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Casinos de l’état
Colère syndicale contre la gestion et les accusations politiques
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Casinos de l’état
Colère syndicale contre la gestion et les accusations politiques
La contestation prend de l’ampleur dans les casinos publics. Après les prises de position du Casino Employees Union (CEU), c’est désormais le Grand Baie Casino and Entertainment Centre Employees Union, affilié à la Confédération des travailleurs des secteurs privé et public, qui monte au créneau. Dans une lettre adressée au Premier ministre, le syndicat remet en question plusieurs déclarations faites récemment au Parlement concernant la situation financière des casinos publics ainsi que les paiements effectués aux employés avant les élections générales de 2024.
Au cœur de la colère syndicale : les affirmations évoquant un supposé «productivity bonus scheme» assimilé à un «bribe électoral». Les représentants des employés réfutent catégoriquement cette version des faits. Dans leur correspondance datée du 19 mai 2026, ils soutiennent que les sommes versées relevaient en réalité d’un bonus de présence contractuel ainsi que d’ajustements salariaux et d’arriérés liés à l’accord collectif signé en septembre 2024.
Le président du CEU, Jayen Moorghen, a lui aussi tenu à clarifier la situation. Selon lui, le précédent accord collectif était arrivé à expiration depuis deux ans et les paiements effectués avant les élections correspondaient à des ajustements légaux prévus dans le cadre des négociations collectives conformément à l’Employment Relations Act. «Il est faux de parler d’un bonus de productivité», insiste-t-il.
Mais au-delà de cette polémique, les syndicats dénoncent surtout une tentative de faire porter aux employés la responsabilité des difficultés financières des casinos publics. Les représentants syndicaux réclament ainsi davantage de transparence concernant la dette évoquée par le gouvernement, estimée à Rs 1,9 milliard. Le négociateur syndical Sharvin Sunassee demande notamment que le rapport d’audit mentionné par le Premier ministre soit rendu public.
Les syndicats pointent également plusieurs problèmes opérationnels qui, selon eux, expliquent en grande partie la perte de vitesse des casinos publics face aux établissements privés. Parmi les principaux griefs figure l’état des équipements. Les machines à sous seraient devenues obsolètes, poussant une partie de la clientèle à se tourner vers les casinos privés, jugés plus modernes et attractifs.
Dans sa lettre, le syndicat du Casino de Grand-Baie évoque aussi des frustrations internes persistantes. Les employés attendraient toujours le versement de leur Uniform Allowance depuis 2023, tandis que certains paiements prévus dans l’accord collectif n’auraient pas encore été effectués. Une situation qui alimente davantage le mécontentement au sein du personnel.
Autre sujet sensible : les promotions accordées récemment au sein de la compagnie. Les syndicalistes dénoncent ce qu’ils considèrent comme des incohérences dans la gestion des casinos publics. Alors que les établissements sont présentés comme fortement déficitaires et que l’éventualité d’une privatisation est évoquée, certaines nominations continueraient d’être validées avec, à la clé, des augmentations salariales pour certains cadres. Dans sa lettre, le syndicat du Casino de Grand-Baie s’interroge ouvertement sur ces décisions et évoque des promotions accordées à des personnes proches du pouvoir.
Les représentants syndicaux attirent également l’attention sur le poids de la fiscalité imposée au secteur. Ashvin Gudday, négociateur du CEU, rappelle que les casinos publics ont contribué à hauteur de Rs 1,3 milliard en taxes au cours des cinq dernières années. Il souligne aussi les coûts importants liés aux licences, aux tables de jeu et aux machines à sous. À cela s’ajoutent, selon les syndicats, les taxes imposées aux joueurs sur leurs gains, qui contribueraient à éloigner davantage la clientèle.
Pour les syndicats, la crise actuelle ne peut être réduite à une question de rendement des employés. Ils dénoncent des problèmes de gouvernance, des ingérences politiques et un manque de communication qui auraient progressivement fragilisé les casinos publics. Ils regrettent également de ne pas avoir été consultés dans le cadre de la démarche confiée àPricewaterhouseCoopers (PwC), chargée de proposer des solutions face aux pertes structurelles du secteur.
Si les représentants des travailleurs rejettent l’idée d’une privatisation précipitée, ils affirment néanmoins être favorables à une restructuration sérieuse des casinos publics. Les syndicats rappellent enfin que les casinos publics ont déjà été rentables par le passé.
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