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Emploi

Recrutement de travailleurs indiens : les syndicats redoutent des dérives

23 mai 2026, 09:00

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Recrutement de travailleurs indiens : les syndicats redoutent des dérives

■ Le nouveau mécanisme de recrutement via l’EDB soulève des interrogations sur l’encadrement et le logement des travailleurs étrangers à Maurice.

L’ouverture du recrutement de travailleurs indiens via une plateforme centralisée pilotée par l’Economic Development Board (EDB), en collaboration avec la National Skill Development Corporation (NSDC) de l’Inde, suscite des interrogations au sein du mouvement syndical mauricien. Si cette démarche vise à répondre aux besoins croissants de plusieurs secteurs économiques, des syndicalistes appellent néanmoins à un meilleur encadrement afin de protéger les droits des travailleurs étrangers.

Selon le dépliant de présentation du dispositif, les employeurs pourront soumettre leurs demandes de main-d’œuvre qualifiée directement sur le portail de l’EDB. Après vérification des dossiers, les demandes seront transmises à la NSDC, qui identifiera des candidats potentiels à travers différents États de l’Inde. Les secteurs concernés vont de la construction à l’hôtellerie, en passant par l’agriculture, la manufacture, les services ou encore les technologies de l’information.

Pour le syndicaliste Fayzal Ally Beegun, cette nouvelle approche représente toutefois «une décision à double tranchant». Il s’interroge notamment sur les conditions d’accueil et de suivi des travailleurs qui arriveront à Maurice. «Est-ce que ce sera un travailleur sans contrat, sans adresse ? Est-ce que cela ne va pas laisser quartier libre à l’exploitation ?» questionne-t-il.

Le syndicaliste estime qu’il est essentiel que les autorités s’assurent que les travailleurs disposent déjà d’un logement adéquat avant leur arrivée dans le pays. «Il faut bien qu’il y ait une adresse ou un dortoir. Il faut trouver une maison pour les loger avant qu’ils ne débarquent à Maurice, comme c’est le cas lorsqu’on passe par le ministère du Travail», soutient-il. Même son de cloche du côté de la Confédération des travailleurs des secteurs privé et public. Pour Shayn Sinnassamy, plusieurs zones d’ombre subsistent concernant le rôle des autorités dans le contrôle des contrats et des conditions d’emploi. «La question est de savoir qui sera le garde-fou afin de vérifier que les droits de ces travailleurs ne soient pas bafoués», avance-t-il.

Fayzal Ally Beegun plaide également pour un système de recrutement plus ouvert et transparent. Selon lui, les offres d’emploi pourraient être publiées directement sur les plateformes gouvernementales afin de permettre à différentes nationalités de postuler, qu’il s’agisse de travailleurs indiens, malgaches, bangladais, népalais ou sri-lankais.

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