travail le plus difficile commence car rentrer chez soi signifie refaire face à son environnement, à sa famille, être confrontée à l’alcool présent dans son entourage, faire face à ses triggers. Il est donc primordial de continuer à venir à l’Étoile, où nous offrons un suivi régulier à ces femmes afin qu’elles déploient les outils qu’elles ont appris en thérapie, qu’elles continuent à persévérer dans leur combat contre l’alcool et qu’elles mènent à bon port leurs projets familiaux, personnels et professionnels sans sombrer dans l’alcool.
Le suivi en aftercare se fait sur plusieurs mois après le résidentiel ; c’est en quelque sorte la continuité des soins. Cela dure, au total, presque une année. Toutefois, il arrive qu’elles reviennent nous voir même quelques années plus tard si elles traversent des périodes difficiles ou qu’elles sentent le besoin d’être soutenues ou se sentent fragilisées face à l’alcool, à un moment donné de leur parcours de vie.
Les cas de rechute sont fréquents ?
La rechute fait partie du processus de guérison. Il est important de comprendre que la rechute peut être une occasion d’apprendre davantage encore sur ses fragilités et d’y travailler plus en profondeur afin de renforcer ses stratégies de prévention. Même s’il arrive que la personne rechute, à l’Étoile nous l’accueillons et nous lui proposons de revenir sur les déclencheurs de sa rechute afin qu’elle puisse mieux se connaître et anticiper les moments qui peuvent être fragilisants.
Soutenir concrètement ce projet pilote
Aujourd’hui, de nombreuses femmes souffrant de dépendance à l’alcool se retrouvent isolées et déconnectées de leur propre valeur. Derrière la maladie se cachent souvent des blessures profondes, une perte d’estime de soi, des ruptures familiales, sociales et professionnelles. Cet atelier représente bien plus qu’une activité artistique : c’est un véritable chemin vers la résilience, la reconstruction sociale et l’employabilité. Il participera à la thérapie holistique permettant à chaque résidente de retrouver sa place dans la société, en tant que citoyenne responsable, au terme d’un accompagnement en résidentiel.
Comment contribuer à la mise en place de cet atelier en tant que donateur individuel ou entreprise ?
• Par Juice : Small Step Matters est accessible facilement via Pay a Merchant. Merci de spécifier un mot-clé comme référence avec le virement : Étoile
• Numéro de compte MCB – Small Step Matters : 000444289887. Référence : Étoile
• Numéro de compte IBAN pour les donations depuis l’étranger : MU59MCBL0944000444289887000
• Pour les contributions CSR, contact : [email protected]
Chaque roupie compte pour soutenir cette campagne de levée de fonds, en temps limité. Montant total à rassembler, y compris sous forme de contributions CSR : Rs 87 600.
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