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Première greffe de rein à Maurice : l’espoir renaît pour les patients

22 mai 2026, 07:00

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Première greffe de rein à Maurice : l’espoir renaît pour les patients

L’hôpital Jawaharlal Nehru, à Rose-Belle, a réalisé avec succès la première transplantation rénale du pays, ouvrant une nouvelle page dans l’histoire de la médecine locale. Suis-nous, on te raconte comment cela s’est fait.

Le jeudi 14 mai restera une date importante pour le système de santé publique. Pour la première fois, une greffe de rein a été réalisée à l’hôpital Jawaharlal Nehru, et ce, grâce à la nouvelle unité spécialisée en transplantation rénale. Cette avancée médicale marque un tournant majeur pour les patients souffrant de maladies graves des reins, qui devaient jusqu’ici se rendre à l’étranger pour ce type d’intervention complexe. Cette première transplantation réussie représente bien plus qu’une prouesse médicale. Elle apporte surtout un nouvel espoir à de nombreuses familles mauriciennes, confrontées à la maladie et aux difficultés financières liées aux traitements à l’étranger.

? Opération historique

L’intervention a été menée par une équipe internationale de spécialistes, en collaboration avec des médecins mauriciens. Le Dr Sonal Asthana, chirurgien spécialisé en transplantation multi-organes à Bengaluru en Inde, dirigeait l’équipe. Il était accompagné des Drs Sanju Sobnach et Bernd Strobele, spécialistes basés en Afrique du Sud. Ces médecins ont utilisé la laparoscopie, technique de chirurgie mini-invasive, pour prélever le rein du donneur. Cette méthode moderne nécessite de très petites incisions et permet aux patients de récupérer plus rapidement après l’opération. Le rein a ensuite été transplanté avec succès chez la receveuse.

? Geste d’amour entre frère et sœur

Derrière cette réussite médicale se cache aussi une histoire familiale émouvante. Adrien, 22 ans, a décidé de donner un de ses reins à sa sœur Eva, 16 ans. Depuis son enfance, Eva souffre d’un syndrome néphrotique, une maladie qui touche les reins. Malgré plusieurs traitements, son état de santé s’était aggravé au fil des années. Elle dépendait de la dialyse, un traitement lourd qui remplace partiellement le travail des reins lorsque ceux-ci ne fonctionnent plus correctement. Leur mère, Angèle Agathe, raconte avoir vécu des années difficiles entre les consultations médicales, les hospitalisations et les inquiétudes quotidiennes. Malgré le traitement lourd de la dialyse, la jeune fille a continué sa scolarité avec courage.

? À quoi servent ces organes ?

Les reins sont deux organes situés dans le bas du dos. Ils jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement du corps humain. Leur mission principale est de filtrer le sang pour éliminer les déchets et l’excès d’eau sous forme d’urine. Chaque jour, les reins filtrent environ 180 litres de sang. Ils permettent aussi de maintenir l’équilibre de certaines substances importantes dans l’organisme comme le sel, le potassium ou les minéraux.

Les reins participent également :

• à la régulation de la tension artérielle ;

• à la fabrication des globules rouges ;

• et à la solidité des os grâce à la vitamine D.

Quand les reins cessent de fonctionner correctement, les déchets s’accumulent dans le corps. Cela peut provoquer une grande fatigue, des gonflements, des difficultés respiratoires ou encore de graves complications.

? Le syndrome néphrotique

Eva souffre d’un syndrome néphrotique, une maladie rénale qui touche les glomérules, de minuscules filtres présents dans les reins. Quand ils sont abîmés, ces filtres laissent passer des protéines dans les urines.

Cette perte de protéines entraîne plusieurs problèmes :

• des œdèmes, c’est-à-dire des gonflements du corps ;

• une fatigue importante ;

• et un affaiblissement général de l’organisme.

Chez certains patients, les traitements fonctionnent. Mais dans les cas les plus graves, comme celui d’Eva, une transplantation devient parfois la seule solution durable.

? Une avancée pour le pays

Jusqu’à présent, les patients mauriciens ayant besoin d’une greffe de rein devaient souvent voyager vers l’Inde ou d’autres pays spécialisés. Ces déplacements représentaient des coûts très élevés et éloignaient les familles de leurs proches pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Avec cette nouvelle unité à RoseBelle, Maurice franchit une étape importante dans le développement de ses capacités médicales. Les autorités souhaitent désormais élargir ces services à d’autres transplantations complexes, notamment les greffes du foie.

Le ministre de la Santé, Anil Bachoo, a salué cette réussite qu’il considère comme un «progrès exceptionnel» pour le pays. De son côté, le hautcommissaire de l’Inde à Maurice, Anurag Srivastava, a rappelé l’importance de la coopération médicale entre les deux pays. Pour de nombreux patients et leurs familles, cette première greffe réalisée à Maurice symbolise désormais une nouvelle chance de vivre, d’étudier et de rêver à l’avenir avec davantage d’espoir.

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