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Conférence internationale

Histoire de l’engagisme et avancées de la recherche

11 mai 2026, 14:00

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Histoire de l’engagisme et avancées de la recherche

«The Indentured Labour Route at the Crossroads – Imagining New Futures for the Global Diaspora. Systems, Structures and Histories of indenture.» C’est le thème de la conférence internationale qui se tiendra du mercredi 13 au vendredi 15 mai à l’université de Maurice. Satyendra Peerthum, historien-chercheur à l’Aapravasi Ghat Trust Fund, donne la vue d’ensemble de cette convergence d’universitaires de Maurice, d’Italie, de Suisse, des Pays-Bas, d’Afrique du Sud, de Californie, entre autres, autour de l’histoire de l’engagisme.

Le fait historique : Maurice est le pays qui a accueilli le plus de travailleurs engagés au XIXᵉ siècle. Par conséquent, c’est aussi le pays avec le plus grand nombre de descendants d’engagés. Ce qui en fait une terre fertile pour dessiner la Route de l’engagisme. Cinq ans après le lancement du projet de base de données internationale sur l’engagisme, Maurice est à nouveau le carrefour pour une mise en commun des recherches sur ce pan d’histoire que d’anciennes colonies ont eu en commun.

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Du mercredi 13 mai au vendredi 15 mai, à l’université de Maurice, s’ouvrira la conférence internationale intitulée The Indentured Labour Route at the Crossroads – Imagining New Futures for the Global Diaspora. Systems, Structures and Histories of indenture. L’objectif est de réunir tous les pays ayant connu la migration de travailleurs sous contrat au XIXᵉ siècle, «et de créer un réseau de personnes et d’institutions appelées à partager et à diffuser des connaissances sur l’engagisme, ainsi que sur l’histoire et la culture de leurs descendants, tout en contribuant au processus de construction de la nation dans leurs pays respectifs», indique l’historien-chercheur.

C’est aussi un temps qui donne la parole aux travailleurs engagés et à leurs descendants, «sans intermédiaires». Une opportunité pour les engagés et leurs descendants de «présenter leur propre version de leur vécu, plutôt qu’à travers le prisme culturel, parfois teinté, du regard des autres».

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Chronologie

? Mai 2001

Le concept de la Route de l’engagisme est présenté pour la première fois à Maurice lors d’un séminaire au MGI, intitulé Coolie Route.

Création de l’Aapravasi Ghat Trust Fund (AGTF).

? Janvier 2004

L’AGTF est autorisé par le ministère des Arts et de la culture à initier le projet.

? Mai 2005

Un comité composé de chercheurs mauriciens est constitué.

? 2006

L’Aapravasi Ghat est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Lors de la 30e session du Comité du patrimoine mondial, il est recommandé que les archives de l’immigration sous contrat soient inscrites au registre Mémoire du monde de l’Unesco.

? 5–8 décembre 2011

L’université de Maurice accueille la conférence internationale New Perspectives on Indentured Labour (1825–1925). La première proposition détaillée du projet de Route de l’engagisme est élaborée.

? 2012

Soumission du dossier de candidature pour l’inscription des archives de l’engagisme au registre Mémoire du monde de l’Unesco.

? Octobre 2014

Maurice présente le projet de Route de l’engagisme à l’Unesco.

? 2015

Les archives de l’engagisme sont officiellement inscrites au registre international Mémoire du monde de l’Unesco.

? 30–31 octobre 2017

Maurice organise la première réunion du Comité scientifique international. Neuf pays y participent : Maurice, Inde, France, la Réunion, Australie, Malaisie, Suriname, Afrique du Sud et Trinité-et-Tobago

? 2021

Lancement officiel de la Base de données internationale sur l’engagisme.

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Base de données internationale : À quoi ça sert ?

Sont déjà accessibles, les documents sur le nombre d’engagés, les arrivées des bateaux d’Afrique du Sud, du Suriname, des Fidji, indique Satyendra Peerthum. «Cette plateforme permettra de diffuser des informations sur l’engagisme en favorisant une meilleure compréhension ainsi qu’une coopération accrue entre les peuples.» La base de données devrait, à terme, donner accès à des copies numériques de documents d’archives relatifs à l’engagisme; permettre la création d’un catalogue des sites patrimoniaux liés à l’engagisme.

Il s’agit d’une «démarche essentielle, car l’histoire de l’engagisme reste encore peu étudiée et insuffisamment reconnue dans l’histoire coloniale». Parmi les autres objectifs: la création et diffusion d’un inventaire international des sites, structures et lieux de mémoire liés à l’engagisme et aux travailleurs engagés dans plus de 30 colonies, pays et territoires ayant accueilli cette migration. Cet inventaire inclura, entre autres: les anciens et actuels dépôts d’immigration; les prisons coloniales ou centres de détention pour vagabonds; les stations de quarantaine; les bâtiments judiciaires, les domaines sucriers entre autres. Cet inventaire pourrait constituer l’un des piliers du projet international de la Route de l’engagisme. Le projet implique aussi d’identifier une date commémorative internatio- nale dédiée à l’engagisme.

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Engagés chinois : Des vies à crédit

S’intéresser aux migrants de Chine continentale et d’autres régions côtières qui se sont disséminés dans le monde selon le système de credit ticket. C’est le sujet qu’abordera Satyendra Peerthum lors de la conférence. Sa communication a pour titre : Reaching Mauritian Shores: A Historic and Pictorial Overview of the Indentured, Free, and & Credit Ticket Chinese Immigrants to Mauritius & their Stories of Migration with Global Comparative Perspectives (1826-1946). «Entre les années 1820 et les années 1940, on estime que plus de 750 000 travailleurs chinois, relevant du système de travail sous contrat et du système du billet de crédit, sont allés dans plus de 40 pays, anciennes colonies et territoires, dont Maurice.»

L’historien-chercheur reviendra sur l’épisode du 20 août 1841. «Avec l’arrivée de dizaines de travailleurs chinois sous contrat en l’espace de quelques semaines, John Finiss, chef de la police, écrivit avec une grande inquiétude au gouverneur Sir John Lionel Smith : que de sérieuses difficultés sont rencontrées tant à Port-Louis que dans les districts, en raison de l’absence d’interprètes compétents de la langue chinoise.»

Finiss informe le gouverneur qu’il n’avait d’autre choix que d’employer Assene, un ancien travailleur chinois sous contrat devenu charpentier puis petit commerçant, comme interprète pour un salaire de 6 livres sterling par mois, un salaire élevé pour une personne non-européenne à cette époque. Une somme qui devait le compenser pour le manque à gagner dans ses activités commerciales, parce qu’il était sollicité presque quotidiennement de la mi-1841 à la mi-1843.

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