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Double drame à Saint-Pierre
Monoxyde de carbone : Vigilance face à un danger silencieux
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Double drame à Saint-Pierre
Monoxyde de carbone : Vigilance face à un danger silencieux
Trois cas d’intoxication au monoxyde de carbone ont déjà été signalés depuis le début de l’hiver, et deux personnes ont trouvé la mort jeudi soir à Petit-Verger. Le Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des services de santé, tire la sonnette d’alarme face à ce gaz invisible.
En effet, le pays s’est réveillé sous le choc vendredi matin après la découverte des corps sans vie de deux collègues dans le garage d’une maison en construction à Petit-Verger, Saint-Pierre. Les conclusions de l’autopsie, réalisée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, ont confirmé que Norvic Salesse, 31 ans, et Manisha Budhoo, 24 ans, sont décédés des suites d’une intoxication au monoxyde de carbone.
Les deux victimes, employées au sein d’une entreprise basée à Ébène, ont été retrouvées dans le véhicule du jeune homme, stationné dans le garage. Selon les premiers éléments de l’enquête, le moteur était encore en marche et les lieux étaient clos au moment des faits. Les autorités privilégient la thèse d’une intoxication accidentelle liée à l’accumulation de ce gaz inodore et incolore.
C’est vers une heure du matin que les proches de Norvic Salesse, inquiets de ne plus avoir de nouvelles de lui, se sont rendus sur place. Le garage étant verrouillé, ils ont dû forcer l’accès pour entrer. Le trentenaire a été transporté d’urgence à la clinique Wellkin, où son décès a été constaté. Manisha Budhoo a, quant à elle, été retrouvée inanimée sur le siège passager du véhicule. Malgré l’intervention du SAMU, elle n’a pu être sauvée.
Lors des investigations menées par les officiers du Scene of Crime Office, plusieurs objets ont été saisis à l’intérieur du véhicule, notamment des feuilles soupçonnées d’être du cannabis, des mégots de cigarettes roulées à la main ainsi que divers accessoires. Ces éléments ont été envoyés au Forensic Science Laboratory pour analyse. Les résultats sont attendus.
Dans ce contexte, le Dr Fazil Khodabocus insiste sur la nécessité de la vigilance, notamment en période hivernale, lorsque les espaces sont moins ventilés. «Les cas d’intoxication au monoxyde de carbone sont principalement rapportés en hiver, car les gens ont tendance à rester à l’intérieur, portes et fenêtres fermées. Le monoxyde de carbone est un gaz incolore et inodore. Il devient toxique lorsqu’il est inhalé en grande quantité : il prend la place de l’oxygène dans les poumons et empêche le sang de transporter l’oxygène vers les tissus. Les premiers signes sont des maux de tête, des vertiges et un état de confusion. Mais le plus grave, c’est qu’il peut entraîner la mort.»
Le médecin appelle également à la prudence concernant les chauffe-eau à gaz, souvent impliqués dans ce type d’accident domestique. «Avant l’arrivée du froid, il faut s’assurer que ces installations sont conformes aux normes et qu’elles ont été installées par des professionnels», souligne-t-il. Une réglementation du ministère du Commerce est par ailleurs en préparation afin de n’autoriser à la vente que des appareils équipés de détecteurs de monoxyde de carbone conformes aux normes en vigueur, une mesure qui pourrait contribuer à prévenir de nouveaux drames.
En cas de symptômes tels que maux de tête, vertiges ou malaise dans un espace clos, il est recommandé d’aérer immédiatement les lieux, de sortir à l’air libre et d’appeler les secours, conclut le Dr Khodabocus.
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